Hédy Sellami présente

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Extraits à venir sur Eclairages



Parmi les films dont nous mettrons des séquences en ligne prochainement :

L'éternel retour, de Cocteau et Delannoy

Les mondes futurs, sur un scénario de HG Wells

Coeurs en lutte, de Fritz Lang

Le village du péché, d'Iwan Prawow et Olga Preobrashenskaja

Othello, d'Orson Welles

Le chevalier à la rose, de Robert Wiene

The dragon painter, avec Sessue Hayakawa






Du Criminel aux Portes de la nuit

Du Criminel aux Portes de la nuit


Eclairages vous propose une sélection de séances, avec aussi Jean Renoir; Ingmar Bergman; Henri Decoin; L'année 1917; L'insoumis; La nuit au cinéma; aspects du cinéma italien; ou encore des films soviétiques.

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Pour la diffusion de films muets à la télévision publique


Quoi qu'en disent certains, la connaissance et la publication des films muets restent faibles, fragmentaires.

C'est particulièrement le cas des films français.

Voici qui est tout de même stupéfiant : on ne peut trouver en DVD qu'une infime minorité des oeuvres les plus marquantes signées par les cinéastes les plus célèbres : Gance, Dulac, L'Herbier, Antoine, Epstein (1) ...

Il faut parfois chercher chez des éditeurs étrangers pour dénicher une oeuvre !

Et ne parlons pas des réalisateurs davantage négligés encore : les Roussel, les Kemm, les Lion, les Hervil, les Poirier ...

N'est-il pas pour le moins étrange que ces cinégraphistes soient littéralement interdits d'antenne dans leur propre pays ?

Pour ne citer que ce seul exemple, combien de films signés Baroncelli la télévision française a-t-elle diffusés depuis qu'elle existe ?

Il ne serait pas scandaleux qu'une chaîne publique projette, ne serait-ce qu'une fois par mois, un film français muet.

Cela n'apparaîtrait tout de même pas disproportionné par rapport au nombre de gens intéressés, certes faible.

France 5 diffusant déjà des documentaires, France 3 le Cinéma de minuit, France 2 (irrégulièrement et très tard) le Ciné-club, France 4 pourrait être tenue de respecter ce minimum que l'on serait en droit d'attendre du service public.


(Notre illustration : Monte-Cristo (1929) de Fescourt : le crime dans l'auberge).




(1) ajouté le 29 mai 2014 : Epstein fait maintenant l'objet d'une édition en dvd.


Grands journalistes ou grands ignares ?

Grands journalistes ou grands ignares ?


Madame La Très Grande Journaliste Anne Sinclair, Directrice Editoriale du Bluffington Post, commence l'un de Ses éditos par : "L'homme qui en savait trop est un mauvais film d'Alfred Hitchcock".

Que Sa Majesté permette à mon humble personne d'apporter quelques précisions. J'espère que Son Altesse La Dominante n'en voudra pas trop au dominé que je suis ...

Il existe deux versions de The man who knew too much, l'une réalisée vers 1934, l'autre réalisée vers 1956.

Sainte Anne l'ignorant, Elle n'a pas précisé à quelle version Elle se réfère.

L'opus de 1934 n'est pas si mauvais.

Certes, celui de 1956 n'est pas le meilleur Hitchcock, loin s'en faut ...

Mais, si j'osais prétendre apprendre quoi que ce soit à Sa Sainteté, je Lui signalerais que cette version de 1956 comporte l'une des scènes les plus formidables qu'ait signées le maître : le fameux concert au cours duquel le meurtre doit être commis (notre extrait).

Qu'importe, après tout ! Que cela n'empêche pas Sa Royauté d'expédier le film comme Elle le fait ...

Je m'excuse d'avoir été si outrecuidant envers Ma Supérieure.

D'autant qu'Elle n'est pas la seule vedette du journalisme à étaler Son ignorance avec une telle insouciance.

Un jour, à la radio, j'entendais Le Pape Jean-François Kahn. Il lâcha quelque chose du genre : "Le film Little Cesar, avec ce gangster joué par James Cagney".

Il aurait dû mieux préparer Son topo, ou mieux choisir Ses nègres. Little Cesar a pour acteur principal ... Edward G. Robinson, et non James Cagney.

J'espère que Son Excellence ne m'en voudra pas d'avoir osé relever Son erreur. Où va-t-on si les serviteurs tels que moi, ceux que Monsieur Kahn appellerait les boniches, se mettent à jouer les professeurs ?





Deux partitions pour une grève



Стачка (La grève, 1925) d'Eisenstein, peut être visionné en deux copies, avec deux musiques différentes.

L'une (ci-dessus) a été composée récemment par Pierre Jodlowski pour la cinémathèque de Toulouse. L'autre (ci-dessous) est constituée de morceaux signés Chostakovitch pour une restauration soviétique de 1969.

C'est l'occasion de constater à quel point l'accompagnement sonore d'un film muet en modifie la perception.






Le Louvre rend la parole au muet

Evénement exceptionnel à l'auditorium du Louvre, du 10 au 20 juin 2004, sous le titre "Du muet au parlant, expérimentations sonores au cinéma". L'on put notamment assister à des projections de films muets sonorisés en direct, comme à l'époque de leur sortie. Au programme aussi, les innovations sonores tentées par les avant-gardes.
Vous trouverez ci-dessous le calendrier des séances, avec, notamment, pour certains films, quelques indications quant à leur contenu.



Jeudi 10 juin à 20h30

Affiche du film The jazz singer

The jazz singer (Le chanteur de jazz), d'Alan Crosland
USA. 1927. 90 minutes. Avec Al Jolson.

Film présenté par Réal La Rochelle, université de Montréal


Vendredi 11 juin à 20h30


Du nickelodéon au Vitaphone

Le pianiste Rick Altman a fait revivre l'époque du nickelodéon. Dans cette séance, c'est le musicien qui a pour fonction d'ajouter du son au film muet, avec son instrument et sa voix

Au cours de cette soirée, furent notamment montrées des espèces de plaques coloriées. Celles-ci illustrent une histoire qui est en quelque sorte racontée par la chanson que le pianiste entonne en même temps. Chanson dont le refrain doit être repris en choeur par le public.

Ce genre semble entretenir des rapports à la fois avec la chanson, bien sûr, le roman-photo, le mélodrame, pour ne citer que cela.

Il y avait certainement aussi un côté publicité : par exemple, l'un des scénarios mettait en avant le rôle du téléphone, comme s'il s'agissait d'inciter les gens à l'utiliser (une jeune fille téléphonait à son amoureux afin qu'il la rejoigne pendant l'absence des parents). Un autre paraissait vanter tel bateau, peut-être même telle compagnie. L'on dirait qu'il s'agissait de promouvoir les nouveaux moyens de communication, de les populariser, d'en assurer la diffusion.

De courtes bandes ont également été projetées, toujours avec accompagnement chanson/piano; entre autres,

Everybody works but father : dans une famille de Noirs, tout le monde met la main à la pâte pendant que le père passe son temps à se balancer sur sa chaise

Everybody works but mother : cette fois, c'est la mère qui fait travailler le mari et lui en impose

Samedi 12 juin : colloque en journée


Avec, notamment, des interventions sur l'orgue de cinéma en France, ou encore sur les ciné-déclamateurs russes dans les années 10

Samedi 12 juin à 20h30


films muets rares bruités et sonorisés en direct, comme jadis

L'on put voir :

* de courtes bandes muettes projetées selon la méthode des ciné-déclamateurs russes : cachés derrière l'écran, des acteurs disent les dialogues et un bruiteur fait entendre, par exemple, le bruit d'une porte qui claque. Le spectacle est donc sonore et parlant. Les films étaient :

- Un baiser chèrement payé, de A. Arbo, 1911 : une femme en veut à son mari parce qu'il ne gagne que 35 roubles par mois; ce soir-là, ils ont des invités; horrible malentendu : la femme prend pour un domestique le supérieur hiérarchique de son époux ...

- Boris Godounov, de A. Arbo, 1911 : d'après un passage de l'oeuvre célèbre du même nom; deux ecclésiastiques discutent de la retraite loin du monde, de l'Histoire de la Russie

- Une belle femme ou La baigneuse, de A. Arbo, 1912 : un étudiant observe une baigneuse nue avec des jumelles; un homme mûr veut en profiter aussi
Film dont ne reste que le début

Puis, fut projeté un film muet de Jean Durand, Onésime employé des postes, 1912 : Onésime, qui travaille à la Poste, donne une lettre à une dame dont il est épris. Le mari s'en aperçoit. Il débarque au bureau de poste pour régler son compte à Onésime. Les meubles s'effondrent, se fracassent ... en direct, une bruiteuse reproduisait les sons provoqués par toute cette casse. De plus, un monsieur actionnait une machine à bruits (appareil qui peut reproduire les bruits de vaisselle cassée, porte qui grince, locomotive qui démarre, sirène de pompiers, voiture qui roule etc)

Ensuite, ce furent des pièces et chansons de Georges Lordier.
Entre autres, Le père la Victoire, 1917, chanson "patriotique"; Quand Madelon, 1917, autre bande "patriotique", où il est question d'une serveuse d'auberge taquinée par des soldats. Le principe était toujours le même au cours de cette soirée : des acteurs chantaient en direct comme si ces chants émanaient des personnages du film

Après cela, ce furent des bandes de Georges Mendel, dont La Marseillaise, toujours chantée en direct par des acteurs placés derrière l'écran

Enfin, la soirée se terminait par des "Impressions cinégraphiques" de Germaine Dulac : le principe de ce genre était de projeter un film et, en synchronie, de passer un disque. Ce soir-là, certaines musiques étaient enregistrées sur cd, mais d'autres furent entendues dans les conditions d'époque, avec phonographes et 78 tours.
Ces "Impressions cinégraphiques", elles aussi, paraissent destinées en partie à promotionner les nouvelles inventions telles que, justement, le phonographe (ainsi que le disque ... et la marque Columbia). Ainsi, un intertitre dit que le phonographe favorise les idylles (on voit un garçon qui courtise une jeune fille en mettant un 78 tours)

Parmi ces "impressions cinégraphiques", Rêve sur le faubourg, avec une belle mélodie de Reynaldo Hahn, L'heure exquise.

Dimanche 13 juin en journée : colloque L'oral et l'écrit


Avec, entre autres, des interventions sur les bonimenteurs, ou encore sur la restauration du son au cinéma

Dimanche 13 juin à 20h30


films rares projetés en synchronisme avec un phonographe : films Baron, photo-scènes Gaumont, premières expériences de son optique etc

L'on put voir notamment :

un Cyrano de Bergerac, phono-cinéma-théâtre de Clément Maurice

Des phono-scènes de Léon Gaumont, qui paraissent tenir de l'expérimentation, de l'essai, en vue de mettre au point le cinéma parlant :
Coq dressé, 1902 : un coq est sur un perchoir devant l'écran et pousse régulièrement son cocorico
Fumeur d'opium, 1905 : dans une fumerie d'opium, un homme chante la perte de sa bien-aimée ("Non, tu n'es pas Ninon")
Les cris de Paris, 1907 : des représentants de différents petits métiers passent devant la caméra et poussent leur boniment (un rémouleur, un vendeur de légumes, un laveur de vitres etc)
Ce que c'est qu'un drapeau, 1909 : un chanteur vante le drapeau; chanson apparemment militariste

Scène ciné-phonographique de Pathé :
Communication téléphonique, 1904 : l'on voit un homme qui parle avec une opératrice téléphonique; il semble avoir du mal à obtenir la communication

Système allemand cinéphon :
Caruso chante un air de Rigoletto

Système danois Petersen-Poulsen :
présentation du système par un "baratineur" puis chanson d'amour interprétée par un artiste avec une sorte de guitare danoise

Système vitaphone, USA

Système movietone, USA

Enfin, l'on put voir un extrait d'un film français récemment restauré par les Archives du film : L'eau du Nil, 1928, de M. Vandal. Ce serait le premier film français sonore découvert à ce jour. Il semble que cela parle d'une amourette entre un monsieur et une femme qui se perd dans la vie mondaine. Par hasard, sur un paquebot, l'homme apprend qu'au Caire, la dame fréquente un individu sans savoir qu'il est louche et dangereux. Notre homme décide de rejoindre Le Caire pour sauver l'inconsciente


Enfin, Rêve sur le faubourg, impression cinégraphique de Germaine Dulac, fut de nouveau projeté, en clôture de séance

Lundi 14 juin à 20h30


Odna (Seule), de Kozintsev et Trauberg
URSS. 1931. 80 minutes.

Musique : Dimitri Chostakovitch

Séance présentée par Valérie Pozner, CNRS

Jeudi 17 juin à 20h30


Applause, de Rouben Mamoulian
USA. 1928. 85 minutes.

Séance présentée par Pierre Berthomieu, université Paris I

L'histoire d'une danseuse de music-hall, dont la fille voudrait fuir ce milieu

Vendredi 18 juin à 18h30


Documents filmés datant des débuts du sonore et mettant en scène des vedettes du classique, du jazz, de la variété

Séance présentée par Christian Labrande

Innovations sonores et avant-gardes cinématographiques


Vendredi 18 juin à 20h30 : soirée Honegger et le cinéma


Pacific 231, de Mikhail Tsekhanovski
URSS. 1931. 12 minutes.

Musique : Arthur Honegger

L'idée, de Berthold Bartosch
France. 1934. 28 minutes.

Musique : Arthur Honegger

Rapt, de Dimitri Kirsanoff
France. 102 minutes.

Musique : Arthur Honegger et Arthur Hoérée

Séance présentée par Philippe Langlois

Samedi 19 juin à 11 heures : symphonies visuelles


La marche des machines, d'Eugène Deslaw
France. 1928. 9 minutes.

Philips radio, de Joris Ivens
Hollande. 1931. 35 minutes.
Musique : Lou Lichtveld

Melodie der welt, de Walther Ruttmann
Allemagne. 1928. 50 minutes.
Musique : Wolfgang Zeller

Séance présentée par Patrick de Haas, université Paris I

Samedi 19 juin à 14h30 : le son dans le documentaire anglais des années 30


Song of Ceylon, de Basil Wright et Harry Watt
1934. 40 minutes.
Musique : Walter Leigh

Night mail, de Basil Wright et Harry Watt
1936. 20 minutes.
Musique : Benjamin Britten

Coal face, d'Alberto Cavalcanti
1936. 12 minutes.
Musique : Benjamin Britten

Séance présentée par Elisabeth de Cacqueray, université Toulouse Le Mirail

Samedi 19 juin à 16h30 : Hanns Eisler et le cinéma


Films dont Hanns Eisler a composé la musique

Opus III, de Walther Ruttmann
Allemagne. 1924. 4 minutes.

Nouvelle terre, de Joris Ivens
Hollande. 1933. 30 minutes.

Komsomol, de Joris Ivens
URSS. 1932. 50 minutes.

Séance présentée par Laurent Guido, université de Lausanne

Samedi 19 juin à 18h30 : pionniers de la synthèse optique


films de Rudolf Pfenninger, Norman Mac Laren, Oskar Fischinger, John et James Whitney, Yevgeny Cholpo, Konstantin Voinov

Séance présentée par Philippe Langlois, université Paris IV

La synthèse optique consiste à dessiner sur la pellicule ce qui, à la projection, sera la bande sonore. Il s'agit donc de sons synthétiques.

Samedi 19 juin à 20h30 : Dziga Vertov et l'invention sonore


Enthousiasme, ou la symphonie du Donbass
URSS. 1930. 68 minutes.

Séance présentée par Oksana Boulgakova, université de Stanford

Dimanche 20 juin à 11 heures : expériences sonores et films expérimentaux


Ballet mécanique, de Fernand Léger
France. 1924. 18 minutes.
Musique :George Antheil

Week-end, de Walther Ruttmann
Allemagne. 1930. 12 minutes.

Lot in Sodom, de Melville Webber et James Watson
USA. 1930. 25 minutes.

Magyar triangulum, de Sandor Laszlo
Hongrie. 1937. 20 minutes.
Musique : Franz Liszt et Sandor Laszlo

Chromophonie, de Charles Blanc-Gatti
Suisse. 1939. 10 minutes

Séance présentée par Yann Beauvais

Dimanche 20 juin à 14h30 : sonorisation de l'âge d'or

L'âge d'or

L'âge d'or, de Luis Bunuel
Espagne. 1930. 67 minutes.

Séance présentée par Suzanne Shigihara, musicologue

Dimanche 20 juin à 16 heures: table ronde


Le cinéma d'avant-garde : un laboratoire des techniques électro-acoustiques


Hédy Sellami, eclairages.com.fr

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Plus de 1 400 liens cinéma !

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Eclairages est, à notre connaissance, le seul support à répertorier un aussi grand nombre de sites consacrés au septième art, qui plus est classés par thèmes, continents, pays, ordre alphabétique.













La banque Nemo, un film d'une brûlante actualité



Réalisé vers 1934, l'opus de Marguerite Viel retrace l'ascension sociale d'un arriviste qui ne recule devant aucune manoeuvre pour parvenir au sommet.

Ce n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre, mais il est au moins une scène qu'il faut voir, aujourd'hui en 2013, tant elle paraît d'actualité : le conseil des ministres (notre extrait). A l'époque, cette scène, qui montre ces messieurs sous leur jour véritable, aurait d'ailleurs été censurée, coupée.

Certains prétendront que nous sommes dans la caricature : au contraire, il nous paraît que nous sommes encore au-dessous de la réalité, de notre réalité.

Toute ressemblance avec des personnages et des faits existant aujourd'hui constitue, sans doute, une coïncidence ...

Il n'empêche que l'on croirait entendre parler d'affaires actuelles, récentes, quand, par exemple, le président du Conseil rappelle au ministre des colonies qu'il a concédé des terrains à l'affairiste alors que ses subordonnés le lui avaient déconseillé; ou lorsque la question est posée de savoir comment le banquier véreux peut être en possession de documents qui auraient dû rester entre les mains du même ministre ...

Frappants échos encore avec la situation actuelle quand on rappelle au président du Conseil qu'il a plaidé pour le banquier il y a six mois ...

Aura-t-on la cruauté de remarquer aussi combien est ressemblant ce personnage d'imbécile qui tient à son poste parce qu'il est ministre pour la première fois, et depuis si peu de temps, alors qu'il était député depuis quinze ans ...

Oui, tout cela ressemble horriblement à ce qu'aujourd'hui, nous vivons en pire ...







Alfred sur les traces d'Agatha ?

Alfred sur les traces d'Agatha ?

Eclairages vous présente une nouvelle étude sur Hitchcock. Intéressons-nous plus particulièrement à ses rapports avec une Anglaise célèbre ... "la reine du crime" ... Agatha Christie. Nous allons voir que plusieurs films du cinéaste présentent d'étranges ressemblances avec certains livres de sa compatriote.





Quand Kurosawa fait appel à Ravel







Le récit de la femme violentée dans 羅生門 (Rashomon) est accompagné d'une partition inspirée du célèbre Boléro.

Démonstration en images et en musique avec l'extrait du film et le final de l'opus ravélien.











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Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu


Un journaliste qui, dans un "grand" support de presse, prétend analyser l'oeuvre d'Ozu, alors qu'un élément prouve, de façon incontestable, qu'il n'a pas vu le film dont il parle ? Eh oui ! Malheureusement, c'est possible ! Démonstration, avec preuve à l'appui.


Afin que personne ne crie à la citation tronquée et pour que le lecteur puisse juger sur pièce, nous reproduisons intégralement, en annexe, un article daté du 21/7/2005 et inséré dans la rubrique Culture et spectacles du Figaro, sous le titre Ozu, la compassion contre le moralisme.

L'auteur, un certain Bertrand Dicale, écrit avec emphase : "Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis".






Un journaliste au-dessus de tout soupçon


A lire ce paragraphe, les âmes candides ne peuvent douter que notre éminent spécialiste ait vu les oeuvres d'Ozu, singulièrement celles qu'il cite. Le contraire serait totalement incompatible avec son article.

Et puis, tout de même, ce monsieur est titulaire de la carte de presse !
Il a également publié au moins un livre; pas sur le cinéma, certes, mais sur madame Juliette Gréco. Car il serait l'un des meilleurs connaisseurs de la chanson française, si l'on se fie à sa réputation officielle. C'est donc, en principe, un esprit brillant, qui peut s'appliquer à différents domaines. Pensez ! Spécialiste et d'Ozu et de Juliette Gréco et de la chanson variété.
Avec cela, critique exigeant, selon ce que clame le site internet de la SACEM (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique).
Enfin, pour ne rien gâcher, il serait rédacteur en chef adjoint des pages spectacles du Figaro, l'un des plus grands journaux dont puisse s'enorgueillir l'inattaquable grande presse française, dont l'unique souci est de suer sang et eau pour remplir son sacro-saint devoir d'information, en toute indépendance et en toute honnêteté.


Comment un tel homme, investi d'une telle mission, pourrait-il n'être qu'un charlatan, un bonimenteur de foire entortillant le badaud à coups de grandes phrases pompeuses, un tartufe qui, la main sur le coeur, prend allègrement pour des imbéciles les innocents qui ont l'honneur de lui prêter l'oreille ?





Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

L'impossible imposture


Bien sûr qu'il connaît les films d'Ozu, et tous ! La preuve : il accumule les adverbes de temps tels que : toujours, parfois. N'écrit-il pas : "Le cinéaste semble toujours dubitatif" ? Et ne mentionne-t-il pas alors trois oeuvres qui corroborent ce "toujours" ? C'est donc qu'il les a vues, ces trois oeuvres ! Et que les trois confirment le "toujours". La formulation même : "Que l'héroïne ... que le jeune professeur ... que le héros adultère ..., Ozu conserve une distance" etc, cette formulation implique nécessairement que pas un de ces films n'infirme la règle; règle que notre subtil exégète ne peut avoir dégagée qu'après avoir visionné les films eux-mêmes, et particulièrement ces trois-là, puisqu'il les a retenus comme emblématiques.

"Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance" etc : encore une fois, comment pourrait-il conclure cela, comment oserait-il user de ce "toujours", à partir des trois opus qu'il a choisi de citer, s'il ne les connaissait pas ? De telles phrases impliquent nécessairement que monsieur Dicale soit familiarisé avec les oeuvres qu'il évoque. S'il ne l'était pas, non seulement ces phrases n'auraient aucune valeur; mais elles relèveraient de l'imposture pure et simple.





La preuve du délit


Malheureusement pour monsieur Bertrand Dicale, l'héroïne d'Une femme de Tokyo ne se prostitue pas pour payer les études de son fiancé; elle finance les études de son frère. Et aucune des personnes qui ont vu cette bande, ne peut s'y méprendre : car, que les deux personnages soient frère et soeur, est répété maintes fois au cours du film; et toute l'histoire met clairement en scène cette parenté; laquelle, à aucun moment, ne peut être confondue avec une relation fiancée/fiancé. Donc, qui a vu le film, sait obligatoirement que le garçon est le frère; cela ne peut pas échapper au spectateur, qui ne peut pas non plus l'oublier.

Par contre, l'énorme erreur de monsieur Dicale s'élucide si l'on songe qu'elle figure dans les documents promotionnels qui accompagnent la sortie de l'oeuvre. Ainsi, par exemple, à l'entrée du Champo - salle qui programme Ozu - une feuille mise à disposition du public, annonce ceci : "Une jeune femme se prostitue pour payer les études de son fiancé". C'est presque exactement la phrase que l'on peut lire dans l'article de monsieur Dicale, où jeune femme est juste remplacé par héroïne ... Ce que c'est qu'un critique exigeant ...

Pas de veine, tout de même, ce monsieur Dicale. Il a trouvé le moyen d'étayer sa démonstration précisément avec le film qu'il ne fallait pas * ! On serait tenté d'accuser la maladresse, s'il ne fallait plutôt invoquer la malchance : car, pour être maladroit, il eût fallu que monsieur Dicale sût que les prospectus se trompaient dans leur résumé d' Une femme de Tokyo; et, pour le savoir, il eût fallu voir le film.

Au surplus, il n'est même pas certain que l'héroïne se prostitue, comme l'affirment les documents promotionnels et, à leur suite, monsieur Dicale. Certes, la demoiselle travaille dans un bar; certes, à un moment, elle monte dans une voiture avec un client du bar; mais, cela signifie-t-il vraiment qu'elle vende son corps ? On pourrait d'autant plus en douter que, selon les intertitres français, elle reproche à son frère de prendre trop au tragique le métier qu'elle exerce. Pourrait-elle considérer qu'un frère prenne trop au tragique la prostitution de sa soeur ? C'est peu vraisemblable. Le reproche qu'elle adresse à son frère, s'expliquerait mieux si elle n'était que vaguement hôtesse sans aller jusqu'à la prostitution.
Mais, ce sont là questions de détail que seul peut se poser un maniaque comme nous, qui poussons l'obsession jusqu'à aller voir les films avant d'en parler, et jusqu'à tenter de les comprendre. Un grand critique de la grande presse ne descend pas à de telles futilités : quand on a la science infuse, on connaît à fond son cinéaste, avec une certitude infaillible et comme innée qui dispense d'en fréquenter les oeuvres ...


* PS ajouté le 2/9/2008 : inutile de le préciser : rien ne prouve que monsieur Dicale connaisse davantage les autres films d'Ozu dont il parle.

Notre édito a été mis en ligne en 2005 à l'occasion d'un cycle Ozu au cinéma Le Champo, à Paris. Nous ignorons si le grand critique nommé Dicale est toujours au Figaro.







L'article de monsieur Dicale dans Le Figaro


Ozu, la compassion contre le moralisme
Bertrand Dicale
21 juillet 2005

Le Japon ? Il n'y a pas que ça dans les films d'Ozu. Avec ses intérieurs de bambou et de papier huilé, ses repas aux rites discrets mais inflexibles, ses gestes si facilement énigmatiques, on pourrait les regarder comme des documents bruts, comme une plongée objective dans une réalité sociale et culturelle. D'ailleurs, les personnages ne semblent parfois animés que par un surmoi impérieux, par des conventions et des sacrifices qui font s'effacer tout ce que nous appelons, dans notre Europe, le coeur et même l'âme.

Mais il y a autre chose que le Japon, sa morale et ses normes, même dans Il était un père, film des années 40 inédit en France et présenté pour la première fois cet été, autre chose encore dans chacun des 14 longs-métrages classiques de la rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui. Cet autre chose, c'est l'intimité, la familiarité de Yasujiro Ozu avec le drame. Sa génération de Japonais a connu des cataclysmes historiques (sa carrière sera interrompue par plusieurs années à l'armée, jusqu'en 1941, alors que son pays plonge dans une guerre suicidaire), mais ils apparaissent à peine dans ses films.

Ce qui l'intéresse, ce sont les plus intimes, les plus douces, les mieux intentionnées des injustices – celles de la famille, celles de la vertu. Il n'est qu'à observer le regard tendre mais un peu sec de son acteur fétiche, Chishu Ryu, lorsque, dans Il était un père, il refuse avec la plus vive énergie que son fils quitte son poste de professeur dans une petite ville de province pour venir vivre avec lui à Tokyo. Veuf, il est séparé de son fils unique depuis les années de collège de celui-ci, mais peu importe : chacun doit accomplir son devoir, à sa place et dans sa position, malgré l'amour, malgré le manque, malgré l'élan toujours sensible de la liberté. Il est écrit que ce père et ce fils doivent vivre loin de l'autre, avec seulement des souvenirs et des attentions lointaines, et il n'est pas question qu'ils échappent, l'un comme l'autre, à ce devoir-là.

Ce regard de Chishu Ryu dans cette scène d'Il était un père, droit mais sans colère, on le retrouve dans les remontrances finalement indulgentes du vieux père à ses très jeunes enfants dans Bonjour (1959), dans les réflexions du conservateur un peu perdu devant la jeunesse dans Eté précoce (1951)... Une colère éternellement d'un autre temps, mélange d'étonnement et de rigueur, de bienveillance et de moralisme. Les exégètes voient en Chishu Ryu plus qu'un porte-parole d'Ozu dans ses films : il est une manière de porte-âme, un double sans masque. Et c'est lui qui, à l'écran, apparaît à la fois comme un gardien de l'ordre et un coeur doux, comme un pater familias roide dans ses certitudes et un homme toujours un peu perdu devant la vie. Alcoolique infiniment digne dans Le Goût du saké (1962), homme mûr perdu dans les liens emmêlés de sa vie dans Crépuscule à Tokyo (1957), Chishu Ryu ressemble à Yasujiro Ozu, le fils jamais marié qui sera anéanti par la mort de sa mère.

La rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui traverse l'oeuvre d'Ozu à travers le prisme des conflits intérieurs, des cas de conscience, des hésitations morales. Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis. Beaucoup plus loin que le Japon, il montre l'humain.




20 de nos 266 extraits de films

Répertoire des films noirs américains



Eclairages met en ligne un répertoire des films noirs américains, classés par compagnie cinématographique et par ordre alphabétique.

Pour chaque film, le générique, le résumé, des photogrammes et un ou plusieurs extraits.

Le répertoire sera progressivement enrichi.









Paramount


RKO


Twentieth Century Fox


Universal