Hédy Sellami présente
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Extraits à venir sur Eclairages

Extraits à venir sur Eclairages
Parmi les films dont nous mettrons des séquences en ligne prochainement :

Miss Mend, de Barnet et Ozep

Les mondes futurs, sur un scénario de HG Wells

Coeurs en lutte, de Fritz Lang

Le village du péché, d'Iwan Prawow et Olga Preobrashenskaja

Othello, d'Orson Welles

Le chevalier à la rose, de Robert Wiene

The dragon painter, avec Sessue Hayakawa






De Bedside au Corbeau

De Bedside au Corbeau


Eclairages vous propose une sélection de séances, avec aussi Danse et cinéma; Rêves de chaque nuit; La divine; et The lodger en ciné-concerts; des classiques français; Arsenal; John Huston; Welles; Jean Rouch; Robert Florey; Knock; Danielle Darrieux; un cycle Scénaristes et dialoguistes; ou encore Clouzot.

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Pour la diffusion de films muets à la télévision publique


Quoi qu'en disent certains, la connaissance et la publication des films muets restent faibles, fragmentaires.

C'est particulièrement le cas des films français.

Voici qui est tout de même stupéfiant : on ne peut trouver en DVD qu'une infime minorité des oeuvres les plus marquantes signées par les cinéastes les plus célèbres : Gance, Dulac, L'Herbier, Antoine, Epstein (1) ...

Il faut parfois chercher chez des éditeurs étrangers pour dénicher une oeuvre !

Et ne parlons pas des réalisateurs davantage négligés encore : les Roussel, les Kemm, les Lion, les Hervil, les Poirier ...

N'est-il pas pour le moins étrange que ces cinégraphistes soient littéralement interdits d'antenne dans leur propre pays ?

Pour ne citer que ce seul exemple, combien de films signés Baroncelli la télévision française a-t-elle diffusés depuis qu'elle existe ?

Il ne serait pas scandaleux qu'une chaîne publique projette, ne serait-ce qu'une fois par mois, un film français muet.

Cela n'apparaîtrait tout de même pas disproportionné par rapport au nombre de gens intéressés, certes faible.

France 5 diffusant déjà des documentaires, France 3 le Cinéma de minuit, France 2 (irrégulièrement et très tard) le Ciné-club, France 4 pourrait être tenue de respecter ce minimum que l'on serait en droit d'attendre du service public.


(Notre illustration : Monte-Cristo (1929) de Fescourt : le crime dans l'auberge).




(1) ajouté le 29 mai 2014 : Epstein fait maintenant l'objet d'une édition en dvd.


Grands journalistes ou grands ignares ?

Grands journalistes ou grands ignares ?


Madame La Très Grande Journaliste Anne Sinclair, Directrice Editoriale du Bluffington Post, commence l'un de Ses éditos par : "L'homme qui en savait trop est un mauvais film d'Alfred Hitchcock".

Que Sa Majesté permette à mon humble personne d'apporter quelques précisions. J'espère que Son Altesse La Dominante n'en voudra pas trop au dominé que je suis ...

Il existe deux versions de The man who knew too much, l'une réalisée vers 1934, l'autre réalisée vers 1956.

Sainte Anne l'ignorant, Elle n'a pas précisé à quelle version Elle se réfère.

L'opus de 1934 n'est pas si mauvais.

Certes, celui de 1956 n'est pas le meilleur Hitchcock, loin s'en faut ...

Mais, si j'osais prétendre apprendre quoi que ce soit à Sa Sainteté, je Lui signalerais que cette version de 1956 comporte l'une des scènes les plus formidables qu'ait signées le maître : le fameux concert au cours duquel le meurtre doit être commis (notre extrait).

Qu'importe, après tout ! Que cela n'empêche pas Sa Royauté d'expédier le film comme Elle le fait ...

Je m'excuse d'avoir été si outrecuidant envers Ma Supérieure.

D'autant qu'Elle n'est pas la seule vedette du journalisme à étaler Son ignorance avec une telle insouciance.

Un jour, à la radio, j'entendais Le Pape Jean-François Kahn. Il lâcha quelque chose du genre : "Le film Little Cesar, avec ce gangster joué par James Cagney".

Il aurait dû mieux préparer Son topo, ou mieux choisir Ses nègres. Little Cesar a pour acteur principal ... Edward G. Robinson, et non James Cagney.

J'espère que Son Excellence ne m'en voudra pas d'avoir osé relever Son erreur. Où va-t-on si les serviteurs tels que moi, ceux que Monsieur Kahn appellerait les boniches, se mettent à jouer les professeurs ?





277e filmographie

277e filmographie

Deux partitions pour une grève



Стачка (La grève, 1925) d'Eisenstein, peut être visionné en deux copies, avec deux musiques différentes.

L'une (ci-dessus) a été composée récemment par Pierre Jodlowski pour la cinémathèque de Toulouse. L'autre (ci-dessous) est constituée de morceaux signés Chostakovitch pour une restauration soviétique de 1969.

C'est l'occasion de constater à quel point l'accompagnement sonore d'un film muet en modifie la perception.






Julien Duvivier (1896-1967)



Julien Duvivier a commencé sa carrière sous le muet. Il collabora notamment avec André Antoine sur le film La terre, d'après Zola. Ensuite, il réalisa ses propres oeuvres, dont une autre adaptation d'après Zola, Au bonheur des dames.

Dans les années trente, il fut l'un des réalisateurs français les plus en vue. C'est lui, en partie, qui a développé le personnage mythique que l'acteur Jean Gabin allait incarner non seulement chez Duvivier lui-même, mais également chez Marcel Carné, chez Jean Grémillon ou encore chez Jean Renoir.

Parmi ses oeuvres les plus connues, citons Poil de carotte, La bandera, La belle équipe, Pépé le moko, Carnet de bal, Panique, Voici le temps des assassins.

Julien Duvivier a longtemps été méprisé. Pourtant, c'est l'un des réalisateurs les plus intéressants.

Cette filmographie a été enrichie
le 31 août 2017 avec la fiche du film muet Maman Colibri
le 22 avril 2017 avec la fiche du film La fin du jour
le 8 avril 2017 avec la fiche du film L'affaire Maurizius.
le 19 juillet 2014 avec un extrait de Chair de poule
le 5 septembre 2011 avec un document d'époque sur Carnet de bal
le 7 mai 2010 avec le résumé et deux extraits de Maria Chapdelaine; plus les résumés du Tourbiillon de Paris et d'Obsessions.
le 4 avril 2010 avec un extrait du Retour de Don Camillo
le 2 avril 2010 avec un extrait du film Allô Berlin, ici Paris.
le 13 octobre 2009 avec le générique, le résumé et deux extraits d'Anna Karénine.
le 5 septembre 2009 avec un extrait du Petit monde de Don Camillo.
le 2 septembre 2009 avec un extrait de La bandera.
en juin/juillet 2007, avec le résumé du film Sous le ciel de Paris, ainsi qu'avec le résumé et le générique du film Le coupable, d'Antoine, dont Duvivier fut l'assistant.




La période du muet

Julien Duvivier
1917



Assistant d'André Antoine sur Les travailleurs de la mer et Le coupable.



Le coupable, d'André Antoine

film de André Antoine
d'après le célèbre roman de François Coppée de l'Académie française
une production de la S.C.A.G.L.
éditée par Pathé frères
Avec :
Romuald Joubé : Chrétien Lescuyer
Zéphora Mossé : Perrinette
René Rocher : Chrétien Forgeat
Mona Gondré : Chrétien enfant
Hiéronimus : "Grosse-caisse"
Jacques Grétillat : Prosper Aubry
Léon Bernard : le sculpteur Donadieu
Sylvie : Louise Rameau
Collaborateur d'Antoine : Georges Denola
assistant : Julien Duvivier
opérateur : Paul Castanet (?)*
Ce deuxième film signé par Antoine fut préparé à la fin de 1916, réalisé à petit budget, et présenté avec succès à la Presse en septembre 1917. Antoine avait légèrement modernisé l'action de l'oeuvre de Coppée, publiée en 1896, et préservé l'audace du sujet. Mais la Censure, renforcée en 1916, ne pouvait laisser passer l'évocation d'un bagne d'enfants ni l'élargissement d'un assassin. C'est la raison principale de l'absence de quelques plans qui n'ont pas été retrouvés.


* le point d'interrogation après le nom Castanet semble signifier que les restaurateurs du film n'étaient pas sûrs que Paul Castanet eût vraiment été l'opérateur.



Le film commence dans une salle d'assises. Le jeune Chrétien Forgeat est jugé pour le meurtre d'un vieillard.
L'avocat général qui doit requérir contre lui, est Chrétien Lescuyer. Or, au lieu de l'accabler, il réclame la clémence. Il révèle que Forgeat est ... son fils. Il commence alors une longue confession : l'histoire que nous allons voir.
Chrétien Lescuyer est issu d'une famille de la bourgeoisie normande. Son papa l'envoie à Paris pour y achever ses études de droit. Il les réussit brillamment. Mais, en même temps, par l'intermédiaire d'un sculpteur, Donadieu, il a fait la connaissance d'une jeune fille, Perrinette Forgeat. Ils sont devenus amants. Il parle d'elle à son père, déclare qu'il l'aime, avoue qu'elle est enceinte. Pourtant, finalement, il l'abandonne et se marie avec la demoiselle que son père lui destinait depuis longtemps.
Perrinette se retrouve donc fille-mère, avec son petit , qu'elle a appelé Chrétien, comme le père naturel.
Les années passent. Perrinette fait la connaissance d'un charpentier, Prosper Aubry. Ce dernier déteste Chrétien. Pour comble de malchance, Perrinette meurt. L'enfant se retrouve seul avec l'individu, qui le brutalise.
Un jour, il fugue avec un camarade. Ils vivent dehors, couchent à la belle étoile. La police les surprend dans leur sommeil. Ils sont envoyés en maison de correction. Chrétien y demeure jusqu'à sa majorité.
Quelque temps après en être sorti, il retrouve un copain, Grosse-caisse, qui fait de la figuration au Châtelet et s'arrange pour obtenir l'embauche de Chrétien.
A la suite de certaines circonstances, celui-ci quitte la troupe. Il erre dans Paris, avec la faim, la solitude. Il va chez un vieillard qui achète des objets aux malheureux, et auquel il avait déjà eu affaire. Il le tue pour lui prendre de l'argent. On ne tarde pas à l'arrêter.
Nous revoici dans la salle d'audience. Ayant achevé son récit, l'avocat général dit que le coupable, c'est lui, Lescuyer, et non Forgeat.
Le film, tel qu'on peut le voir aujourd'hui, se termine par un carton qui nous informe que Forgeat bénéficie d'une sorte de sursis et qu'il part avec son père, pour une nouvelle vie.

Observations : plusieurs scènes d'extérieur offrent des vues sur le Paris de l'époque.
Des fautes de français dans un intertitre et dans une lettre (volontaires pour la lettre ?).
Lorsqu'il rencontre Perrinette, Romuald Joubé est censé avoir vingt ans; or, il en avait déjà plus de quarante en 1917, et cela se voit.
La manière dont Forgeat est arrêté après le meurtre, n'est pas claire : on comprend mal en quoi le fait qu'un ancien surveillant de la maison de correction le reconnaisse dans la rue, doit amener à établir un lien entre lui et le vieillard trucidé.






1919



Haceldama ou le prix du sang





1920




L'agonie des aigles




La réincarnation de Serge Renaudier





1921




Crépuscule d'épouvante




1922




Les Roquevillard




L'ouragan sur la montagne




Le logis de l'horreur




1923




Le reflet de Claude Mercoeur





1924




Credo ou La tragédie de Lourdes




Coeurs farouches




La machine à refaire la vie (avec Henri Lepage)




L'oeuvre immortelle





1925




L'abbé Constantin




Bout de chou




La nuit de la revanche



Poil de carotte

D'après le roman de Jules Renard, que Duvivier transposera de nouveau à l'écran en 1932.





1926




L'homme à l'Hispano




L'agonie de Jérusalem





1927





Le mariage de mademoiselle Beulemans





1928




Le tourbillon de Paris


Aubert présente
un fim réalisé par Marcel Vandal et Charles Delac
scénario et mise en scène Julien Duvivier
Assistant : André Berthomieu

Avec :
Lil Dagover : Amiscia Abenston
Gaston Jacquet : son époux, Lord Abenson
René Lefèvre : un certain Faverger
Léon Bary : jean Chaluste, l'écrivain qui pousse Amiscia à reprendre le théâtre
Gina Barbieri : la mère d'Amiscia


Lord Abenston s'est marié avec une tragédienne. Il a exigé qu'elle renonce au théâtre. Ils ont fini par se séparer, sans divorcer. Elle vit maintenant retirée à Tignes, en montagne, chez sa mère. Il va l'y chercher et la ramène à Paris. Mais lui veut qu'ils vivent dans le château en Ecosse, alors qu'elle, poussée par un écrivain, veut reprendre le théâtre.
Elle remonte sur scène. Mais son mari a convaincu l'écrivain de faire en sorte qu'elle quitte la scène, qu'elle lui revienne. L'écrivain monte donc une cabale pour que les représentations soient un échec.
Lors d'une représentation, la tragédienne, bouleversée, ne parvient même plus à dire son texte (ou chanter sa chanson). Finalement, elle se surmonte et le public l'acclame : elle l'a retourné, car il la sifflait.
Cependant, elle retourne en Ecosse, rejoint son mari, lui disant qu'elle a compris.







Le mystère de la Tour Eiffel






1929




La divine croisière




La vie miraculeuse de Thérèse Martin

Le générique de la copie projetée à la cinémathèque française le 25 mars 2010, indiquait :

Premier film d'art chrétien
Assistant : Michel Bernheim

Le film montre l'entrée de Thérèse au couvent, sa maladie, sa mort.






Maman colibri


Pour la fiche du film Maman Colibri, cliquez
ICI




1930



Au bonheur des dames

Scénario : Noël Renard
Prise de vues : René Guichard, Armand Thirard, Emile Pierre, André Dantan
Décors : Christian Jaque, Fernand Delattre et Percy Day
Scènes du hall du grand magasin tournées aux Galeries Lafayette

Avec :

Dita Parlo : Denise Baudu
Ginette Maddie : Clara
Andrée Brabant : Pauline
Nadia Sibirskaïa : Geneviève Baudu
Pierre de Guingand : Octave Mouret
Armand Bour : Baudu

Ce film, le dernier muet de Duvivier, fut ensuite sonorisé.




Les débuts du parlant

Julien Duvivier
1931



David Golder

Les Films Lutétia présentent un film de Marcel Vandal et Charles Delac
David Golder d'après le roman d'Irène Nemirovsky, avec Harry Baur
Scénario, dialogue et réalisation de Julien Duvivier
Prise de vues : Georges Perinal, Armand Thirard et Walter
Décors de Meerson
Musique nouvelle de Walter Goehr; chants de Leon Algazi; choeurs sous la direction de (?)
Enregistré sur procédé Tobis-Klangfilm
Enregistrement du son : Hermann Storr

Avec :

Harry Baur : David Golder
Jean Coquelin : Fishl
Gaston Jacquet : Hoyos
Grétillat : Marcus
Camille Bert : Tubingen
Charles Goldblatt : l'émigrant
Jean Bradin : Alec
Franceschi : Soifer
Arvel : le docteur
Jachie Monnier : Joyce
Paule Andral : Gloria
Nicole Yoghi : l'infirmière
Jeanne Bernardi : Lady Rovenna
Mademoiselle Jachie Monnier et Madame Paule Andral sont habillées par la Maison Redfern
Orfèvrerie : Cristofle
Objets d'art : Susse

A la fin du film, Production M. Vandal et Ch. Delac

David Golder, homme fortuné, est entouré de gens qui n'en veulent qu'à son argent. Y compris sa propre famille ...
Un film peu montré, pourtant l'un des plus intéressants.
Le premier film parlant de Duvivier.

Les cinq gentlemen maudits

Les Films Lutétia présentent
Un film de Julien Duvivier
Avec Harry Baur
Les cinq gentlemen maudits
D'après le roman d'André Reuze
Scénario, dialogue et réalisation : Julien Duvivier
Prise de vues : Thirard et Moreau
Prise de son : Metin et Leblond
Administration : Georges Lampin
Décors : Meerson
Montage : Lily Jumel
Partition originale de Jacques Ibert, direction de l'orchestre : Maurice Jaubert

Interprétation :

Harry-Baur : Marouvelle
Robert Le Vigan : Strawber
Georges Péclet : Lawson
Marc Dantzer : Woodland
Jacques Erwin : Midlock
Rosine Deréan : Françoise
Mady Berry : la gouvernante

Avec René Lefebvre : Le Guérantec

Enregistrée par Tobis-Klangfilm

Des hommes qui font partie d'un groupe d'amis, meurent ou disparaissent les uns après les autres ...


1932 : son deuxième Poil de carotte

L'acteur Robert Lynen a joué plusieurs fois avec Duvivier, notamment dans Poil de carotte
Poil de carotte

Deuxième adaptation du livre de Jules Renard par Duvivier, après celle de 1925.

Avec :

Robert Lynen : Poil de carotte
Harry Baur : le père de Poil de carotte









Jusqu'à la rencontre avec Gabin

L'acteur Harry Baur est le commissaire Maigret dans La tête d'un homme
La vénus du collège





Allô Berlin ? ici Paris ! (Hallo Hallo, hier spricht Berlin)

un film Duvivier de la RKO-Tobis
Gemeinschafts-Produktion

Scénario et réalisation : Julien Duvivier
Assistant réalisateur : Wolfgang Loë-Bagier
Musique : Karol Rathaus
Musikalische leitung : Kurt Schröder
Décors : Erich Czerwonski
Bild : Reimar Kuntze, Heinrich Balasz, Max Brinck
Son : Erich Lange, Dr. Bittmann
Système sonore : Tobis Klangfilm
Produktionsleitung : Frank Clifford

Avec :

Josette Day : Lily
Germaine Aussey : Annette
Wolfgang Klein : Erich
Karl Stepanek : Max
Charles Redgie : Jacques
Hans Henninger : Karl

Amourettes entre téléphonistes françaises et allemands.


Pour un extrait du film Allô Berlin, ici Paris, cliquez ICI






1933




La tête d'un homme

Film immatriculé au Registre Public de la Cinématographie et visé à la Censure sous le N° 932 15/2/46
Marcel Vandal et Charles Delac présentent
Harry Baur
dans un film de Julien Duvivier
La tête d'un homme
inspiré d'un roman de Georges Simenon
Scénario de Louis Delaprée, Pierre Calmann, Julien Duvivier
Avec Inkijinoff (ndlr : Valéry Inkijinoff dans le rôle de l'étudiant malade)
et Gina Manès
Réalisation : Julien Duvivier
Musique originale de Jacques Dallin
Prise de vues : Armand Thirard, Emile Pierre
Prise de sons : Courmes; assistants : Gilbert de Knyff, Pierre Calmann
Montage : ( Marthe Poncin ? )

MM :

Harry Baur : commissaire Maigret
Inkijinoff : Radek
Alexandre Rignault : Joseph Meurtin
Gaston Jacquet : Willy Ferrière
Louis Gauthier : le juge
Echourin : inspecteur Ménard
Marcel Bourdel : inspecteur Janvier
Munie : l'avocat
Numes : le directeur de la police
Camus : l'hôtelier
Alexandre : le chauffeur

Mmes :

Gina Manès : Edna Reichberg
Missia : le chanteur des rues
Oleo : la femme de chambre
Avec
Line Noro : la fille
et Damia : la femme lasse

Une Production Les Films Marcel Vandal et Charles Delac, Paris
Distribuée par Pathé Consortium Cinéma
Tournée dans les studios Braunberger-Richebé sur Système Sonore Western Electric

L'un des films les plus intéressants que l'on ait réalisés d'après Simenon.
Harry Baur et Valery Inkijinoff y sont remarquables.






Le petit roi



La machine à refaire la vie





1934




Le paquebot Tenacity




Maria Chapdelaine

Première collaboration entre Duvivier et Gabin.

D'après un roman de Louis Hémon.

Avec :
Madeleine Renaud : Maria Chapdelaine
Jean Gabin : François Paradis
André Bacqué : Samuel Chapdelaine
Gaby Triquet : Alma-Rose Chapdelaine
Thomy Bourdelle : Esdras Chapdelaine
Alexandre Rignault : Eutrope Gagnon
Jean-Pierre Aumont : Lorenzo Surprenant
Edmond Van Daële : le médecin que l'on appelle lorsque la mère de Maria agonise


L'action se situe au Québec. Les Chapdelaine vivent dans une contrée sauvage qu'ils déforestent pour la transformer en terre cultivée.
Maria, la fille aînée, est courtisée par trois hommes :
celui qu'elle aime : François Paradis, qui fait du commerce avec les Indiens
Eutrope Gagnon, paysan
Lorenzo Suprenant, qui est parti travailler aux Etats-Unis et souhaite y emmener la jeune femme.
François Paradis meurt après s'être aventuré seul dans la nature en pleine tempête de neige.
Après bien des hésitations, Maria choisit d'épouser Eutrope Gagnon et de rester ainsi au Québec, plutôt que de suivre Lorenzo dans une grande ville.


Pour deux extraits de Maria Chapdelaine, cliquez ICI







1935




Golgotha

Avec :

Jean Gabin : Ponce Pilate



1935 : La bandera

Affiche de La bandera
La bandera

Une production Société Nouvelle de Cinématographie (SNC)
Inspiré du roman de Pierre Mac Orlan
Scénario : Julien Duvivier et Charles Spaak
Prise de vues : J. Kruger
Décors : J. Krauss
Prise de son : Teyssere et Gerardot
Musique : Jean Wiener et Roland Manuel
Assistants : Robert Vernay et Castro Blanco
Opérateur en second : Marc Fossard
Montage : Marthe Poncin
Enregistrements sonores en extérieurs : Marcel Petiot par procédé Camereclair - radio
Enregistrements sonores en intérieurs aux studios Pathé - Natan de Joinville, sur système Visatone

Avec :

Jean Gabin : Pierre Gilieth
Annabella : Aïscha la Slaoui
Robert Le Vigan : Fernando Lucas, policier infiltré dans la Légion
Aimos : Marcel Mulot, légionnaire ami de Gilieth
Pierre Renoir : le capitaine Weller
Gaston Modot : le légionnaire Muller
Margo Lion : Planche à pain
Viviane Romance : la fille qui donne à manger à Gabin
Charles Granval : le Ségovien
Castro Blanco : le sergent
Florencie : Gorlier

Un soir, après avoir commis un meurtre, Pierre Gilieth s'esquive discrètement. Ayant fui en Espagne, il s'y retrouve sans argent et sans papiers. Il s'engage alors dans la Légion. Là, il fait la connaissance de deux autres Français. L'un d'eux semble s'intéresser d'un peu trop près au passé de Gilieth ...



Pour un extrait de La bandera, cliquez ICI


1936 : La belle équipe

Affiche de La belle équipe
La belle équipe

Scénario : Charles Spaak et Julien Duvivier
Musique : Maurice Yvain
Prise de vues : Kruger et Fossard
Prise de son : Archimbaud
Décors : Jacques Krauss

Une Ciné Arys Production

Avec :

Jean Gabin : Jean, dit Jeannot
Charles Vanel : Charles, dit Charlot
Raymond Aimos : Raymond, dit Tintin
Viviane Romance : Gina
Jacques Baumer : monsieur Jubette
Marcelle Géniat : la grand-mère
Raymond Cordy : l'ivrogne
Charles Granval : le propriétaire
Micheline Cheirel : Huguette
Raphaël Medina : Mario
Jacques : Charles Dorat
René : Robert Lynen
Charpin : le gendarme

Une bande de copains décide de créer une guinguette en bord de Marne. Hélas, les malheurs s'accumulent. Qui plus est, une femme sème la discorde entre deux des camarades.

C'est dans ce film que Gabin entonne la célèbre chanson : " ... quand on s'promène au bord de l'eau ...".

Pour cette oeuvre, Duvivier a tourné deux fins différentes. La première est dite pessimiste car l'histoire se termine en drame. On raconte que le Front populaire étant parvenu au pouvoir en France en 1936, les producteurs auraient souhaité une issue heureuse, plus en accord avec l'ambiance de liesse qui aurait caractérisé cette période de Front populaire. On aurait alors demandé à Duvivier de réaliser une deuxième fin, traditionnellement appelée optimiste. Le plus souvent, le film est diffusé avec ce dénouement "heureux". Parfois, on montre, juste après, la dernière scène telle que Duvivier l'aurait initialement tournée.


1936 : Du golem à l'homme du jour

Le golem

Scénario : André-Paul Antoine et Julien Duvivier, d'après une légende praguoise
Prise de vues : Stallich et Vich
Prise de son : Polevnik
Musique : Coumoc
Montage : Slavicek
Décors : Andreieff et Kopecku

Production : AB Film SA Prague, réalisée aux studios AB à Pragues-Barrandov. Distribuée par les Artistes Associés SA, United Artists

Avec :

Harry Baur : l'empereur Rodolphe II, roi de Bohême
Roger Karl : le chevalier Lang
Charles Dorat : le rabbin Jacob
Aimos : Toussaint
Roger Duchesne : Trignac
Ferdinand Hart : le golem
Jany Holt : Rachel
Germaine Aussey : la comtesse

Une créature d'argile en sommeil est réveillée ... Et le ghetto juif est en émoi.
Le réalisateur allemand Paul Wegener avait déjà porté cette histoire à l'écran à l'époque du muet. Duvivier la reprend pour ses propres thématiques : notamment celle de la claustration.



L'homme du jour

Avec :

Maurice Chevalier : l'électricien qui donne son sang pour la vedette
Elvire Popesco : la vedette
Robert Lynen : un apprenti électricien

Après un accident, une vedette reçoit une transfusion sanguine. Elle veut connaître l'homme dont le sang coule maintenant dans ses veines. Cet homme devient lui aussi une vedette ... Du moins, provisoirement ...


1937 : Pépé le moko, l'un des plus grands succès du tandem Duvivier/Gabin

Affiche de Pépé le moko
Pépé le Moko

Assistant réalisateur : Robert Vernay
Montage : Marguerite Beaugé
Scénario : Julien Duvivier et détective Ashelbé
Adaptation cinématographique : J. Constant
Dialogues : Henri Jeanson
Musique : Vincent Scotto et Mohamed Yguerbouchen
Décorateur : Krauss
Opérateurs : Kruger et Marc Fossard
Ingénieur du son : A. Archimbaud

Avec :

Jean Gabin : Pépé le moko
Mireille Balin : Gaby
Gabriel Gabrio : Carlos
Saturnin Fabre : le grand-père
Charpin : Régis
Lucas Grivoux : Slimane
Gilbert-Gil : Pierrot
Dalio : L'Arbi
Granval : Maxime
Gaston Modot : Jimmy
Line Noro : Inès
Fréhel : Tania
Olga Lord : Aïcha

Pépé le moko est un gangster qui s'est planqué dans la Casbah d'Alger. Il s'y trouve depuis deux ans. La police ne parvient pas à l'attraper. Car il y est comme sur son territoire. Le seul moyen de le prendre serait de parvenir à le faire sortir de cette Casbah. Pépé est donc prisonnier de celle-ci : pour lui, mettre un pied en dehors signifie nécessairement tomber entre les mains de la police.
Or, des Français sont en visite dans la ville. Parmi eux, une dénommée Gaby. Ces Français visitent la Casbah précisément un soir où Pépé et sa bande échangent des coups de feu avec la police. Gaby s'est réfugiée dans une maison. C'est là que Pépé débarque, blessé.
C'est la première rencontre entre Gaby et le moko. Celui-ci en pince pour la jeune femme. Il lui faut à tout prix la revoir. Cela suscite la jalousie d'Inès, compagne que le moko s'est trouvée dans la Casbah.
Quant à l'inspecteur Slimane, il voit dans cette attirance de Pépé pour Gaby, un moyen d'amener le bandit hors de son repaire ...

pour notre étude sur Pépé le moko, cliquez ICI]url:http://www.eclairages.eu/Pepe-le-moko-prisonnier-des-tenebres_a1911.html?preview=1


1937 : Un carnet de bal

Affiche du film Carnet de bal
Un carnet de bal

Distribution Les Films Vog
Scénario : Julien Duvivier
Dialogues : Henri Jeanson; avec la collaboration de Jean Sarment pour les scènes de Harry Baur et de P. R. Willm; et la collaboration de Bernard Zimmer pour les scènes de Françoise Rosay et de Pierre Blanchar
Assistant : Charles Dorat
Prises de vues : Kelber, Agostini, Levert
Prises de son : J. Carrere, R. Rampillon
Décors : Piménoff, Douarinou
Montage : A. Versein
Musique originale de Maurice Jaubert

Avec :

Marie Bell : Christine, la femme qui veut retrouver ses camarades de jeunesse
Françoise Rosay : madame Audié, mère d'un ancien cavalier de Christine
Harry Baur : Alain Regnault, l'ancien musicien devenu ecclésiastique
Pierre Blanchar : Thierry Raynal, le médecin avorteur et épileptique
Pierre Richard-Willm : Eric Irvin, le guide de montagne
Fernandel : Fabien, le coiffeur
Raimu : François, le maire
Andrex : Paul, fils adoptif du maire
Louis Jouvet : Pierre Verdier
Sylvie : Gaby, compagne du médecin avorteur
Robert Lynen : Jacques, le fils du cavalier que Christine préférait
Milly Mathis : Cécile
Et la manécanterie des petits chanteurs à la Croix de bois

Une femme vient de perdre son mari. Elle souhaite alors retrouver tous les cavaliers présents lors de son premier bal, quand elle avait dix-sept ans ...

Une oeuvre d'où se dégagent nostalgie et mélancolie. Elle est souvent présentée comme le premier film à sketches.
Certaines séquences sont très connues : ainsi celle qui met en scène le médecin avorteur.


Pour un document d'époque sur Carnet de bal, cliquez ICI

1938 : un intermède musical en attendant les sombres pressentiments

1938




Toute la ville danse (The great waltz)










1939 : juste avant la guerre, prémonition de la catastrophe et atmosphère crépusculaire

Affiche de La fin du jour
La fin du jour

Pour le résumé, le générique et un extrait de La fin du jour, cliquez ICI





La charrette fantôme

Avec :

Louis Jouvet

Un film de 1940 qui ne sortira qu'en 1943

Untel père et fils

L'intervalle américain

1941



Lydia






1942



Tales of Manhattan (Six destins)





1943




Flesh and fantasy (Obsessions)

Universal Picture

Scénario : Ernest Pascal, Samuel Hoffenstein, Ellis Saint Joseph
basé sur des histoires signées, entre autres, Oscar Wilde et Ellis Saint Joseph
Directeurs de la photographie : Paul Ivano, Stanley Cortez
Directeur des dialogues : Don Brodie
Assistants au metteur en scène : Joseph Mac Donough et Seward Webb

Produit par Charles Boyer et Julien Duvivier.


Avec :
Charles Boyer : l'équilibriste
Barbara Stanwyck : la femme que l'équilibriste a vue dans son rêve
Robert Cummings : l'étudiant qu'aime la jeune couturière dans le premier sketch
Edward G. Robinson : l'avocat qui en arrive à tuer dans le deuxième sketch
Dame May Whitty : une amie de l'avocat, celle qu'il tente d'empoisonner avec un chocolat
Thomas Mitchell : le voyant
Anna Lee : Rowena

le film se compose de trois histoires :

une jeune femme laide aime un étudiant, qui l'ignore. Un soir de mardi gras, alors qu'elle est sur le point de se suicider en se noyant, un étrange vieillard lui recommande d'aller en tel lieu, avec un masque qui laisse croire qu'elle est belle. Il lui dit qu'elle ne doit pas désespérer, qu'un miracle est possible, que si elle aime et si l'homme l'aime, il la trouvera belle.
En ce lieu, elle rencontre justement l'étudiant. Subjugué, il renonce à prendre le bateau qui devait l'emmener loin d'ici. Finalement, il demande à la jeune fille d'enlever son masque. Elle refuse, pensant que, découvrant sa laideur, il la rejettera. Mais, lorsqu'il enlève le masque, il lui dit qu'elle est belle. Elle va se voir en un miroir : elle est devenue belle. Elle comprend que son attitude passée empêchait les autres de voir sa beauté, et qu'ils ne pouvaient pas la voir parce qu'elle-même ne pouvait pas se voir.

Lors d'une soirée, un soi-disant voyant prédit à un avocat que celui-ci tuera quelqu'un. Cela devient une obsession. L'avocat ne songe plus qu'à tuer une personne afin d'être débarrassé de cette obsession. Il tente d'empoisonner une vieille amie, qui meurt, mais, finalement, il semble qu'elle soit morte de mort naturelle. Il doit donc trouver une autre victime. Il veut tuer un ecclésiastique de ses amis, mais doit finalement y renoncer.
Un soir, devenu fou, il rencontre sur un pont le voyant : il l'étrangle et le jette par-dessus le pont, dans l'eau.

Un équilibriste sur fil effectue un numéro sensationnel : il doit sauter d'une corde sur une autre, située quelque 3 mètres plus bas.
Une nuit, il rêve qu'il tombe et qu'une femme, qu'il n'avait jamais vue, hurle.
Voici qu'il rencontre cette femme, la femme de son rêve, sur un bateau. Ils tombent amoureux.
Un soir, elle assiste à son spectacle. Va-t-il tomber, comme dans son rêve ? Non. Mais la femme était liée à un trafiquant de bijoux, un voleur, et est arrêtée. L'équilibriste lui dit qu'il l'attendra, qu'il attendra jusqu'à ce qu'elle soit libérée.






1944


The impostor (L'imposteur)


Le retour en France

Michel Simon et Viviane Romance dans Panique
1946


Panique

Une production de la société anonyme Filmsonor

Scénario et dialogues : Charles Spaak et Julien Duvivier
D'après Les fiançailles de monsieur Hire, de Simenon
Prise de vues : NICOLAS HAYER, André Germain, Paul Souvestre
Effets spéciaux : Percy Day
Prise de son : De Bretagne
Décors : Pimenof
Assistants du metteur en scène : Georges Régnier, Ilse Goldblatt
Montage : Marthe Poncin
Musique : Jean Wiener
Chanson de Jacques Ibert

Avec :

Michel Simon : le solitaire
Viviane Romance : la garce
Paul Bernard : l'amant de la garce

Un solitaire vit dans une sorte d'hôtel meublé. Il fait la connaissance d'une femme qui habite juste en face, et dont il sous-estime la perfidie. Cette femme et son amant, qui a commis un meurtre, vont faire en sorte qu'on en accuse le solitaire.



Affiche de Panique

Jusqu'à Don Camillo

1948




Anna Karenine



Pour le résumé, le générique et deux extraits d'Anna Karénine, cliquez ICI







1949




Au royaume des cieux






1950





Black Jack






1951





Sous le ciel de Paris

Pierre O'Connell et Arys Nissotti présentent
Un film de Julien Duvivier
Sous le ciel de Paris
Coule la Seine
Scénario original de Julien Duvivier
Adaptation cinématographique : René Lefevre et Julien Duvivier
Dialogues de René Lefevre
Commentaire de Henri Jeanson dit par François Périer
Musique de Jean Wiener, éditions Choudens
Direction de l'orchestre : Ernest Guillou
Chanson Sous le ciel de Paris de Jean Drejac et Hubert Giraud, chantée par Jean Bretonniere
Chanson Coeur de Paris, paroles de René Rouzaud, musique de Jean Wiener, chantée par André Claveau, Exclusivité disques Polydor
Robes de Christian Dior
Directeur de la photographie : Nicolas Hayer
Cameraman : Noel Martin; assistants opérateurs : Paul Souvestre et Pierre Charvein
Assistants réalisateurs : Georges Regnier, Pierre Heuline
Régisseur général : Georges Testard
Régisseur adjoint : Paul Laffargue
Photographe : Roger Corbeau
Chef monteur : André Gaudier
Assistante monteuse : Inge Desterno
Régisseur extérieur : René Turbeaux
Accessoiriste : Jean Dumousseau
Maquilleur : Serge Groffe
Script girl : Denise Morlot
Directeur de la production : Louis de Masure
Décors de René Moulaert
Assistant décorateur : Yves Olivier

Studios Paris Studio Cinéma - Billancourt
Photosonor - Courbevoie
Son : Western Electric
Chefs opérateurs du son : Julien Coutelier, Jacques Carrere
Laboratoires L. T. C. St Cloud
Effets spéciaux LAX
Une production Regina Filmsonor
Distribuée par Filmsonor S.A.
Copyright 1951 by Production Regina S.A.R.L.
visa ministériel n° 10-510

Avec :

Brigitte Aubert
Jean Brochard
René Blancard
Paul Frankeur
Raymond Hermantier
Daniel Ivernel
Pierre Destailles
Jacques Clancy de la Comédie Française
Christiane Lenier
Marie-France
Marcelle Praince
Catherine Fonteney de la Comédie Française
René Genin
Georgette Anys
Jane Morlet
Serge Nadaud
Favieres
Georgius
Robert Favart
André Valmy
Maryse Paillet
Nicolas Vogel
Wanny
Nadine Basile
Colette Regis
Florencie
Rivers-Cadet
Henri Coutet
Michel Rob
et Sylvie


Brigitte Auber est Denise, la provinciale qui débarque à Paris
Daniel Ivernel est le chirurgien Georges Forestier
Sylvie est madame Perrier, la vieille dame aux chats
Jean Brochard est Jules Hermenault, l'ouvrier qu'un policier blesse par erreur
Raymond Hermantier est le sculpteur fou Mathias
Marie-France est la petite Colette, qui n'ose plus rentrer chez elle à cause de ses mauvaises notes et disparaît pendant toute la journée
Michel Rob est Pirate, le gamin qui embarque la petite Colette pour une croisière sur la Seine
Paul Frankeur est Milou, un ami d'Hermenault
Jacques Clancy est Armand Mestre, l'étudiant des beaux-arts amoureux de Denise
Marcelle Praince est la voyante que consulte Denise
René Génin est le cocher du fiacre qu'emprunte Denise à sa sortie de la gare parisienne

La voix qui commente off est celle de François Périer

Le film entremêle les histoires de six personnages principalement, dont les destins vont se jouer sur une journée. La plupart ne se connaissent pas. Pourtant, lors de cette journée un peu folle, leurs chemins vont se croiser.
Denise est une provinciale de vingt ans. Elle débarque à Paris, qu'elle découvre. Elle doit rencontrer un homme avec qui elle correspond depuis un an et qui l'aime. Parallèlement, il lui faut annoncer à Armand Mestre, étudiant aux Beaux-Arts, qu'elle le considère comme un simple camarade et ne souhaite donc pas l'épouser. Elle est amenée à consulter une voyante qui affirme qu'elle va connaître un grand amour, la fortune et la gloire. Ces prédictions seront, en somme, réalisées, mais d'une manière particulière, que nous ne révélerons pas afin de ne pas déflorer l'intrigue.
Denise a une amie parisienne. Celle-ci est follement amoureuse d'un chirurgien, Georges Forestier. Il a déjà raté trois fois l'examen à l'internat, uniquement par trac, car c'est un brillant sujet. Il doit le repasser une quatrième et ultime fois, c'est sa dernière chance. Pour lui aussi, les choses se dérouleront de façon inattendue.
Madame Perrier est une vieille dame pauvre. Elle va passer sa journée à essayer de trouver 64 francs pour pouvoir nourrir les nombreux chats qu'elle abrite.
Jules Hermenault est ouvrier. Il fait partie des grévistes qui occupent leur usine.
Colette est une petite gamine qui n'obtient que des zéros à l'école. Un jour, elle n'ose plus rentrer chez elle parce qu'elle prend au sérieux ce que sa mère lui a dit le matin : "Si tu as encore des mauvaises notes, ce n'est même pas la peine de remettre les pieds à la maison". La voici donc partie pour un périple dans tout Paris.
Mathias est un sculpteur psychopathe qui égorge des femmes. Le matin de la folle journée, on découvre, dans la Seine, le cadavre de sa troisième victime.
Le soir, les péripéties que ces protagonistes auront vécues, se seront nouées et dénouées, pour le plus grand bonheur des uns, et le plus grand malheur des autres.







1952





Le petit monde de Don Camillo

Avec :

Fernandel : le curé
Gino Cervi : le communiste

Pour un extrait du Petit monde de Don Camillo, cliquez ICI




La fête à Henriette

Affiche de La fête à Henriette
La fête à Henriette

Avec :

Louis Seigner

Deux scénaristes élaborent en commun une histoire, celle de la jeune Henriette. Mais, leurs conceptions sont opposées. Le film alterne, d'une part les disputes entre ces deux scénaristes; et, d'autre part, les aventures d'Henriette.








Du retour de Don Camillo à Marianne de ma jeunesse

Affiche du film Marianne de ma jeunesse
1953



Le retour de Don Camillo

Cinedis présente
Un film de Julien Duvivier
Fernandel
Gino Cervi dans
Le retour de Don Camillo
d'après des histoires de Giovanni Guareschi
Adaptation, scénario et dialogues de Julien Duvivier et René Barjavel
Directeur de la photographie : A. Brizzi
Ingénieur du Son : William R. Sivel
Assistants-réalisateurs : Michel Romanoff, Alberto Cardone
Architecte-décorateur : Virgilio Marchi
Montage : Marthe Poncin
Script-girl : Denise Morlot
Directeur de production : Piero Cocco
Assistants de production : R. Cocco, A. Veloccia
Opérateurs : A. Fusi, E. Cirilli
Photographe : A. Civirani
Effets spéciaux : Olivieri & Balucchi
Partition originale de Alessandro Cicognini, Orchestre dirigé par l'auteur
Une Co-Production franco-italienne Francinex, Filmsonor, Films Ariane-Paris, Rizzoli Film-Rome
Producteur délégué : Giuseppe Amato
Ce film a été réalisé par Julien Duvivier dans les studios de Cinecitta (Rome)
Enregistrement Western Electric Système Sonore
Mixage Auditorium L.T.C St Cloud
Laboratoires L.T.C St Cloud
Truquages LAX

Avec :

Fernandel : le curé
Gino Cervi : le maire communiste
Edouard Delmont
Paolo Stoppa
Alexandre Rignault
Thomy Bourdelle
Tony Jacquot
Charles Vissière
Claudy Chapeland
Leda Gloria
Arturo Bragaglia
Saro Urzi
Giovanni Onorato
Manuel Gary
et la Voix de Jésus : Jean Debucourt de la Comédie Française



Pour un extrait du Retour de Don Camillo, cliquez ICI





1954



L'affaire Maurizius

Teledis présente
Gaumont distribution présente
Une co-production franco-italienne Franco London Film SA et Jolly Film
Script girl : Denise Morlot
Créatrice de costumes : Rosine Delamare
Régisseur général : Lucien Lippens
Directeur de production : Louis Wipf


Pour le générique, le résumé et un extrait de L'affaire Maurizius, cliquez ICI




1955



Marianne de ma jeunesse

Produit par André Daven pour Filmsonor - Regina
Francinex
Royal Film

Distribué par Cinedis

Assistant réalisateur : Marcel Wall
Caméraman : Robert Schneider
Prise de son : Antoine Archimbaud et Maurice Laroche
Montage : Marthe Poncin
Script girl : Denise Morlot
Partition originale de Jacques Ibert

Nous rajouterons prochainement les noms des acteurs


Le temps des assassins

Voici le temps des assassins : Jean Gabin et Danièle Delorme
1956


Voici le temps des assassins

Pathé Consortium Cinéma

Scénario original : Julien Duvivier, Charles Dorat et Maurice Bessy
Adaptation et dialogues : Julien Duvivier, Charles Dorat et Bréal
Musique : Jean Wiener
La "complainte des assassins" est chantée par Germaine Montero; les paroles sont de Julien Duvivier
Directeur de la photographie : Armand Thirard
Décors : Robert Gys
1er assistant réalisateur : Michel Romanoff
2e assistant réalisateur : Gérard Renateau
Script-girl : Denise Marlot
Caméraman : Louis Née
1er assistant opérateur : Jean Dicop
2e assistant opérateur : Robert Florent
Décorateurs : Yves Olivier et Fred Marpeaux
Accessoiristes : Albouze et Protat
Photographe : Roger Corbeau
Montage : Marthe Poncin
Ingénieur du son : Antoine Archimbaud

Une co-production CJCC (Films-Borderie), société nouvelle Pathé cinéma, Films agiman

Avec :

Jean Gabin : le grand cuisinier
Gérard Blain : le jeune étudiant, que le cuisinier considère comme son fils
Danièle Delorme : la garce que le cuisinier épouse

Un grand cuisinier voit débarquer dans sa vie la fille d'une vaurienne qu'il a connue autrefois. Cette jeune fille tente de séduire l'homme, beaucoup plus âgé qu'elle. Elle réussit à se faire épouser. Puis, elle monte contre son mari un jeune étudiant qu'il considérait comme son fils ...


Les dix dernières années : 1957-1967

1957



L'homme à l'imperméable

Avec :

Fernandel : Albert Constantin
Bernard Blier : monsieur Raphaël
Claude Sylvain : Florence
Judith Magre : Eva
John Mc Giver : O'Brien
Rob Murray : Sam
Edith Georges : Nelly

Albert Constantin est musicien dans l'orchestre du Châtelet, à Paris.
Sa femme s'absente quelques jours.
Un collègue lui conseille alors de se payer du bon temps avec une artiste du théâtre, une certaine Eva, qui se prostitue occasionnellement.
Albert se rend chez Eva.
Elle se rend dans la salle de bains pour se changer. Là, elle est poignardée.
Albert risque de devenir le suspect numéro un, d'autant qu'il a été vu par plusieurs personnes, dont un habitant de l'immeuble, un certain Raphaël, qui ne tarde pas à le faire chanter.
En fait, Eva a été tuée par une autre jeune femme, jalouse parce que son amant la fréquentait. La meurtrière doit d'ailleurs épouser un autre homme, un truand américain, auquel elle s'intéresse uniquement pour son argent et qu'elle trompe allègrement.
Après bien des péripéties, Albert se tire de cette affaire, tandis que plusieurs personnes, dont monsieur Raphaël, y trouvent la mort.


Pot-bouille

Scénario : Julien Duvivier, Leo Joannon, Henri Jeanson
Dialogues : Henri Jeanson
Caméra : Michel Kelber
Son : Jacques Carrère
Costumes : Marcel Escoffier
Décors : Leon Barsacq
Montage : Madeleine Gug
Musique : Jean Wiener
Orchestre sous la direction d'André Girard
Orchestre Ray Ventura, Paris
Directrice de production : Ludmilla Goulian
Une production Paris Film Production, Paris; Panitalia, Rome
Une production Robert et Raymond Hakim

Avec :

Gérard Philipe, Danielle Darrieux, Dany Carrel, Anouk Aimée, Jacques Duby, Jane Marken, Henri Vilbert, Jean Brochard, Danielle Dumont, Denise Gence, Judith Magre, Catherine Samie

D'après le roman d'Emile Zola.
L'arrivisme d'un jeune homme. Il va se servir d'une femme pour parvenir à ses fins.



1959


La femme et le pantin


Marie-Octobre

Pathé Consortium Cinéma présente
Marie-Octobre

Scénario original : Julien Duvivier et Jacques Robert, inspiré du roman de Jacques Robert
Dialogues : Henri Jeanson
Directeur de la photographie : Robert Le Febvre
Photographe : Roger Corbeau
Décor : Georges Wakhevitch
Assistant décorateur : René Calviera
Chef monteuse : Marthe Poncin, assistée de Hélène Baste
Chef opérateur du son : Antoine Archimbaud
Assistant réalisateur : Michel Romanoff
Assistant de production : Pierre Duvivier
Script girl : Denise Morlot
Cameraman : Roger Delpech
Ensemblier : Robert Christides
Coiffeuse : Huguette Lalaurette
Couturier : Jacques Heim
Chef maquilleuse : Lina Gallet
Musique : Jean Yatove

Tourné aux studios de Boulogne, enregistrement Western Electric, société Optiphone, Laboratoires Franay L.T.C. Saint-Cloud, effets spéciaux : LAX

Une co-production Orex Films, Abbey Films Production, Doxa Films, Société Française Théâtre et Cinéma
Directeur de production : Paul Joly
Un film produit par Lucien Viard

Avec :

Danielle Darrieux
Bernard Blier
Robert Dalban
Paul Frankeur
Jeanne Fusier-Gir
Paul Guers
Daniel Ivernel
Paul Meurisse
Serge Reggiani
Noël Roquevert
Lino Ventura

Ancienne résistante pendant la Seconde guerre mondiale, une femme invite ceux qui furent ses camarades de combat. En fait, l'un d'entre eux avait trahi. Elle veut savoir qui ...



1960


La grande vie


Boulevard



1962


La chambre ardente


Le diable et les dix commandements



1963


Chair de poule

Pour le résumé, le générique et un extrait de Chair de poule, cliquez
ICI





Santa Berger et Alain Delon pour Diaboliquement vôtre
1967




Diaboliquement vôtre

Avec Alain Delon et Santa Berger

Un amnésique se retrouve dans une maison dont les habitants sont étranges. On lui dit qu'il est un certain monsieur dont il ne se rappelle pourtant rien. Il finit par comprendre qu'on le manipule ...









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La banque Nemo, un film d'une brûlante actualité



Réalisé vers 1934, l'opus de Marguerite Viel retrace l'ascension sociale d'un arriviste qui ne recule devant aucune manoeuvre pour parvenir au sommet.

Ce n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre, mais il est au moins une scène qu'il faut voir, aujourd'hui en 2013, tant elle paraît d'actualité : le conseil des ministres (notre extrait). A l'époque, cette scène, qui montre ces messieurs sous leur jour véritable, aurait d'ailleurs été censurée, coupée.

Certains prétendront que nous sommes dans la caricature : au contraire, il nous paraît que nous sommes encore au-dessous de la réalité, de notre réalité.

Toute ressemblance avec des personnages et des faits existant aujourd'hui constitue, sans doute, une coïncidence ...

Il n'empêche que l'on croirait entendre parler d'affaires actuelles, récentes, quand, par exemple, le président du Conseil rappelle au ministre des colonies qu'il a concédé des terrains à l'affairiste alors que ses subordonnés le lui avaient déconseillé; ou lorsque la question est posée de savoir comment le banquier véreux peut être en possession de documents qui auraient dû rester entre les mains du même ministre ...

Frappants échos encore avec la situation actuelle quand on rappelle au président du Conseil qu'il a plaidé pour le banquier il y a six mois ...

Aura-t-on la cruauté de remarquer aussi combien est ressemblant ce personnage d'imbécile qui tient à son poste parce qu'il est ministre pour la première fois, et depuis si peu de temps, alors qu'il était député depuis quinze ans ...

Oui, tout cela ressemble horriblement à ce qu'aujourd'hui, nous vivons en pire ...







Alfred sur les traces d'Agatha ?

Alfred sur les traces d'Agatha ?

Eclairages vous présente une nouvelle étude sur Hitchcock. Intéressons-nous plus particulièrement à ses rapports avec une Anglaise célèbre ... "la reine du crime" ... Agatha Christie. Nous allons voir que plusieurs films du cinéaste présentent d'étranges ressemblances avec certains livres de sa compatriote.





Quand Kurosawa fait appel à Ravel







Le récit de la femme violentée dans 羅生門 (Rashomon) est accompagné d'une partition inspirée du célèbre Boléro.

Démonstration en images et en musique avec l'extrait du film et le final de l'opus ravélien.













Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu


Un journaliste qui, dans un "grand" support de presse, prétend analyser l'oeuvre d'Ozu, alors qu'un élément prouve, de façon incontestable, qu'il n'a pas vu le film dont il parle ? Eh oui ! Malheureusement, c'est possible ! Démonstration, avec preuve à l'appui.


Afin que personne ne crie à la citation tronquée et pour que le lecteur puisse juger sur pièce, nous reproduisons intégralement, en annexe, un article daté du 21/7/2005 et inséré dans la rubrique Culture et spectacles du Figaro, sous le titre Ozu, la compassion contre le moralisme.

L'auteur, un certain Bertrand Dicale, écrit avec emphase : "Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis".






Un journaliste au-dessus de tout soupçon


A lire ce paragraphe, les âmes candides ne peuvent douter que notre éminent spécialiste ait vu les oeuvres d'Ozu, singulièrement celles qu'il cite. Le contraire serait totalement incompatible avec son article.

Et puis, tout de même, ce monsieur est titulaire de la carte de presse !
Il a également publié au moins un livre; pas sur le cinéma, certes, mais sur madame Juliette Gréco. Car il serait l'un des meilleurs connaisseurs de la chanson française, si l'on se fie à sa réputation officielle. C'est donc, en principe, un esprit brillant, qui peut s'appliquer à différents domaines. Pensez ! Spécialiste et d'Ozu et de Juliette Gréco et de la chanson variété.
Avec cela, critique exigeant, selon ce que clame le site internet de la SACEM (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique).
Enfin, pour ne rien gâcher, il serait rédacteur en chef adjoint des pages spectacles du Figaro, l'un des plus grands journaux dont puisse s'enorgueillir l'inattaquable grande presse française, dont l'unique souci est de suer sang et eau pour remplir son sacro-saint devoir d'information, en toute indépendance et en toute honnêteté.


Comment un tel homme, investi d'une telle mission, pourrait-il n'être qu'un charlatan, un bonimenteur de foire entortillant le badaud à coups de grandes phrases pompeuses, un tartufe qui, la main sur le coeur, prend allègrement pour des imbéciles les innocents qui ont l'honneur de lui prêter l'oreille ?





Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

L'impossible imposture


Bien sûr qu'il connaît les films d'Ozu, et tous ! La preuve : il accumule les adverbes de temps tels que : toujours, parfois. N'écrit-il pas : "Le cinéaste semble toujours dubitatif" ? Et ne mentionne-t-il pas alors trois oeuvres qui corroborent ce "toujours" ? C'est donc qu'il les a vues, ces trois oeuvres ! Et que les trois confirment le "toujours". La formulation même : "Que l'héroïne ... que le jeune professeur ... que le héros adultère ..., Ozu conserve une distance" etc, cette formulation implique nécessairement que pas un de ces films n'infirme la règle; règle que notre subtil exégète ne peut avoir dégagée qu'après avoir visionné les films eux-mêmes, et particulièrement ces trois-là, puisqu'il les a retenus comme emblématiques.

"Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance" etc : encore une fois, comment pourrait-il conclure cela, comment oserait-il user de ce "toujours", à partir des trois opus qu'il a choisi de citer, s'il ne les connaissait pas ? De telles phrases impliquent nécessairement que monsieur Dicale soit familiarisé avec les oeuvres qu'il évoque. S'il ne l'était pas, non seulement ces phrases n'auraient aucune valeur; mais elles relèveraient de l'imposture pure et simple.





La preuve du délit


Malheureusement pour monsieur Bertrand Dicale, l'héroïne d'Une femme de Tokyo ne se prostitue pas pour payer les études de son fiancé; elle finance les études de son frère. Et aucune des personnes qui ont vu cette bande, ne peut s'y méprendre : car, que les deux personnages soient frère et soeur, est répété maintes fois au cours du film; et toute l'histoire met clairement en scène cette parenté; laquelle, à aucun moment, ne peut être confondue avec une relation fiancée/fiancé. Donc, qui a vu le film, sait obligatoirement que le garçon est le frère; cela ne peut pas échapper au spectateur, qui ne peut pas non plus l'oublier.

Par contre, l'énorme erreur de monsieur Dicale s'élucide si l'on songe qu'elle figure dans les documents promotionnels qui accompagnent la sortie de l'oeuvre. Ainsi, par exemple, à l'entrée du Champo - salle qui programme Ozu - une feuille mise à disposition du public, annonce ceci : "Une jeune femme se prostitue pour payer les études de son fiancé". C'est presque exactement la phrase que l'on peut lire dans l'article de monsieur Dicale, où jeune femme est juste remplacé par héroïne ... Ce que c'est qu'un critique exigeant ...

Pas de veine, tout de même, ce monsieur Dicale. Il a trouvé le moyen d'étayer sa démonstration précisément avec le film qu'il ne fallait pas * ! On serait tenté d'accuser la maladresse, s'il ne fallait plutôt invoquer la malchance : car, pour être maladroit, il eût fallu que monsieur Dicale sût que les prospectus se trompaient dans leur résumé d' Une femme de Tokyo; et, pour le savoir, il eût fallu voir le film.

Au surplus, il n'est même pas certain que l'héroïne se prostitue, comme l'affirment les documents promotionnels et, à leur suite, monsieur Dicale. Certes, la demoiselle travaille dans un bar; certes, à un moment, elle monte dans une voiture avec un client du bar; mais, cela signifie-t-il vraiment qu'elle vende son corps ? On pourrait d'autant plus en douter que, selon les intertitres français, elle reproche à son frère de prendre trop au tragique le métier qu'elle exerce. Pourrait-elle considérer qu'un frère prenne trop au tragique la prostitution de sa soeur ? C'est peu vraisemblable. Le reproche qu'elle adresse à son frère, s'expliquerait mieux si elle n'était que vaguement hôtesse sans aller jusqu'à la prostitution.
Mais, ce sont là questions de détail que seul peut se poser un maniaque comme nous, qui poussons l'obsession jusqu'à aller voir les films avant d'en parler, et jusqu'à tenter de les comprendre. Un grand critique de la grande presse ne descend pas à de telles futilités : quand on a la science infuse, on connaît à fond son cinéaste, avec une certitude infaillible et comme innée qui dispense d'en fréquenter les oeuvres ...


* PS ajouté le 2/9/2008 : inutile de le préciser : rien ne prouve que monsieur Dicale connaisse davantage les autres films d'Ozu dont il parle.

Notre édito a été mis en ligne en 2005 à l'occasion d'un cycle Ozu au cinéma Le Champo, à Paris. Nous ignorons si le grand critique nommé Dicale est toujours au Figaro.







L'article de monsieur Dicale dans Le Figaro


Ozu, la compassion contre le moralisme
Bertrand Dicale
21 juillet 2005

Le Japon ? Il n'y a pas que ça dans les films d'Ozu. Avec ses intérieurs de bambou et de papier huilé, ses repas aux rites discrets mais inflexibles, ses gestes si facilement énigmatiques, on pourrait les regarder comme des documents bruts, comme une plongée objective dans une réalité sociale et culturelle. D'ailleurs, les personnages ne semblent parfois animés que par un surmoi impérieux, par des conventions et des sacrifices qui font s'effacer tout ce que nous appelons, dans notre Europe, le coeur et même l'âme.

Mais il y a autre chose que le Japon, sa morale et ses normes, même dans Il était un père, film des années 40 inédit en France et présenté pour la première fois cet été, autre chose encore dans chacun des 14 longs-métrages classiques de la rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui. Cet autre chose, c'est l'intimité, la familiarité de Yasujiro Ozu avec le drame. Sa génération de Japonais a connu des cataclysmes historiques (sa carrière sera interrompue par plusieurs années à l'armée, jusqu'en 1941, alors que son pays plonge dans une guerre suicidaire), mais ils apparaissent à peine dans ses films.

Ce qui l'intéresse, ce sont les plus intimes, les plus douces, les mieux intentionnées des injustices – celles de la famille, celles de la vertu. Il n'est qu'à observer le regard tendre mais un peu sec de son acteur fétiche, Chishu Ryu, lorsque, dans Il était un père, il refuse avec la plus vive énergie que son fils quitte son poste de professeur dans une petite ville de province pour venir vivre avec lui à Tokyo. Veuf, il est séparé de son fils unique depuis les années de collège de celui-ci, mais peu importe : chacun doit accomplir son devoir, à sa place et dans sa position, malgré l'amour, malgré le manque, malgré l'élan toujours sensible de la liberté. Il est écrit que ce père et ce fils doivent vivre loin de l'autre, avec seulement des souvenirs et des attentions lointaines, et il n'est pas question qu'ils échappent, l'un comme l'autre, à ce devoir-là.

Ce regard de Chishu Ryu dans cette scène d'Il était un père, droit mais sans colère, on le retrouve dans les remontrances finalement indulgentes du vieux père à ses très jeunes enfants dans Bonjour (1959), dans les réflexions du conservateur un peu perdu devant la jeunesse dans Eté précoce (1951)... Une colère éternellement d'un autre temps, mélange d'étonnement et de rigueur, de bienveillance et de moralisme. Les exégètes voient en Chishu Ryu plus qu'un porte-parole d'Ozu dans ses films : il est une manière de porte-âme, un double sans masque. Et c'est lui qui, à l'écran, apparaît à la fois comme un gardien de l'ordre et un coeur doux, comme un pater familias roide dans ses certitudes et un homme toujours un peu perdu devant la vie. Alcoolique infiniment digne dans Le Goût du saké (1962), homme mûr perdu dans les liens emmêlés de sa vie dans Crépuscule à Tokyo (1957), Chishu Ryu ressemble à Yasujiro Ozu, le fils jamais marié qui sera anéanti par la mort de sa mère.

La rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui traverse l'oeuvre d'Ozu à travers le prisme des conflits intérieurs, des cas de conscience, des hésitations morales. Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis. Beaucoup plus loin que le Japon, il montre l'humain.




21 de nos 310 extraits de films

Répertoire des films noirs américains



Eclairages met en ligne un répertoire des films noirs américains, classés par compagnie cinématographique et par ordre alphabétique.

Pour chaque film, le générique, le résumé, des photogrammes et un ou plusieurs extraits.

Le répertoire sera progressivement enrichi.









Paramount


RKO


Twentieth Century Fox


Universal