Hédy Sellami présente
Recherche

Extraits à venir sur Eclairages

Extraits à venir sur Eclairages
Parmi les films dont nous mettrons des séquences en ligne prochainement :

Miss Mend, de Barnet et Ozep

Les mondes futurs, sur un scénario de HG Wells

Coeurs en lutte, de Fritz Lang

Le village du péché, d'Iwan Prawow et Olga Preobrashenskaja

Othello, d'Orson Welles

Le chevalier à la rose, de Robert Wiene

The dragon painter, avec Sessue Hayakawa






De La belle équipe à L'assassin habite au 21

De La belle équipe à L'assassin habite au 21


Eclairages vous propose une sélection de séances, avec aussi René Clair; Danse et cinéma; Rêves de chaque nuit; La divine; et The lodger en ciné-concerts; des classiques français avec Louis Jouvet; L'ange bleu; Le bossu; Mankiewicz; Max Ophüls; Fritz Lang; John Huston; Julien Duvivier; Jean Rouch; Ex-lady; Danielle Darrieux; un cycle Scénaristes et dialoguistes; ou encore Clouzot.

Cliquez ICI










Pour la diffusion de films muets à la télévision publique


Quoi qu'en disent certains, la connaissance et la publication des films muets restent faibles, fragmentaires.

C'est particulièrement le cas des films français.

Voici qui est tout de même stupéfiant : on ne peut trouver en DVD qu'une infime minorité des oeuvres les plus marquantes signées par les cinéastes les plus célèbres : Gance, Dulac, L'Herbier, Antoine, Epstein (1) ...

Il faut parfois chercher chez des éditeurs étrangers pour dénicher une oeuvre !

Et ne parlons pas des réalisateurs davantage négligés encore : les Roussel, les Kemm, les Lion, les Hervil, les Poirier ...

N'est-il pas pour le moins étrange que ces cinégraphistes soient littéralement interdits d'antenne dans leur propre pays ?

Pour ne citer que ce seul exemple, combien de films signés Baroncelli la télévision française a-t-elle diffusés depuis qu'elle existe ?

Il ne serait pas scandaleux qu'une chaîne publique projette, ne serait-ce qu'une fois par mois, un film français muet.

Cela n'apparaîtrait tout de même pas disproportionné par rapport au nombre de gens intéressés, certes faible.

France 5 diffusant déjà des documentaires, France 3 le Cinéma de minuit, France 2 (irrégulièrement et très tard) le Ciné-club, France 4 pourrait être tenue de respecter ce minimum que l'on serait en droit d'attendre du service public.


(Notre illustration : Monte-Cristo (1929) de Fescourt : le crime dans l'auberge).




(1) ajouté le 29 mai 2014 : Epstein fait maintenant l'objet d'une édition en dvd.


Grands journalistes ou grands ignares ?

Grands journalistes ou grands ignares ?


Madame La Très Grande Journaliste Anne Sinclair, Directrice Editoriale du Bluffington Post, commence l'un de Ses éditos par : "L'homme qui en savait trop est un mauvais film d'Alfred Hitchcock".

Que Sa Majesté permette à mon humble personne d'apporter quelques précisions. J'espère que Son Altesse La Dominante n'en voudra pas trop au dominé que je suis ...

Il existe deux versions de The man who knew too much, l'une réalisée vers 1934, l'autre réalisée vers 1956.

Sainte Anne l'ignorant, Elle n'a pas précisé à quelle version Elle se réfère.

L'opus de 1934 n'est pas si mauvais.

Certes, celui de 1956 n'est pas le meilleur Hitchcock, loin s'en faut ...

Mais, si j'osais prétendre apprendre quoi que ce soit à Sa Sainteté, je Lui signalerais que cette version de 1956 comporte l'une des scènes les plus formidables qu'ait signées le maître : le fameux concert au cours duquel le meurtre doit être commis (notre extrait).

Qu'importe, après tout ! Que cela n'empêche pas Sa Royauté d'expédier le film comme Elle le fait ...

Je m'excuse d'avoir été si outrecuidant envers Ma Supérieure.

D'autant qu'Elle n'est pas la seule vedette du journalisme à étaler Son ignorance avec une telle insouciance.

Un jour, à la radio, j'entendais Le Pape Jean-François Kahn. Il lâcha quelque chose du genre : "Le film Little Cesar, avec ce gangster joué par James Cagney".

Il aurait dû mieux préparer Son topo, ou mieux choisir Ses nègres. Little Cesar a pour acteur principal ... Edward G. Robinson, et non James Cagney.

J'espère que Son Excellence ne m'en voudra pas d'avoir osé relever Son erreur. Où va-t-on si les serviteurs tels que moi, ceux que Monsieur Kahn appellerait les boniches, se mettent à jouer les professeurs ?





277e filmographie

277e filmographie

Deux partitions pour une grève



Стачка (La grève, 1925) d'Eisenstein, peut être visionné en deux copies, avec deux musiques différentes.

L'une (ci-dessus) a été composée récemment par Pierre Jodlowski pour la cinémathèque de Toulouse. L'autre (ci-dessous) est constituée de morceaux signés Chostakovitch pour une restauration soviétique de 1969.

C'est l'occasion de constater à quel point l'accompagnement sonore d'un film muet en modifie la perception.






L'enfant de Paris, un 'film patriotique'

Cette étude est une version complétée de celle que nous avions publiée à l'occasion de la projection du film au cinéma Reflet Médicis



L'actrice Jeanne Marie-Laurent est la mère dans L'enfant de Paris

L'enfant de Paris ne se comprend que si l'on garde à l'esprit ceci : c'est un "film patriotique", genre dont Perret est le représentant le plus connu. L'histoire qu'il raconte est une métaphore. Elle renvoie à la situation de "pré-guerre mondiale" qui règne en 1913. Il s'agit de dénoncer les menaces, voire l'agression, dont la France serait victime; de clamer que ce pays est dans son bon droit; de préparer les esprits aux hostilités (qui se généraliseront peu de temps après, en 1914); enfin, d'en appeler aux armes.
Loin d'être une simple composante de l'oeuvre, parmi d'autres, le "patriotisme" en est le coeur. Mais, il avance sous le travestissement d'une aventure vaguement policière.
Pour ne pas passer à côté de cela, le spectateur aura intérêt à examiner attentivement les pages de journal, lettres, télégrammes que le film montre à plusieurs reprises en gros plan.

Une pédagogie militariste


Dès la première séquence, le capitaine Pierre de Valen reçoit un courrier du Ministère de la Guerre. On lui enjoint de partir au Maroc, alors protectorat français (les protectorats, pays sous domination, se distinguaient juridiquement des colonies). Ne croyons pas qu'il s'agisse seulement pour les scénaristes de trouver un prétexte au départ de l'officier; ne pensons pas davantage que Perret aurait pu tout aussi bien inventer une vieille tante appelant Pierre à son lit d'agonie, dans une province française reculée. Non; cette séquence pose d'emblée le vrai sujet : il y a des "troubles" et la France mobilise.

Les mimiques des personnages sont importantes : elles traduisent les buts profonds du film. La femme du capitaine est affligée. Son mari la rappelle à ses obligations, c'est-à-dire à celles de tout bon Français : lui, Pierre de Valen, est tenu d'accomplir son devoir; mieux encore : il en a l'envie. Ainsi, d'entrée de jeu, est mise en scène ce que nous serions tenté de nommer une pédagogie patriotiste : ce n'est pas seulement à sa femme que le soldat fait la morale, mais au spectateur.


Les choses se précisent un peu plus tard avec une nouvelle lettre. Cette fois, c'est Pierre qui, du Maroc, a écrit à sa famille. Entre autres phrases, celle-ci, significative : "Nos petits gars s'impatientent : se battront-ils un jour ?". Loin de présenter la guerre comme un danger à éviter, on manifeste le désir d'en découdre.

Le parallélisme guerre/faits divers


Après cette missive, le frère de Pierre, Jacques, donne à lire à madame de Valen (et au public) une dépêche de journal qui commence par "Dernière heure".
Le gros plan sur la page de ce journal ne dure que quelques secondes. Aussi le spectateur devra-t-il ne pas négliger de regarder tous les articles, et pas seulement la dépêche que Jacques indique à sa belle-soeur. En effet, cette dernière ne s'éclaire qu'au vu des autres. Ne pas savoir ce qu'elles contiennent, c'est manquer complètement le sens réel du papier intitulé "Dernière heure".

Celui-ci dit : "Dernière heure : Le Conseil des Ministres décide le retrait des troupes de la région de Zeymour. Après quelques escarmouches, les tribus rebelles paraissent désormais soumises. Malgré la présence à leurs côtés de "conseillers" au fort accent germanique, les insurgés se sont inclinés devant la force et la bravoure de nos troupes".

A droite, un sujet parle d'un traité diplomatique, de l'Autriche, de la Serbie. De toute évidence, cela fait référence aux deux guerres balkaniques qui se sont déroulées dans la période précédant le conflit mondial de 14/18. La première eut lieu en 1912/1913; elle opposa, d'une part, Serbie, Bulgarie, Grèce, Monténégro, et, d'autre part, la Turquie. La seconde aboutit à la victoire sur la Bulgarie, de la Serbie et de la Grèce, alliées à la Roumanie et à la Turquie. Enfin, n'oublions pas qu'en 1913, la Bosnie devait être administrée par l'Autriche-Hongrie.

Dans la partie inférieure du journal (donc, de l'écran), un autre article : "Les agresseurs de M. André Lefèvre condamnés. (De notre correspondant particulier). Aix-en-Provence, 14 août. Au cours d'une réunion électorale ...". Nous ignorons s'il y eut réellement une affaire Lefèvre, ou si elle a été inventée pour le film. Quoi qu'il en soit, sont ainsi mises sur le même plan (et dans un même plan, le gros plan sur la page de journal) les affaires internationales et ce que l'on pourrait appeler les actualités diverses. Si bien que le public est littéralement appelé à lire comme il convient L'enfant de Paris : le fait divers que la fiction relate - l'enlèvement d'une enfant - doit être appréhendé comme un épisode de l'Histoire avec un grand H. En ce sens, la focalisation sur ce journal métaphorise le film lui-même, ou son synopsis : intrigue policière et intrigues politiques ou guerrières sont étroitement liées; la première signifie les secondes.

Du reste, il y a fort à parier que l'évocation d'une agression se rapporte à celle dont la France même serait la cible.


Nouvelle page de journal, dans le deuxième épisode : "L'exploit d'un grand soldat : c'est une véritable odyssée que vient de vivre le capitaine Pierre de Valen que l'on avait cru mort après l'attaque du fortin de Zeymour. Emmené dans le désert par les rebelles, mis au secret, c'est grâce à la complicité d'une jeune Marocaine qu'il put enfin s'enfuir et, déguisé en pêcheur, s'embarquer sur une tartane à bord de laquelle il gagna finalement Tanger. C'est là qu'il apprit le décès de sa femme, minée par le chagrin et les épreuves".

Au-dessous, une autre dépêche : "Chronique des tribunaux. Un écho du scandale policier du 5e arrondissement ...".

Avec ces deux articles, nous retrouvons le parallélisme histoires guerrières/faits divers. Un parallélisme d'autant plus net que le terme "tribunaux" résonne avec le vocable tribus employé par une brève du premier épisode, déjà citée : " ... les tribus rebelles ... ".

De plus, ce qui est arrivé à Pierre de Valen, ressemble furieusement à ce dont sera victime sa fille. Tous deux sont prisonniers : lui, des "rebelles" marocains; elle, des bandits dont Le Bachelier est le chef. Tous deux réussissent à s'évader, et de la même manière : lui, avec l'aide d'une jeune Marocaine; elle, grâce au jeune apprenti Le Bosco. Auparavant, elle s'était éclipsée de la pension; ce que l'on avait pris soin de souligner par un intertitre disant "L'évasion". Le mot semble bien grand pour cette fugue; sauf si l'on comprend que les mésaventures de Marie-Laure s'identifient à celles de son père et figurent des faits d'armes. Au point qu'au troisième épisode, un avis de recherche recourt exactement au même terme - évasion - pour désigner "l'exploit" du capitaine.

Un appel à la mobilisation


En effet, Marie-Laure a été enlevée. Son père, Pierre de Valen, insère un avis de recherche dans la presse, avec une photo de l'enfant. C'est cet avis qui ouvre l'épisode : "Avis de recherche. Le capitaine de Valen, dont la récente évasion héroïque, a fait un héros national, adresse une supplique à tous les Français : sa fille, Marie-Laure, a disparu il y a un an de la pension privée où le malheur l'avait conduite. Qui aidera le grand soldat à retrouver son enfant ? Nous publions le portrait de Marie-Laure de Valen telle qu'elle était au moment de ces tristes événements. Une prime de 25 000 francs est offerte. Ecrire ou téléphoner d'urgence au journal qui fera suivre les renseignements".

Une fois de plus, nous ne pouvons qu'inviter le spectateur à bien scruter toute la page de journal, donc y compris les articles qui encadrent l'avis. Celui-ci ne révèle sa véritable portée qu'au regard des deux dépêches qui lui font cortège.

A gauche, un sujet intitulé "Armée. L'application de la loi de Trois ans". Il s'agit d'une loi facilitant les devancements d'appel et les rengagements sous les drapeaux. C'est à cette mobilisation que se réfère l' "avis de recherche". Ce dernier, sous une forme en quelque sorte codée, appelle les Français à s'engager. "Qui aidera le grand soldat à retrouver son enfant ?" signifie en réalité : qui sera assez patriote pour rejoindre l'armée ? La phrase possède même un sens encore plus précis, que nous éluciderons plus loin.

Ce qui justifie cette mobilisation, ce sont les tensions internationales. A droite de l' "avis de recherche", un article consacré à la question d'Andrinople (ville turque). Il y est fait mention notamment de la Bulgarie et des Ottomans.


Le code consistant à évoquer les préparatifs guerriers, ou à les appeler de ses voeux, sous couvert d'une histoire policière, confine au jeu de mots un peu plus tard.
Pierre de Valen a versé une rançon de 50 000 francs aux ravisseurs afin qu'ils lui rendent sa fille. L'un d'eux - Tiron - glisse à leur chef, Le Bachelier : "Tu t'es fait avoir, Bachelier, cette môme-là vaut plus de 50 000 balles". Le teme "balles" renvoie à l'argent, mais aussi aux projectiles des armes à feu. Ce que nous devons saisir, c'est que cette affaire - nous préciserons laquelle ultérieurement ... - justifie un affrontement guerrier. Elle vaut plus que 50 000 balles de fusil, comme on déclarerait qu'elle mérite bien 200 000 coups de canon.
Ce n'est pas pour rien que notre homme se nomme Tiron, où se lit "Tirons", véritable incitation à la guerre.

Ni capitulation, ni neutralité


Finalement, Pierre de Valen se rend dans le repaire des bandits. Ils le ligotent. Nouvelle allégorie. La signature des chèques par l'officier, ressemble à celle d'un traité ... ou d'une capitulation. Ce qui, dans l'optique du film, pourrait bien être la même chose. Le message est clair : on ne peut pas traiter avec l'ennemi. La preuve : il trahit sa parole. Dès lors, seul le combat est efficace.

Démonstration en est apportée lorsque la police arrive et libère Pierre. Cette scène est importante parce qu'elle illustre à quel point l'intrigue policière n'est qu'une métaphore de la guerre. En effet, l'assaut donné par les forces de l'ordre fait écho à celui qu'au début du film, les "indigènes" marocains lancent contre le fort où se trouve le capitaine. Le premier est une riposte au second. La France -en la personne de ses soldats, dont Pierre - a été attaquée au Maroc; elle prend sa revanche ici, par cette sorte de contre-offensive représentée par la descente de police, à l'issue de laquelle Pierre est délivré. Les "indigènes" marocains avaient investi le camp français; les policiers investissent le repaire des gangsters. Du reste, le spectateur attentif remarquera que les deux batailles obéissent à une même mise en scène : les Marocains qui envahissent le fortin, sont en haut d'un escalier, au bas duquel se trouvent les militaires français; plus tard, les policiers sont également en haut d'un escalier, tandis qu'en bas, les voyous s'agitent (ne s'agit-il pas du même décor, légèrement modifié ?).


Dans le quatrième épisode, Le Bachelier est à Nice, où il a réussi à fuir en emmenant Marie-Laure. Le Bosco y est aussi, sur leurs traces. Il séjourne ... à l'Hôtel Suisse. Encore un symbolisme lourd. La Suisse était neutre. Elle le restera pendant toute la première guerre mondiale. Reste à déchiffrer les intentions de ce symbolisme : s'agit-il, en cette année 1913, de solliciter l'implication d'un pays dont on déplore la neutralité ?


Enfin, le cinquième et dernier épisode se conclut par un intertitre étrange. Du Bosco, il est écrit : "Celui-ci veut devenir avocat. Il aurait préféré être soldat ou marin, mais sa difformité l'en empêche".
La préférence pour les métiers d'armes achève de confirmer qu'en sauvant Marie-Laure, Le Bosco a bien accompli une action militaire. C'est en ce sens qu'il faut entendre ce que lui télégraphie Pierre de Valen : " ... éperdu de reconnaissance pour votre action ...". Rappelons la fameuse formule : "La patrie reconnaissante à ses fils". Une formule que l'épilogue traduit bien : Pierre de Valen adopte Le Bosco, qui devient donc son fils, envers qui le père est éperdu de reconnaissance.


En définitive, L'enfant de Paris est une oeuvre de propagande. Et c'est cette propagande qui prend la petite fille en otage.

Les noms des protagonistes nous révéleront plus en détail l'enjeu de ce kidnapping :

La suite de notre étude est accessible moyennant la somme de 10 euros. Une fois effectué le paiement sécurisé via paypal, vous aurez accès à cette suite. Cliquez ci-dessous :


--->



Hédy Sellami, eclairages.com.fr

éclairages mode d'emploi | édito | agenda | décors | flash-back | générique | gros plan | liens | Glossaire

Plus de 1 400 liens cinéma !

Plus de 1 400 liens cinéma !


Eclairages est, à notre connaissance, le seul support à répertorier un aussi grand nombre de sites consacrés au septième art, qui plus est classés par thèmes, continents, pays, ordre alphabétique.













La banque Nemo, un film d'une brûlante actualité



Réalisé vers 1934, l'opus de Marguerite Viel retrace l'ascension sociale d'un arriviste qui ne recule devant aucune manoeuvre pour parvenir au sommet.

Ce n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre, mais il est au moins une scène qu'il faut voir, aujourd'hui en 2013, tant elle paraît d'actualité : le conseil des ministres (notre extrait). A l'époque, cette scène, qui montre ces messieurs sous leur jour véritable, aurait d'ailleurs été censurée, coupée.

Certains prétendront que nous sommes dans la caricature : au contraire, il nous paraît que nous sommes encore au-dessous de la réalité, de notre réalité.

Toute ressemblance avec des personnages et des faits existant aujourd'hui constitue, sans doute, une coïncidence ...

Il n'empêche que l'on croirait entendre parler d'affaires actuelles, récentes, quand, par exemple, le président du Conseil rappelle au ministre des colonies qu'il a concédé des terrains à l'affairiste alors que ses subordonnés le lui avaient déconseillé; ou lorsque la question est posée de savoir comment le banquier véreux peut être en possession de documents qui auraient dû rester entre les mains du même ministre ...

Frappants échos encore avec la situation actuelle quand on rappelle au président du Conseil qu'il a plaidé pour le banquier il y a six mois ...

Aura-t-on la cruauté de remarquer aussi combien est ressemblant ce personnage d'imbécile qui tient à son poste parce qu'il est ministre pour la première fois, et depuis si peu de temps, alors qu'il était député depuis quinze ans ...

Oui, tout cela ressemble horriblement à ce qu'aujourd'hui, nous vivons en pire ...







Alfred sur les traces d'Agatha ?

Alfred sur les traces d'Agatha ?

Eclairages vous présente une nouvelle étude sur Hitchcock. Intéressons-nous plus particulièrement à ses rapports avec une Anglaise célèbre ... "la reine du crime" ... Agatha Christie. Nous allons voir que plusieurs films du cinéaste présentent d'étranges ressemblances avec certains livres de sa compatriote.





Quand Kurosawa fait appel à Ravel







Le récit de la femme violentée dans 羅生門 (Rashomon) est accompagné d'une partition inspirée du célèbre Boléro.

Démonstration en images et en musique avec l'extrait du film et le final de l'opus ravélien.













Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu


Un journaliste qui, dans un "grand" support de presse, prétend analyser l'oeuvre d'Ozu, alors qu'un élément prouve, de façon incontestable, qu'il n'a pas vu le film dont il parle ? Eh oui ! Malheureusement, c'est possible ! Démonstration, avec preuve à l'appui.


Afin que personne ne crie à la citation tronquée et pour que le lecteur puisse juger sur pièce, nous reproduisons intégralement, en annexe, un article daté du 21/7/2005 et inséré dans la rubrique Culture et spectacles du Figaro, sous le titre Ozu, la compassion contre le moralisme.

L'auteur, un certain Bertrand Dicale, écrit avec emphase : "Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis".






Un journaliste au-dessus de tout soupçon


A lire ce paragraphe, les âmes candides ne peuvent douter que notre éminent spécialiste ait vu les oeuvres d'Ozu, singulièrement celles qu'il cite. Le contraire serait totalement incompatible avec son article.

Et puis, tout de même, ce monsieur est titulaire de la carte de presse !
Il a également publié au moins un livre; pas sur le cinéma, certes, mais sur madame Juliette Gréco. Car il serait l'un des meilleurs connaisseurs de la chanson française, si l'on se fie à sa réputation officielle. C'est donc, en principe, un esprit brillant, qui peut s'appliquer à différents domaines. Pensez ! Spécialiste et d'Ozu et de Juliette Gréco et de la chanson variété.
Avec cela, critique exigeant, selon ce que clame le site internet de la SACEM (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique).
Enfin, pour ne rien gâcher, il serait rédacteur en chef adjoint des pages spectacles du Figaro, l'un des plus grands journaux dont puisse s'enorgueillir l'inattaquable grande presse française, dont l'unique souci est de suer sang et eau pour remplir son sacro-saint devoir d'information, en toute indépendance et en toute honnêteté.


Comment un tel homme, investi d'une telle mission, pourrait-il n'être qu'un charlatan, un bonimenteur de foire entortillant le badaud à coups de grandes phrases pompeuses, un tartufe qui, la main sur le coeur, prend allègrement pour des imbéciles les innocents qui ont l'honneur de lui prêter l'oreille ?





Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

L'impossible imposture


Bien sûr qu'il connaît les films d'Ozu, et tous ! La preuve : il accumule les adverbes de temps tels que : toujours, parfois. N'écrit-il pas : "Le cinéaste semble toujours dubitatif" ? Et ne mentionne-t-il pas alors trois oeuvres qui corroborent ce "toujours" ? C'est donc qu'il les a vues, ces trois oeuvres ! Et que les trois confirment le "toujours". La formulation même : "Que l'héroïne ... que le jeune professeur ... que le héros adultère ..., Ozu conserve une distance" etc, cette formulation implique nécessairement que pas un de ces films n'infirme la règle; règle que notre subtil exégète ne peut avoir dégagée qu'après avoir visionné les films eux-mêmes, et particulièrement ces trois-là, puisqu'il les a retenus comme emblématiques.

"Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance" etc : encore une fois, comment pourrait-il conclure cela, comment oserait-il user de ce "toujours", à partir des trois opus qu'il a choisi de citer, s'il ne les connaissait pas ? De telles phrases impliquent nécessairement que monsieur Dicale soit familiarisé avec les oeuvres qu'il évoque. S'il ne l'était pas, non seulement ces phrases n'auraient aucune valeur; mais elles relèveraient de l'imposture pure et simple.





La preuve du délit


Malheureusement pour monsieur Bertrand Dicale, l'héroïne d'Une femme de Tokyo ne se prostitue pas pour payer les études de son fiancé; elle finance les études de son frère. Et aucune des personnes qui ont vu cette bande, ne peut s'y méprendre : car, que les deux personnages soient frère et soeur, est répété maintes fois au cours du film; et toute l'histoire met clairement en scène cette parenté; laquelle, à aucun moment, ne peut être confondue avec une relation fiancée/fiancé. Donc, qui a vu le film, sait obligatoirement que le garçon est le frère; cela ne peut pas échapper au spectateur, qui ne peut pas non plus l'oublier.

Par contre, l'énorme erreur de monsieur Dicale s'élucide si l'on songe qu'elle figure dans les documents promotionnels qui accompagnent la sortie de l'oeuvre. Ainsi, par exemple, à l'entrée du Champo - salle qui programme Ozu - une feuille mise à disposition du public, annonce ceci : "Une jeune femme se prostitue pour payer les études de son fiancé". C'est presque exactement la phrase que l'on peut lire dans l'article de monsieur Dicale, où jeune femme est juste remplacé par héroïne ... Ce que c'est qu'un critique exigeant ...

Pas de veine, tout de même, ce monsieur Dicale. Il a trouvé le moyen d'étayer sa démonstration précisément avec le film qu'il ne fallait pas * ! On serait tenté d'accuser la maladresse, s'il ne fallait plutôt invoquer la malchance : car, pour être maladroit, il eût fallu que monsieur Dicale sût que les prospectus se trompaient dans leur résumé d' Une femme de Tokyo; et, pour le savoir, il eût fallu voir le film.

Au surplus, il n'est même pas certain que l'héroïne se prostitue, comme l'affirment les documents promotionnels et, à leur suite, monsieur Dicale. Certes, la demoiselle travaille dans un bar; certes, à un moment, elle monte dans une voiture avec un client du bar; mais, cela signifie-t-il vraiment qu'elle vende son corps ? On pourrait d'autant plus en douter que, selon les intertitres français, elle reproche à son frère de prendre trop au tragique le métier qu'elle exerce. Pourrait-elle considérer qu'un frère prenne trop au tragique la prostitution de sa soeur ? C'est peu vraisemblable. Le reproche qu'elle adresse à son frère, s'expliquerait mieux si elle n'était que vaguement hôtesse sans aller jusqu'à la prostitution.
Mais, ce sont là questions de détail que seul peut se poser un maniaque comme nous, qui poussons l'obsession jusqu'à aller voir les films avant d'en parler, et jusqu'à tenter de les comprendre. Un grand critique de la grande presse ne descend pas à de telles futilités : quand on a la science infuse, on connaît à fond son cinéaste, avec une certitude infaillible et comme innée qui dispense d'en fréquenter les oeuvres ...


* PS ajouté le 2/9/2008 : inutile de le préciser : rien ne prouve que monsieur Dicale connaisse davantage les autres films d'Ozu dont il parle.

Notre édito a été mis en ligne en 2005 à l'occasion d'un cycle Ozu au cinéma Le Champo, à Paris. Nous ignorons si le grand critique nommé Dicale est toujours au Figaro.







L'article de monsieur Dicale dans Le Figaro


Ozu, la compassion contre le moralisme
Bertrand Dicale
21 juillet 2005

Le Japon ? Il n'y a pas que ça dans les films d'Ozu. Avec ses intérieurs de bambou et de papier huilé, ses repas aux rites discrets mais inflexibles, ses gestes si facilement énigmatiques, on pourrait les regarder comme des documents bruts, comme une plongée objective dans une réalité sociale et culturelle. D'ailleurs, les personnages ne semblent parfois animés que par un surmoi impérieux, par des conventions et des sacrifices qui font s'effacer tout ce que nous appelons, dans notre Europe, le coeur et même l'âme.

Mais il y a autre chose que le Japon, sa morale et ses normes, même dans Il était un père, film des années 40 inédit en France et présenté pour la première fois cet été, autre chose encore dans chacun des 14 longs-métrages classiques de la rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui. Cet autre chose, c'est l'intimité, la familiarité de Yasujiro Ozu avec le drame. Sa génération de Japonais a connu des cataclysmes historiques (sa carrière sera interrompue par plusieurs années à l'armée, jusqu'en 1941, alors que son pays plonge dans une guerre suicidaire), mais ils apparaissent à peine dans ses films.

Ce qui l'intéresse, ce sont les plus intimes, les plus douces, les mieux intentionnées des injustices – celles de la famille, celles de la vertu. Il n'est qu'à observer le regard tendre mais un peu sec de son acteur fétiche, Chishu Ryu, lorsque, dans Il était un père, il refuse avec la plus vive énergie que son fils quitte son poste de professeur dans une petite ville de province pour venir vivre avec lui à Tokyo. Veuf, il est séparé de son fils unique depuis les années de collège de celui-ci, mais peu importe : chacun doit accomplir son devoir, à sa place et dans sa position, malgré l'amour, malgré le manque, malgré l'élan toujours sensible de la liberté. Il est écrit que ce père et ce fils doivent vivre loin de l'autre, avec seulement des souvenirs et des attentions lointaines, et il n'est pas question qu'ils échappent, l'un comme l'autre, à ce devoir-là.

Ce regard de Chishu Ryu dans cette scène d'Il était un père, droit mais sans colère, on le retrouve dans les remontrances finalement indulgentes du vieux père à ses très jeunes enfants dans Bonjour (1959), dans les réflexions du conservateur un peu perdu devant la jeunesse dans Eté précoce (1951)... Une colère éternellement d'un autre temps, mélange d'étonnement et de rigueur, de bienveillance et de moralisme. Les exégètes voient en Chishu Ryu plus qu'un porte-parole d'Ozu dans ses films : il est une manière de porte-âme, un double sans masque. Et c'est lui qui, à l'écran, apparaît à la fois comme un gardien de l'ordre et un coeur doux, comme un pater familias roide dans ses certitudes et un homme toujours un peu perdu devant la vie. Alcoolique infiniment digne dans Le Goût du saké (1962), homme mûr perdu dans les liens emmêlés de sa vie dans Crépuscule à Tokyo (1957), Chishu Ryu ressemble à Yasujiro Ozu, le fils jamais marié qui sera anéanti par la mort de sa mère.

La rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui traverse l'oeuvre d'Ozu à travers le prisme des conflits intérieurs, des cas de conscience, des hésitations morales. Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis. Beaucoup plus loin que le Japon, il montre l'humain.




26 de nos 311 extraits de films

Répertoire des films noirs américains



Eclairages met en ligne un répertoire des films noirs américains, classés par compagnie cinématographique et par ordre alphabétique.

Pour chaque film, le générique, le résumé, des photogrammes et un ou plusieurs extraits.

Le répertoire sera progressivement enrichi.









Paramount


RKO


Twentieth Century Fox


Universal