Hédy Sellami présente

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Extraits à venir sur Eclairages



Parmi les films dont nous mettrons des séquences en ligne prochainement :

L'éternel retour, de Cocteau et Delannoy

Les mondes futurs, sur un scénario de HG Wells

Coeurs en lutte, de Fritz Lang

Le village du péché, d'Iwan Prawow et Olga Preobrashenskaja

Othello, d'Orson Welles

Le chevalier à la rose, de Robert Wiene

The dragon painter, avec Sessue Hayakawa






De Toni à Jane Eyre

De Toni à Jane Eyre


Eclairages vous propose une sélection de séances, avec aussi Nerven; Le golem; des films belges surréalistes; La jeune fille au carton à chapeau; Le cabinet du docteur Caligari; Aelita; des films de Jean Comandon; et Pêcheur d'Islande en ciné-concerts; un festival Marcel Pagnol; une rétrospective consacrée à la Nordisk; ou encore une programmation Irving Thalberg.

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Eclairages, bibliothèque en ligne



Eclairages possède certainement l'une des collections les plus intéressantes pour ce qui concerne le cinéma (1). Certains de nos documents ont près d'un siècle (2). Le plus souvent en bon état, ils peuvent parfois, cependant, être relativement usés. Il est d'autant plus urgent de les préserver, tout du moins d'en garder une trace. Aussi avons-nous décidé de les numériser intégralement. Ils seront publiés progressivement (3).

(1) ce thème n'étant qu'une partie infime de notre caverne d'Ali Baba, laquelle comprend aussi toutes sortes de revues et livres anciens ne portant pas sur le septième art, de même que des tableaux, dessins et gravures.
(2) Au jour où nous écrivons, le plus vieux date de 1912. Nous possédons également des films sur leurs supports d'origine et étudions la possibilité de les mettre en ligne.
(3) Nous n'accepterons pas que l'on nous vole notre travail : toute personne a le droit de citer les articles publiés sur Eclairages, avec le nom de son créateur. Par contre, les gens qui copieront nos études ou reproduiront nos documents seront traînés en correctionnelle.


Brad Pitt

Né en 1963

FILMOGRAPHIE NON A JOUR ET EN COURS DE REECRITURE.
Brad Pitt, acteur américain né en 1963. Vous trouverez ci-dessous une liste de films de cinéma dans lesquels il est apparu. Nous ne mentionnons ni les séries télé ni les films qu'il a produits.
Cette filmographie a été enrichie le 26 juin 2007 avec le générique de Thelma et Louise, tel qu'il apparaît au début du film.




Brad Pitt
1987



No man's land de Peter Werner

Brad Pitt ne serait pas crédité au générique et apparaîtrait dans la peau d'une sorte de serveur




Less than zero (Neige sur Beverly Hills) de Marek Kanievska





1989




Happy together de Mel Damski

Brad Pitt est Brian





Cutting class de Rospo Pallenberg

Brad Pitt est Dwight Ingalls




1991



Across the tracks de Sandy Tung

Brad Pitt est Joe Maloney





Thelma et Louise de Ridley Scott

Metro Goldwyn Mayer Trade Mark
Pathe Entertainment presents (Pathé présente)
A Percy Main Production (Une production Percy Main)
A Ridley Scott (?)
Thelma & Louise
Costume design (Costumes) : Elizabeth Mc Bride
Music : Hans Zimmer
Co-producers (co-producteurs) : Dean O'Brien and Callie Khouri
Film éditor (Monteur) : Thom Noble
Production designer : Norris Spencer
Director of photography (Directeur de la photographie) : Adrian Biddle
Written by (Ecrit par) Callie Khouri
Produced by Ridley Scott and Mimi Polk (Produit par Ridley Scott et Mimi Polk)
Directed by (Réalisé par) Ridley Scott

Avec :
Susan Sarandon : Louise Sawyer
Geena Davis : Thelma Dickinson
Harvey Keitel : Hal Slocumb
Michael Madsen : Jimmy
Christopher Mc Donald : Darryl
Stephen Tobolowsky
Brad Pitt
Timothy Carhart
Lucinda Jenney
Jason Beghe
Marco St-John

Thelma et Louise sont deux copines. L'une d'elles est victime d'une tentative de viol. L'homme est tué. Nos deux camarades partent alors pour une longue cavale, poursuivies qu'elles sont par la police. Brad Pitt fait une toute petite apparition : il est pris en stop par Thelma et Louise.







Johnny Suede de Tom DiCillo

Brad Pitt est le personnage éponyme




1992



Cool world de Ralph Bakshi

Brad Pitt est le policier Frank Harris




A river runs through it (Et au milieu coule une rivière) de Robert Redford

Brad Pitt est Paul Mac Lean




Contact de Jonathan Darby

Brad Pitt est Cox




1993



True romance de Tony Scott

Brad Pitt est Floyd




Kalifornia de Dominic Sena

Avec :
David Duchovny : Brian Kessler
Juliette Lewis : Adele Corners

Brad Pitt est Early Grayce. Lui et sa petite amie font la connaissance d'un jeune couple. Ils sympathisent, mais Early ne tarde pas à manifester ses penchants de très méchant garçon.





1994



The favor de Donald Petrie

Brad Pitt est Elliott Fowler




Interview with the vampire (Entretien avec un vampire) de Neil Jordan

Brad Pitt est Louis de Pointe du Lac




Legends of the fall (Légendes d'automne) d'Edward Zwick

Brad Pitt est Tristan Ludlow





1995



Seven de David Fincher

Avec :
Gwyneth Paltrow : Tracy Mills, l'épouse de David
Morgan Freeman : le policier William Saumerset

Brad Pitt est David Mills, un policier. Il est amené à enquêter sur une série de meurtres étranges. Le coupable tuera la propre épouse de David.





Twelve monkeys (L’armée des douze singes) de Terry Gilliam

Avec :
Bruce Willis : James Cole
Michael Chance : Scarface

Brad Pitt est Jeffrey Goines, dans une histoire de science-fiction assez embrouillée.





1996



Sleepers de Barry Levinson

Brad Pitt est Michael Sullivan




1997


The devil's own (Ennemis rapprochés) d'Alan J. Pakula

Brad Pitt est Rory Devaney/Francis Austin Mac Guire




Seven years inTibet (Sept ans au Tibet) de Jean-Jacques Annaud

Avec :
David Thewlis : Peter Aufschnaiter
Mako : Kungo Tsarong

L'action commence en 1939. Brad Pitt est Heinrich Harrer. Alpiniste, il escalade des monts dans l'Himalaya. Il rencontre le dalaï-lama.





The dark side of the sun, de Bozidar Nikolic

Brad Pitt est Rick




1998


Meet Joe Black (Rencontre avec Joe Black) de Martin Brest

Brad Pitt est Joe Black

Avec :
Anthony Hopkins : William Parrish
Claire Forlani : Susan Parrish
Marcia Gay Harden : Allison Parrish
Jake Weber : Drew




1999


Being John Malkovitch (Dans la peau de John Malkovitch) de Spike Jonze



Fight club de David Fincher

Brad Pitt est Tyler Durden





2000



Snatch de Guy Ritchie

Brad Pitt est Mickey O'Neil




2001



The Mexican (Le Mexicain) de Gore Verbinski

Brad Pitt est Jerry Weldbach




Spy game de Tony Scott

Brad Pitt est Tom Bishop



Ocean's eleven de Steven Soderbergh

Brad Pitt est Rusty Ryan.

Des gangsters cambriolent un casino.




2002


Full frontal de Steven Soderbergh



Confessions of a Dangerous Mind (Confessions d'un homme dangereux) de George Clooney

Un animateur de télévision mène une double vie, car il est aussi tueur à gages.

Avec :
Sam Rockwell : Chuck Barris/Sunny Sixkiller
George Clooney : Jim Byrd, agent de la CIA
Julia Roberts : Patricia Watson
Drew Barrymore : Penny
Rutger Hauer : Keeler




2003



Troy (Troie) de Wolfgang Petersen

Brad Pitt est Achille

Avec :
Eric Bana : Hector
Orlando Bloom : Pâris
Frankie Fitzgerald : Enée
Rose Byrne : Briséis
Diane Kruger : Hélène
Brian Cox : Agamemnon
Sean Bean : Ulysse
Garrett Hedlund : Patrocle
Peter O'Toole : Priam
Julie Christie : Thétis




2004



Ocean's twelve de Steven Soderbergh

Brad Pitt est toujours Rusty Ryan dans cette suite d'Ocean's eleven. Le propriétaire du casino qui y fut cambriolé, retrouve les coupables et exige que son argent lui soit rendu.

Avec :
George Clooney : Danny Ocean
Julia Roberts : Tess Ocean
Matt Damon : Linus Caldwell
Catherine Zeta-Jones : Isabel Lahiri
Andy Garcia : Terry Benedict
Don Cheadle : Basher Tarr
Bernie Mac : Frank Catton
Vincent Cassel : François Toulour
Eddie Jemison : Livingston Dell






Mr and Mrs Smith de Doug Liman

Brad Pitt est John Smith. Il mène une double vie : en apparence, un citoyen ordinaire, mais, en réalité, une sorte d'espion/mercenaire. Sa femme l'ignore. Tout comme il ignore qu'elle mène exactement la même double vie.

Avec :
Anjelina Jolie : Jane Smith, l'épouse de John





2006



Babel d'Alejandro Gonzalez Inarritu

Brad Pitt est Richard




Ocean's thirteen, de Steven Soderbergh

Suite de Ocean's eleven et Ocean's twelve





2007


L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, d'Andrew Dominik

Western dans lequel Brad Pitt incarne Jesse James


Hédy Sellami, eclairages.com.fr

acteurs et actrices | compositeurs et compositrices de musiques | producteurs, productrices, compagnies, studios | réalisateurs et réalisatrices | techniciens et techniciennes | théoriciens (ennes), historiens (ennes) du cinéma | Scénaristes et dialoguistes

Plus de 1 400 liens cinéma !

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Eclairages est, à notre connaissance, le seul support à répertorier un aussi grand nombre de sites consacrés au septième art, qui plus est classés par thèmes, continents, pays, ordre alphabétique.














Hitchcock à Toulouse



En principe, vers juin 2012, la cinémathèque de la Ville Rose devrait rendre hommage au cinéaste qui nous a laissé notamment Psycho (notre extrait), Vertigo, L'ombre d'un doute, Les oiseaux, Le crime était presque parfait, La maison du docteur Edwardes, Une femme disparaît, Les 39 Marches, Fenêtre sur cour, Jeune et innocent, Les enchaînés et tant d'autres beaux films encore.


2 nouvelles filmographies

2 nouvelles filmographies



Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu



Un journaliste qui, dans un "grand" support de presse, prétend analyser l'oeuvre d'Ozu, alors qu'un élément prouve, de façon incontestable, qu'il n'a pas vu le film dont il parle ? Eh oui ! Malheureusement, c'est possible ! Démonstration, avec preuve à l'appui.


Afin que personne ne crie à la citation tronquée et pour que le lecteur puisse juger sur pièce, nous reproduisons intégralement, en annexe, un article daté du 21/7/2005 et inséré dans la rubrique Culture et spectacles du Figaro, sous le titre Ozu, la compassion contre le moralisme.

L'auteur, un certain Bertrand Dicale, écrit avec emphase : "Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis".





Un journaliste au-dessus de tout soupçon


A lire ce paragraphe, les âmes candides ne peuvent douter que notre éminent spécialiste ait vu les oeuvres d'Ozu, singulièrement celles qu'il cite. Le contraire serait totalement incompatible avec son article.

Et puis, tout de même, ce monsieur est titulaire de la carte de presse !
Il a également publié au moins un livre; pas sur le cinéma, certes, mais sur madame Juliette Gréco. Car il serait l'un des meilleurs connaisseurs de la chanson française, si l'on se fie à sa réputation officielle. C'est donc, en principe, un esprit brillant, qui peut s'appliquer à différents domaines. Pensez ! Spécialiste et d'Ozu et de Juliette Gréco et de la chanson variété.
Avec cela, critique exigeant, selon ce que clame le site internet de la SACEM (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique).
Enfin, pour ne rien gâcher, il serait rédacteur en chef adjoint des pages spectacles du Figaro, l'un des plus grands journaux dont puisse s'enorgueillir l'inattaquable grande presse française, dont l'unique souci est de suer sang et eau pour remplir son sacro-saint devoir d'information, en toute indépendance et en toute honnêteté.
Comment un tel homme, investi d'une telle mission, pourrait-il n'être qu'un charlatan, un bonimenteur de foire entortillant le badaud à coups de grandes phrases pompeuses, un tartufe qui, la main sur le coeur, prend allègrement pour des imbéciles les innocents qui ont l'honneur de lui prêter l'oreille ?





L'impossible imposture


Bien sûr qu'il connaît les films d'Ozu, et tous ! La preuve : il accumule les adverbes de temps tels que toujours, parfois. N'écrit-il pas : Le cinéaste semble toujours dubitatif ? Et ne mentionne-t-il pas alors trois oeuvres qui corroborent ce toujours ? C'est donc qu'il les a vues, ces trois oeuvres ! Et que les trois confirment le toujours. La formulation même : Que l'héroïne ... que le jeune professeur ... que le héros adultère ..., Ozu conserve une distance etc, cette formulation implique nécessairement que pas un de ces films n'infirme la règle; règle que notre subtil exégète ne peut avoir dégagée qu'après avoir visionné les films eux-mêmes, et particulièrement ces trois-là, puisqu'il les a retenus comme emblématiques.
Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance etc : encore une fois, comment pourrait-il conclure cela, comment oserait-il user de ce toujours, à partir des trois opus qu'il a choisi de citer, s'il ne les connaissait pas ? De telles phrases impliquent nécessairement que monsieur Dicale soit familiarisé avec les oeuvres qu'il évoque. S'il ne l'était pas, non seulement ces phrases n'auraient aucune valeur; mais elles relèveraient de l'imposture pure et simple.




La preuve du délit


Malheureusement pour monsieur Bertrand Dicale, l'héroïne d'Une femme de Tokyo ne se prostitue pas pour payer les études de son fiancé; elle finance les études de son frère. Et aucune des personnes qui ont vu cette bande, ne peut s'y méprendre : car, que les deux personnages soient frère et soeur, est répété maintes fois au cours du film; et toute l'histoire met clairement en scène cette parenté; laquelle, à aucun moment, ne peut être confondue avec une relation fiancée/fiancé. Donc, qui a vu le film, sait obligatoirement que le garçon est le frère; cela ne peut pas échapper au spectateur, qui ne peut pas non plus l'oublier.

Par contre, l'énorme erreur de monsieur Dicale s'élucide si l'on songe qu'elle figure dans les documents promotionnels qui accompagnent la sortie de l'oeuvre. Ainsi, par exemple, à l'entrée du Champo - salle qui programme Ozu - une feuille mise à disposition du public, annonce ceci : "Une jeune femme se prostitue pour payer les études de son fiancé". C'est presque exactement la phrase que l'on peut lire dans l'article de monsieur Dicale, où jeune femme est juste remplacé par héroïne ... Ce que c'est qu'un critique exigeant ...

Pas de veine, tout de même, ce monsieur Dicale. Il a trouvé le moyen d'étayer sa démonstration précisément avec le film qu'il ne fallait pas * ! On serait tenté d'accuser la maladresse, s'il ne fallait plutôt invoquer la malchance : car, pour être maladroit, il eût fallu que monsieur Dicale sût que les prospectus se trompaient dans leur résumé d' Une femme de Tokyo; et, pour le savoir, il eût fallu voir le film.

Au surplus, il n'est même pas certain que l'héroïne se prostitue, comme l'affirment les documents promotionnels et, à leur suite, monsieur Dicale. Certes, la demoiselle travaille dans un bar; certes, à un moment, elle monte dans une voiture avec un client du bar; mais, cela signifie-t-il vraiment qu'elle vende son corps ? On pourrait d'autant plus en douter que, selon les intertitres français, elle reproche à son frère de prendre trop au tragique le métier qu'elle exerce. Pourrait-elle considérer qu'un frère prenne trop au tragique la prostitution de sa soeur ? C'est peu vraisemblable. Le reproche qu'elle adresse à son frère, s'expliquerait mieux si elle n'était que vaguement hôtesse sans aller jusqu'à la prostitution.
Mais, ce sont là questions de détail que seul peut se poser un maniaque comme nous, qui poussons l'obsession jusqu'à aller voir les films avant d'en parler, et jusqu'à tenter de les comprendre. Un grand critique de la grande presse ne descend pas à de telles futilités : quand on a la science infuse, on connaît à fond son cinéaste, avec une certitude infaillible et comme innée qui dispense d'en fréquenter les oeuvres ...


* PS ajouté le 2/9/2008 : inutile de le préciser : rien ne prouve que monsieur Dicale connaisse davantage les autres films d'Ozu dont il parle.

Notre édito a été mis en ligne en 2005 à l'occasion d'un cycle Ozu au cinéma Le Champo, à Paris. Nous ignorons si le grand critique nommé Dicale est toujours au Figaro.



L'article de monsieur Dicale dans Le Figaro



Ozu, la compassion contre le moralisme
Bertrand Dicale
[21 juillet 2005]

Le Japon ? Il n'y a pas que ça dans les films d'Ozu. Avec ses intérieurs de bambou et de papier huilé, ses repas aux rites discrets mais inflexibles, ses gestes si facilement énigmatiques, on pourrait les regarder comme des documents bruts, comme une plongée objective dans une réalité sociale et culturelle. D'ailleurs, les personnages ne semblent parfois animés que par un surmoi impérieux, par des conventions et des sacrifices qui font s'effacer tout ce que nous appelons, dans notre Europe, le coeur et même l'âme.

Mais il y a autre chose que le Japon, sa morale et ses normes, même dans Il était un père, film des années 40 inédit en France et présenté pour la première fois cet été, autre chose encore dans chacun des 14 longs-métrages classiques de la rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui. Cet autre chose, c'est l'intimité, la familiarité de Yasujiro Ozu avec le drame. Sa génération de Japonais a connu des cataclysmes historiques (sa carrière sera interrompue par plusieurs années à l'armée, jusqu'en 1941, alors que son pays plonge dans une guerre suicidaire), mais ils apparaissent à peine dans ses films.

Ce qui l'intéresse, ce sont les plus intimes, les plus douces, les mieux intentionnées des injustices – celles de la famille, celles de la vertu. Il n'est qu'à observer le regard tendre mais un peu sec de son acteur fétiche, Chishu Ryu, lorsque, dans Il était un père, il refuse avec la plus vive énergie que son fils quitte son poste de professeur dans une petite ville de province pour venir vivre avec lui à Tokyo. Veuf, il est séparé de son fils unique depuis les années de collège de celui-ci, mais peu importe : chacun doit accomplir son devoir, à sa place et dans sa position, malgré l'amour, malgré le manque, malgré l'élan toujours sensible de la liberté. Il est écrit que ce père et ce fils doivent vivre loin de l'autre, avec seulement des souvenirs et des attentions lointaines, et il n'est pas question qu'ils échappent, l'un comme l'autre, à ce devoir-là.

Ce regard de Chishu Ryu dans cette scène d'Il était un père, droit mais sans colère, on le retrouve dans les remontrances finalement indulgentes du vieux père à ses très jeunes enfants dans Bonjour (1959), dans les réflexions du conservateur un peu perdu devant la jeunesse dans Eté précoce (1951)... Une colère éternellement d'un autre temps, mélange d'étonnement et de rigueur, de bienveillance et de moralisme. Les exégètes voient en Chishu Ryu plus qu'un porte-parole d'Ozu dans ses films : il est une manière de porte-âme, un double sans masque. Et c'est lui qui, à l'écran, apparaît à la fois comme un gardien de l'ordre et un coeur doux, comme un pater familias roide dans ses certitudes et un homme toujours un peu perdu devant la vie. Alcoolique infiniment digne dans Le Goût du saké (1962), homme mûr perdu dans les liens emmêlés de sa vie dans Crépuscule à Tokyo (1957), Chishu Ryu ressemble à Yasujiro Ozu, le fils jamais marié qui sera anéanti par la mort de sa mère.

La rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui traverse l'oeuvre d'Ozu à travers le prisme des conflits intérieurs, des cas de conscience, des hésitations morales. Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis. Beaucoup plus loin que le Japon, il montre l'humain.






Jean Grémillon à Lausanne



Du 6 octobre 2011 à mai 2012, la cinémathèque rend hommage au réalisateur français, qui nous a laissé
notamment Remorques (notre extrait); toujours avec Gabin, Gueule d'amour, tragique histoire d'un spahi amoureux d'une femme entretenue; L'étrange monsieur Victor, ou comment Raimu incarne un personnage double, honnête commerçant pour tous, trafiquant redoutable à ses propres complices; La petite Lise, encore des personnages soumis à un inexorable destin; Gardiens de phare, de la période muette; ou encore Maldone, autre film muet, qui, à bien des égards, fait écho à Remorques.

Pour l'ensemble des projections, cliquez ICI