Extraits à venir sur Eclairages
Parmi les films dont nous mettrons des séquences en ligne prochainement :
L'éternel retour, de Cocteau et Delannoy
Les mondes futurs, sur un scénario de HG Wells
Coeurs en lutte, de Fritz Lang
Le village du péché, d'Iwan Prawow et Olga Preobrashenskaja
Othello, d'Orson Welles
Le chevalier à la rose, de Robert Wiene
The dragon painter, avec Sessue Hayakawa
De Toni à Jane Eyre
Eclairages vous propose une sélection de séances, avec aussi Nerven; Le golem; des films belges surréalistes; La jeune fille au carton à chapeau; Le cabinet du docteur Caligari; Aelita; des films de Jean Comandon; et Pêcheur d'Islande en ciné-concerts; un festival Marcel Pagnol; une rétrospective consacrée à la Nordisk; ou encore une programmation Irving Thalberg.
Cliquez ICI
Eclairages, bibliothèque en ligne
Eclairages possède certainement l'une des collections les plus intéressantes pour ce qui concerne le cinéma (1). Certains de nos documents ont près d'un siècle (2). Le plus souvent en bon état, ils peuvent parfois, cependant, être relativement usés. Il est d'autant plus urgent de les préserver, tout du moins d'en garder une trace. Aussi avons-nous décidé de les numériser intégralement. Ils seront publiés progressivement (3).
(1) ce thème n'étant qu'une partie infime de notre caverne d'Ali Baba, laquelle comprend aussi toutes sortes de revues et livres anciens ne portant pas sur le septième art, de même que des tableaux, dessins et gravures.
(2) Au jour où nous écrivons, le plus vieux date de 1912. Nous possédons également des films sur leurs supports d'origine et étudions la possibilité de les mettre en ligne.
(3) Nous n'accepterons pas que l'on nous vole notre travail : toute personne a le droit de citer les articles publiés sur Eclairages, avec le nom de son créateur. Par contre, les gens qui copieront nos études ou reproduiront nos documents seront traînés en correctionnelle.
Faut-il "accompagner" les films muets en musique ?
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Pierre Fresnay (1897/1975)
Pierre Fresnay naît le 4 avril 1897 à Paris.
Il mènera de front ses carrières théâtrale et cinématographique. Parmi ses rôles les plus importants à l'écran : Marius chez Pagnol. Le capitaine Georges Carrère dans Mademoiselle Docteur, de Pabst. Boëldieu dans La grande illusion, de Renoir. Avec Clouzot, l'inspecteur Wens dans L'assassin habite au 21; puis le docteur Germain dans Le corbeau. Citons encore le peintre Roland Brissot dans La main du diable ou saint Vincent de Paul dans Monsieur Vincent.
Pierre Fresnay meurt le 9 janvier 1975.
Vous trouverez ci-dessous la liste des films de cinéma dans lesquels il est apparu. Nous n'avons pas mentionné les téléfilms.
Quand des noms apparaissent en bleu, ce sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer.
Cette filmographie a été enrichie :
le 6 septembre 2009 avec un extrait du film Un grand patron
le 9 septembre 2007 avec le générique de L'homme qui en savait trop (version anglaise).
1915
Quand même, de Henri Fescourt et Henri Pouctal
France d'abord, de Henri Pouctal
Fresnay est un soldat
1920
L'essor, de Charles Burguet
Il s'agirait d'un film à épisodes
1922
La bâillonnée, de Charles Burguet
Il s'agirait d'un film à épisodes, où Fresnay serait Raymond Mégret
Les mystères de Paris, de Charles Burguet
Fresnay est François Germain, un clerc de notaire
Le diamant noir, d'André Hugon
Fresnay est Bouvier
1923
Le petit Jacques, de Georges Lannes et Georges Raulet
1924
Les premières armes de Rocambole, de Charles Maudru et Maurice de Marsan
Avec :
Mary Harald
1928
La vierge folle, de Luitz-Morat
Dernier film muet de Fresnay
1930
ça aussi, c'est Paris, d'Antoine Mourre
Premier film parlant pour Fresnay
1931
Marius, d'Alexandre Korda
Fresnay est Marius. Il est le fils du cafetier César, qui a son commerce sur la canebière. Marius est aimé de Fanny, mais il se sent irrésistiblement attiré par le large et ne rêve que de partir au loin, sur un bateau.
Avec :
Raimu : César, le père de Marius
Orane Demazis : Fanny, qui aime Marius
Fernand Charpin : Honoré Panisse
Edouard Delmont : Le Goélec
Alida Rouffe : Honorine Cabanis
Paul Dullac : Félix Escartefigue
Alexandre Mihalesco : Piquoiseau
Milly Mathis : Claudine Foulon
Robert Vattier : Albert Brun
1932
Fanny, de Marc Allégret
Suite de Marius. Marius est finalement parti sur un navire. Il ignore que Fanny est enceinte de lui. Panisse, beaucoup plus âgé qu'elle, l'épouse et devient ainsi le père du petit Césarion. Un jour, Marius revient et prétend enlever Césarion à Panisse. Mais César use de toute son autorité pour que Marius reparte en mer.
1933
Ame de clown, de Marc Didier et Yvan Noé
Fresnay est le clown Jack
1934
The man who knew too much (L'homme qui en savait trop), d'Alfred Hitchcock
Gaumont British Picture Corpn. LTD
Presents (présente)
Leslie Banks and Edna Best (Leslie Banks et Edna Best)
'THE MAN WHO KNEW TOO MUCH' ('L'homme qui en savait trop')
by (sur une histoire de) Charles Bennett and (et) D.B. Wyndham Lewis
Directed by (Réalisé par) Alfred Hitchcock
Associate Producer (Producteur associé) : Ivor Montagu
Scenario : Edwin Greenwood and (et) A.R. Rawlinson
Additional Dialogue : Emlyn Williams
Photography (Directeur de la photographie) : Curt Courant
Art Direction (Direction artistique) : Alfred Junge
Editor (Monteur) : H. St. C. Stewart
Recordist (Enregistrement) : F. McNally
Unit Production Manager : Richard Beville
Music : Arthur Benjamin
Musical Director : Louis Levy
Controlled throughout United Kingdom & Eire by GENERAL FILM DISTRIBUTORS LTD. (Distribué (?) au Royaume-Uni et en Irlande (Eire) par General film distributors Ltd)
Cast (Distribution. A droite, les noms des actrices et acteurs. A gauche, les noms des personnages qu'ils interprètent) :
Lawrence ... Leslie Banks
Jill ... Edna Best
Abbott ... Peter Lorre
Ramon ... Frank Vosper
Clive ... Hugh Wakefield
Betty Lawrence ... Nova Pilbeam
Louis ... Pierre Fresnay
Nurse Agnes ... Cicely Oates
Binstead ... D.A. Clarke Smith
Gibson ... George Curzon
Après le film, apparaît : "THE MAN WHO KNEW TOO MUCH
THE END
A GAUMONT-BRITISH PICTURE (L'homme qui en savait trop
FIN
Un film de la Gaumont-British)"
Pierre Fresnay est Louis, le Français qui révèle aux touristes un secret d'espionnage
Peter Lorre est Abbott, l'un des espions qui enlèvent la fille des touristes
Leslie Banks est Bob Lawrence
Edna Best est Jill Lawrence
Nova Pilbeam est Betty Lawrence, la jeune fille enlevée par les espions
Le Français Louis Bernard fait la connaissance de touristes, les Lawrence, dans une station de ski. Un jour, il est tué, mais, avant de mourir, il leur communique un secret d'espionnage : un diplomate doit être assassiné lors d'un concert. Les organisateurs de ce complot enlèvent la fille de nos touristes : s'ils révèlent ce que Bernard leur a appris, leur enfant mourra.
Film dont Hitchcock fera un remake américain en 1956.
La dame aux camélias, de Fernand Rivers (supervisé par Abel Gance)
Fresnay est Armand Duval
Avec :
Yvonne Printemps : Marguerite Gautier, la dame aux camélias
1935
Koenigsmark, de Maurice Tourneur
Fresnay est Raoul Vignerte, dans ce remake d'un film dont Léonce Perret avait déjà tourné une version en 1924. Du remake de 1935, il existe une version française et une version anglaise, avec les mêmes interprètes.
Avec :
Elissa Landi : princesse Aurore
John Lodge : grand-duc Frédéric
Antonin Artaud : Cyrus Back
Jean-Max : commandant de Boose
Jean Debucourt : lieutenant de Hagen
André Dubosc : le roi
Cecil Humphreys : Jean de Marcais
Le roman d'un jeune homme pauvre, d'Abel Gance
1936
César, de Marcel Pagnol
Dernière partie de la trilogie Marius/Fanny/César. Panisse est mort. Césarion, qui est maintenant un jeune homme, organise les retrouvailles de sa mère Fanny avec son père naturel Marius.
Mademoiselle docteur (connu aussi sous le titre Salonique, nid d'espions), de Pabst
Fresnay est le capitaine Georges Carrère. Il vit une histoire d'amour avec une espionne du camp opposé.
Avec :
Dita Parlo : mademoiselle Docteur, l'espionne dont Georges Carrère tombe amoureux
Louis Jouvet : Simonis
Pierre Blanchar : Grégor Courdane
Charles Dullin : Mathésius
Viviane Romance : Gaby
Sous les yeux d'Occident (connu aussi sous le titre Razoumov), de Marc Allégret
Fresnay est Razoumov. Il dénonce un complot visant le tsar. Ceux qu'il a donnés, le tuent.
D'après un roman de Joseph Conrad.
1937
La grande illusion, de Jean Renoir
Fresnay est le capitaine de Boëldieu. Pendant la Première Guerre mondiale, il est emprisonné par les Allemands, en compagnie d'autres soldats français. Ils vont tenter de s'évader.
Scénario et dialogues : Jean Renoir et Charles Spaak
1er assistant réalisateur : Jacques Becker
Conseiller technique : Carl Koch
Montage : Marguerite Houlle-Renoir et Marthe Huguet
Directeur de la photographie : Christian Matras
Cadreur : Claude Renoir
Chef décorateur : Eugène Lourié
Assistant décorateur : Georges Wakhévitch
Musique : Joseph Kosma
Direction d'orchestre : Emile Vuillermoz
Ingénieur du son : Joseph de Bretagne
Avec :
Jean Gabin : le lieutenant Maréchal
Erich von Stroheim : Von Rauffenstein, officier qui commande la forteresse où sont emprisonnés les soldats français
Dita Parlo : Elsa, la fermière allemande qui recueille Maréchal et Rosenthal en fuite
Dalio : le lieutenant Rosenthal
Peters : Lotte, la fille d'Elsa
Carette : Cartier, l'un des prisonniers français
Jean Dasté : l'instituteur, également prisonnier
Gaston Modot : l'ingénieur au cadastre, également prisonnier
pour notre étude sur ce film, cliquez ICI
La bataille silencieuse, de Pierre Billon
Chéri-Bibi, de Léon Mathot
Fresnay est Francis, bagnard surnommé Chéri-Bibi
Avec :
Colette Darfeuil : Viviane
Jean-Pierre Aumont : Raoul Palas
René Navarre : Monsieur Charles
Georges Péclet : Duroc
Aimos : la ficelle
Dalio : le donneur
Le puritain, de Jeff Musso
Fresnay est le commissaire Lavan. Il affronte un jeune homme qui a tué une femme.
Avec :
Jean-Louis Barrault : Francis Ferriter, le puritain meurtrier
Viviane Romance : Molly
1938
Adrienne Lecouvreur, de Marcel L'Herbier
L'action se situe au 18e siècle. Fresnay est Maurice de Saxe, dont le film raconte les amours avec la comédienne Adrienne Lecouvreur.
Avec :
Yvonne Printemps : Adrienne Lecouvreur
Junie Astor : la duchesse de Bouillon
Madeleine Sologne : Flora
Jaque-Catelain : d'Argental
Alerte en Méditerranée, de Léo Joannon et T.H. Robert
Fresnay est le commandant Lestailleur
Trois valses, de Ludwig Berger
Fresnay incarne trois personnages : Octave de Chalencey, Philippe de Chalencey et Gérard de Chalencey
Avec :
Yvonne Printemps : Fanny, Yvette et Irène Grandpré
Henri Guisol : Brunner fils
Jean Périer : président Lebrun
L'action se déroule sur trois époques. La cantatrice Fanny Grandpré et Octave de Chalencey s'aiment mais ne peuvent se marier. A la génération suivante, Yvette, fille de Fanny et comédienne de théâtre, ne peut pas non plus épouser Philippe, le fils d'Octave. A la troisième génération, Irène, fille d'Yvette, et actrice, rencontre Gérard, fils de Philippe, qui tourne un film avec elle. Ils convolent en justes noces.
1939
La charrette fantôme, de Julien Duvivier
Fresnay est David Holm
Avec :
Louis Jouvet : Georges
Marie Bell : soeur Maria
Micheline Francey : soeur Édith
Robert Le Vigan : père Martin
1941
Le dernier des six, de Georges Lacombe, achevé par un autre réalisateur
Fresnay est l'inspecteur Wens
Production : Continental Films
D'après Six hommes morts, roman policier de Steeman
Adaptation et dialogues : Henri-Georges Clouzot
Image : Robert Le Febvre
Son : William-Robert Sivel
Décors : André Andrejew
Musique : Jean Alfaro
Avec :
Michèle Alfa : Lolita
Suzy Delair : la compagne de Wens
André Luguet : Senterre, qui a créé un music-hall
Jean Tissier : Tignol
Jean Chevrier : Perlonjour
Lucien Nat : Gernicot
Georges Rollin : Gribbe
Raymond Ségard : Namotte
Des copains sans le sou décident de partir chacun dans une partie du monde afin d'y tenter leur chance. Ils doivent se retrouver quelques années plus tard; ils jurent qu'alors, ceux qui auront fait fortune partageront avec ceux qui auront échoué. Hélas, au moment des retrouvailles, ils sont tués les uns après les autres.
Mamouret ou le briseur de chaînes, de Jacques Daniel-Norman
Fresnay est Marcus
Avec :
Marcelle Géniat
Une dame veut marier son arrière-petite-fille à Marcus, contre l'avis de la famille
1942
Le journal tombe à cinq heures, de Georges Lacombe
Fresnay est le reporter Pierre Rabaud, dans ce film qui prétend montrer la vie d'un journal quotidien
Avec :
Pierre Renoir : François Marchal, le directeur
Marie Déa : Hélène Perrin
Gabrielle Dorziat : mademoiselle Lebeau
Pierre Larquey : Phalanpin
Bernard Blier : Bertod
René Génin : Bedu
Jean Brochard : Meulon
Pasquali : Fragonard
L'assassin habite au 21, de Henri-Georges Clouzot
Fresnay est de nouveau l'inspecteur Wens. Il enquête sur une série de crimes signés Monsieur Durand. Un voyou l'oriente vers une pension de famille, dans laquelle se cacherait ce mystérieux Durand. Wens s'y introduit en pasteur. Il va devoir trouver qui, parmi les pensionnaires, est le terrible assassin.
Production : Continental Films
D'après le roman policier de Steeman
Adaptation : Clouzot et Stanislas-André Steeman
Scénario et Dialogues : Clouzot
Montage : Christian Gaudin
Chef-opérateur : Armand Thirard
Décors : André Andrejew
Musique : Maurice Yvain
Avec :
Pierre Larquey : Colin, l'un des pensionnaires du 21
Suzy Delair : la fiancée de Wens
Odette Talazac : madame Point, qui dirige la pension du 21
Maximilienne : mademoiselle Cuq, l'une des pensionnaires du 21
Jean Tissier : le professeur Lallah Poor, l'un des pensionnaires du 21
Noël Roquevert : le docteur Linz, l'un des pensionnaires du 21
Jean Despeaux : Kid Robert, boxeur devenu aveugle et pensionnaire du 21
Raymond Bussières : Turlot, le voyou qui oriente la police vers la piste du 21
Gustave Gallet : le directeur de la police judiciaire
Guy Sloux : le journaliste qui interviewe Lallah Poor
La main du diable, de Maurice Tourneur
Fresnay est Roland Brissot, peintre qui connaît le succès après être, en quelque sorte, tombé sous la coupe du diable.
Production : Continental
Scénario : Jean-Paul Le Chanois, qui aurait vaguement adapté La main enchantée, conte de Gérard de Nerval (1808/1855). A la vérité, hormis la main qui s'émancipe, il n'y a quasiment rien de commun entre le livre et le film
Directeur de la photographie : Armand Thirard
Avec :
Noël Roquevert : Mélisse
Pierre Larquey : Ange
Josseline Gael : Irène
1943
Le corbeau, de Henri-Georges Clouzot
Fresnay est le docteur Germain. Il exerce dans une petite ville. Un jour, quelqu'un commence à envoyer des lettres anonymes où sont attaqués les uns et les autres. Germain est, un temps, suspecté. La manie des missives anonymes gagne en ampleur, amenant drames, haines, suicide. Le docteur ne découvrira la vérité que dans les dernières secondes du film.
Production : Continental Films
Scénario : Louis Chavance
Adaptation et dialogues : Clouzot et Louis Chavance
Montage : Marguerite Beaugé
Chef-opérateur : Nicolas Hayer
Décors : André Andrejew
Musique : Tony Aubin
Son : William-Robert Sivel
Avec :
Pierre Larquey : le docteur Vorzet
Micheline Francey : Laura Vorzet, femme du docteur Vorzet
Ginette Leclerc : Denise, qui aime le docteur Germain
Noël Roquevert : Saillens, le frère de Denise
Louis Seigner : le docteur Bertrand
Héléna Manson : l'infirmière Marie Corbin
Jeanne Fusier-Gir : la mercière
Sylvie : la mère du cancéreux qui se suicide
Roger Blin : le cancéreux qui se suicide
Liliane Maigné : Rolande
Bernard Lancret : le substitut
Jean Brochard : Bonnevi
Je suis avec toi, de Henri Decoin
Fresnay est François
Avec :
Yvonne Printemps : Elizabeth et Irène
Une femme se fait passer pour son sosie. Sous cette identité, elle séduit son époux.
Le voyageur sans bagage, de Jean Anouilh
Fresnay est Gaston, grand blessé de guerre qui a perdu la mémoire. Plusieurs familles prétendent qu'il est des leurs.
Avec :
Blanchette Brunoy : Valentine
Marguerite Deval : duchesse Dupont-Dufort
Pierre Renoir : Georges Renaud
Sylvie : Madame Renaud
Jean Brochard : Marcel Berthier
L'escalier sans fin, de Georges Lacombe
1945
La fille du diable, de Henri Decoin
Fresnay est Ludovic Mercier/Saget. Il tue un homme dont il usurpe l'identité.
Avec :
Andrée Clément : Isabelle
Fernand Ledoux : le docteur
Thérèse Dorny : tante Hortense
Paul Francoeur : l'aubergiste
1946
Le visiteur, de Jean Dréville
Fresnay est l'avocat/assassin Sauvain
Avec :
Simone Sylvestre : Simone
Jean Debucourt : le policier
Antoine Balpêtré : Louberger, le directeur du pensionnat
Michel Vitold : Oxner
1947
Monsieur Vincent, de Maurice Cloche
Fresnay est saint Vincent de Paul
Avec :
Lise Delamare : Françoise Marguerite de Silly, comtesse de Joigny
Aimé Clariond : Richelieu
Jean Debucourt : Philippe-Emmanuel de Gondi, comte de Joigny
Gabrielle Dorziat : la présidente Groussault
Pierre Dux : le chancelier Séguier
Michel Bouquet : le tuberculeux
Gabrielle Fontan : la sourde dans le presbytère
Jean Carmet : l'abbé Pontail
Les condamnés, de Georges Lacombe
Fresnay et Yvonne Printemps forment le couple Séverac. L'épouse s'entiche d'un jeunot. Or, le mari meurt, empoisonné à l'arsenic.
1948
Barry, de Richard Pottier
Fresnay est le père Théotime. L'action se situe pendant la campagne d'Italie de Bonaparte. Le moine Théotime et son chien Barry, un saint-Bernard, sauvent la fille d'une femme que Théotime a aimée naguère.
Avec :
Simone Valère : Angélina Cavazza
Jean Brochard : Philémon Cavazza
Marc Valbel : Jean-Marie Sondaz
Alexandre Mihalesco : l'aubergiste
Pauline Carton : madame Clouzal
Au grand balcon, de Henri Decoin
Fresnay est Carbot, aviateur à l'aéropostale
Scénario et dialogues : Joseph Kessel
Avec :
Georges Marchal : Jean Fabien
Robert Arnoux : Vuillemin
Paul Azaïs : Morel
Vient de paraître, de Jacques Houssin
Fresnay est l'éditeur Moscat. Il lance un nouvel écrivain.
D'après une pièce d'Edouard Bourdet.
La valse de Paris, de Marcel Achard
Fresnay est le compositeur Jacques Offenbach.
Avec :
Yvonne Printemps : Hortense Schneider
Pierre Dux : le général Danicheff
Robert Manuel : José Dupuis
Lucien Nat : Napoléon III
André Roussin : Henri Meilhac
Jacques Charon : Berthelier
Ce siècle a cinquante ans, de Denise Tual
Documentaire dont le commentaire en voix off est dit par Pierre Fresnay
1950
Dieu a besoin des hommes, de Jean Delannoy
Fresnay est Thomas Gourvennec. Il est amené à assumer les fonctions de prêtre sur une île qui en est dépourvue.
Scénario : Aurenche et Bost
Justice est faite, d'André Cayatte
Fresnay ne joue pas dans le film, mais, à la fin, sa voix dirait un commentaire
1951
Monsieur Fabre, de Henri Diamant-Berger
Fresnay est Jean-Henri Fabre, entomologiste du 19e siècle.
Un grand patron, d'Yves Ciampi
Fresnay est le chirurgien Louis Delage.
Avec :
Renée Devillers : Florence Delage, épouse de Louis
Claire Duhamel : Catherine Delage, nièce de Louis
Marcel André : Charles Tannard
Pour un extrait du film Un grand patron, cliquez ICI
Le voyage en Amérique, de Henri Lavorel
Fresnay est Gaston Fournier, directeur de banque. Lui et son épouse font un voyage en Amérique.
Musique : Francis Poulenc (1899/1963)
Avec :
Yvonne Printemps : Clotilde Fournier, la femme de Francis
Jean Brochard : le maire
1952
Il est minuit, docteur Schweitzer, d'André Haguet
Fresnay est le docteur Albert Schweitzer. A la veille de la guerre de 1914, il exerce au Gabon. Film tiré d'une pièce de Gilbert Cesbron.
1953
La route Napoléon, de Jean Delannoy
Fresnay est Edouard Martel. Cet homme d'affaires développe le tourisme dans une région en prétendant que Napoléon y est passé, jadis.
Le défroqué, de Léo Joannon
Fresnay est Maurice Morand, prêtre défroqué.
Avec :
Marcelle Géniat : madame Morand
Guy Decomble : père Mascle
René Blancard : Lacassagne
Abel Jacquin : le père supérieur
Léo Joannon : le chanoine Jousseaume
1954
Les évadés, de Jean-Paul Le Chanois
Fresnay est le lieutenant Pierre Keller
Avec :
François Périer : François
Michel André : Michel
1955
Les aristocrates, de Denys de la Patellière
Fresnay est le marquis de Maubrun
1956
L'homme aux clefs d'or, de Léo Joannon
Fresnay est Antoine Fournier, professeur qui surprend des élèves, dont un certain Rémy, à voler. Une amie de Rémy, Gisèle, accuse alors Fournier d'avoir tenté de la violer. Il est renvoyé. Il devient portier d'hôtel. Des années plus tard, débarquent à l'hôtel deux couples : Rémy et son épouse, Gisèle et son mari. L'heure de la vengeance a sonné pour l'ancien enseignant.
Avec :
Annie Girardot : Gisèle
Gil Vidal : Rémy
Jean Rigaux : Joseph Ansaldi
1957
Les oeufs de l'autruche, de Denys de la Patellière
Fresnay est Hippolyte Barjus, dans ce film tiré d'une comédie d'André Roussin. Monsieur Barjus a deux fils. L'un paraît plus ou moins homosexuel et désire faire carrière comme grand couturier.
Avec :
Simone Renant : Thérèse Barjus
Georges Poujouly : Roger Barjus
Mady Berry : Léonie
Les fanatiques, d'Alex Joffé
Fresnay est Luis Vargas, révolutionnaire qui est monté avec une bombe dans l'avion où a pris place aussi le dictateur Ribera.
1958
Et ta soeur, de Maurice Delbez
Fresnay est Bastien du Boccage, directeur d'un journal
Tant d'amour perdu, de Léo Joannon
Fresnay est Joseph Andrieu
1959
Les affreux, de Marc Allégret
Fresnay est César Dandieu
La millière fenêtre, de Robert Ménegoz
Fresnay est Arnaud (ou Armand ?) Vallin, retraité que des promoteurs immobiliers veulent chasser pour les besoins d'une grande cité.
1960
Les vieux de la vieille, de Gilles Grangier
Fresnay est Baptiste Talon. Avec deux autres vieux messieurs, il boit et fait des bêtises. Considéré par beaucoup comme l'un des films les plus nuls dans lesquels soit apparu Fresnay.
Avec :
Jean Gabin : Jean-Marie Péjat
Noël-Noël : Blaise Poulossière
Pierre Fresnay réalisateur
1939
Le duel, seul film réalisé par Fresnay
Fresnay est le père Daniel Maurey
Scénario et dialogues : Henri-Georges Clouzot et J. Villard d'après une pièce d'Henri Lavedan
Avec :
Yvonne Printemps : Thérèse Jaillon
Raimu : le père Bolène
Raymond Rouleau : le docteur Pierre Maurey, frère de Daniel Maurey
François Périer : François
Le prêtre Daniel Maurey tente d'empêcher le mariage de son frère Pierre avec une femme que lui, Daniel, aime aussi.
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Lambersart en ciné-concerts
Hitchcock à Toulouse
En principe, vers juin 2012, la cinémathèque de la Ville Rose devrait rendre hommage au cinéaste qui nous a laissé notamment Psycho (notre extrait), Vertigo, L'ombre d'un doute, Les oiseaux, Le crime était presque parfait, La maison du docteur Edwardes, Une femme disparaît, Les 39 Marches, Fenêtre sur cour, Jeune et innocent, Les enchaînés et tant d'autres beaux films encore.
2 nouvelles filmographies
Paysages finlandais en bords de Seine
Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu
Un journaliste qui, dans un "grand" support de presse, prétend analyser l'oeuvre d'Ozu, alors qu'un élément prouve, de façon incontestable, qu'il n'a pas vu le film dont il parle ? Eh oui ! Malheureusement, c'est possible ! Démonstration, avec preuve à l'appui.
Afin que personne ne crie à la citation tronquée et pour que le lecteur puisse juger sur pièce, nous reproduisons intégralement, en annexe, un article daté du 21/7/2005 et inséré dans la rubrique Culture et spectacles du Figaro, sous le titre Ozu, la compassion contre le moralisme.
L'auteur, un certain Bertrand Dicale, écrit avec emphase : "Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis".
Un journaliste au-dessus de tout soupçon
A lire ce paragraphe, les âmes candides ne peuvent douter que notre éminent spécialiste ait vu les oeuvres d'Ozu, singulièrement celles qu'il cite. Le contraire serait totalement incompatible avec son article.
Et puis, tout de même, ce monsieur est titulaire de la carte de presse !
Il a également publié au moins un livre; pas sur le cinéma, certes, mais sur madame Juliette Gréco. Car il serait l'un des meilleurs connaisseurs de la chanson française, si l'on se fie à sa réputation officielle. C'est donc, en principe, un esprit brillant, qui peut s'appliquer à différents domaines. Pensez ! Spécialiste et d'Ozu et de Juliette Gréco et de la chanson variété.
Avec cela, critique exigeant, selon ce que clame le site internet de la SACEM (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique).
Enfin, pour ne rien gâcher, il serait rédacteur en chef adjoint des pages spectacles du Figaro, l'un des plus grands journaux dont puisse s'enorgueillir l'inattaquable grande presse française, dont l'unique souci est de suer sang et eau pour remplir son sacro-saint devoir d'information, en toute indépendance et en toute honnêteté.
Comment un tel homme, investi d'une telle mission, pourrait-il n'être qu'un charlatan, un bonimenteur de foire entortillant le badaud à coups de grandes phrases pompeuses, un tartufe qui, la main sur le coeur, prend allègrement pour des imbéciles les innocents qui ont l'honneur de lui prêter l'oreille ?
L'impossible imposture
Bien sûr qu'il connaît les films d'Ozu, et tous ! La preuve : il accumule les adverbes de temps tels que toujours, parfois. N'écrit-il pas : Le cinéaste semble toujours dubitatif ? Et ne mentionne-t-il pas alors trois oeuvres qui corroborent ce toujours ? C'est donc qu'il les a vues, ces trois oeuvres ! Et que les trois confirment le toujours. La formulation même : Que l'héroïne ... que le jeune professeur ... que le héros adultère ..., Ozu conserve une distance etc, cette formulation implique nécessairement que pas un de ces films n'infirme la règle; règle que notre subtil exégète ne peut avoir dégagée qu'après avoir visionné les films eux-mêmes, et particulièrement ces trois-là, puisqu'il les a retenus comme emblématiques.
Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance etc : encore une fois, comment pourrait-il conclure cela, comment oserait-il user de ce toujours, à partir des trois opus qu'il a choisi de citer, s'il ne les connaissait pas ? De telles phrases impliquent nécessairement que monsieur Dicale soit familiarisé avec les oeuvres qu'il évoque. S'il ne l'était pas, non seulement ces phrases n'auraient aucune valeur; mais elles relèveraient de l'imposture pure et simple.
La preuve du délit
Malheureusement pour monsieur Bertrand Dicale, l'héroïne d'Une femme de Tokyo ne se prostitue pas pour payer les études de son fiancé; elle finance les études de son frère. Et aucune des personnes qui ont vu cette bande, ne peut s'y méprendre : car, que les deux personnages soient frère et soeur, est répété maintes fois au cours du film; et toute l'histoire met clairement en scène cette parenté; laquelle, à aucun moment, ne peut être confondue avec une relation fiancée/fiancé. Donc, qui a vu le film, sait obligatoirement que le garçon est le frère; cela ne peut pas échapper au spectateur, qui ne peut pas non plus l'oublier.
Par contre, l'énorme erreur de monsieur Dicale s'élucide si l'on songe qu'elle figure dans les documents promotionnels qui accompagnent la sortie de l'oeuvre. Ainsi, par exemple, à l'entrée du Champo - salle qui programme Ozu - une feuille mise à disposition du public, annonce ceci : "Une jeune femme se prostitue pour payer les études de son fiancé". C'est presque exactement la phrase que l'on peut lire dans l'article de monsieur Dicale, où jeune femme est juste remplacé par héroïne ... Ce que c'est qu'un critique exigeant ...
Pas de veine, tout de même, ce monsieur Dicale. Il a trouvé le moyen d'étayer sa démonstration précisément avec le film qu'il ne fallait pas * ! On serait tenté d'accuser la maladresse, s'il ne fallait plutôt invoquer la malchance : car, pour être maladroit, il eût fallu que monsieur Dicale sût que les prospectus se trompaient dans leur résumé d' Une femme de Tokyo; et, pour le savoir, il eût fallu voir le film.
Au surplus, il n'est même pas certain que l'héroïne se prostitue, comme l'affirment les documents promotionnels et, à leur suite, monsieur Dicale. Certes, la demoiselle travaille dans un bar; certes, à un moment, elle monte dans une voiture avec un client du bar; mais, cela signifie-t-il vraiment qu'elle vende son corps ? On pourrait d'autant plus en douter que, selon les intertitres français, elle reproche à son frère de prendre trop au tragique le métier qu'elle exerce. Pourrait-elle considérer qu'un frère prenne trop au tragique la prostitution de sa soeur ? C'est peu vraisemblable. Le reproche qu'elle adresse à son frère, s'expliquerait mieux si elle n'était que vaguement hôtesse sans aller jusqu'à la prostitution.
Mais, ce sont là questions de détail que seul peut se poser un maniaque comme nous, qui poussons l'obsession jusqu'à aller voir les films avant d'en parler, et jusqu'à tenter de les comprendre. Un grand critique de la grande presse ne descend pas à de telles futilités : quand on a la science infuse, on connaît à fond son cinéaste, avec une certitude infaillible et comme innée qui dispense d'en fréquenter les oeuvres ...
* PS ajouté le 2/9/2008 : inutile de le préciser : rien ne prouve que monsieur Dicale connaisse davantage les autres films d'Ozu dont il parle.
Notre édito a été mis en ligne en 2005 à l'occasion d'un cycle Ozu au cinéma Le Champo, à Paris. Nous ignorons si le grand critique nommé Dicale est toujours au Figaro.
L'article de monsieur Dicale dans Le Figaro
Ozu, la compassion contre le moralisme
Bertrand Dicale
[21 juillet 2005]
Le Japon ? Il n'y a pas que ça dans les films d'Ozu. Avec ses intérieurs de bambou et de papier huilé, ses repas aux rites discrets mais inflexibles, ses gestes si facilement énigmatiques, on pourrait les regarder comme des documents bruts, comme une plongée objective dans une réalité sociale et culturelle. D'ailleurs, les personnages ne semblent parfois animés que par un surmoi impérieux, par des conventions et des sacrifices qui font s'effacer tout ce que nous appelons, dans notre Europe, le coeur et même l'âme.
Mais il y a autre chose que le Japon, sa morale et ses normes, même dans Il était un père, film des années 40 inédit en France et présenté pour la première fois cet été, autre chose encore dans chacun des 14 longs-métrages classiques de la rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui. Cet autre chose, c'est l'intimité, la familiarité de Yasujiro Ozu avec le drame. Sa génération de Japonais a connu des cataclysmes historiques (sa carrière sera interrompue par plusieurs années à l'armée, jusqu'en 1941, alors que son pays plonge dans une guerre suicidaire), mais ils apparaissent à peine dans ses films.
Ce qui l'intéresse, ce sont les plus intimes, les plus douces, les mieux intentionnées des injustices – celles de la famille, celles de la vertu. Il n'est qu'à observer le regard tendre mais un peu sec de son acteur fétiche, Chishu Ryu, lorsque, dans Il était un père, il refuse avec la plus vive énergie que son fils quitte son poste de professeur dans une petite ville de province pour venir vivre avec lui à Tokyo. Veuf, il est séparé de son fils unique depuis les années de collège de celui-ci, mais peu importe : chacun doit accomplir son devoir, à sa place et dans sa position, malgré l'amour, malgré le manque, malgré l'élan toujours sensible de la liberté. Il est écrit que ce père et ce fils doivent vivre loin de l'autre, avec seulement des souvenirs et des attentions lointaines, et il n'est pas question qu'ils échappent, l'un comme l'autre, à ce devoir-là.
Ce regard de Chishu Ryu dans cette scène d'Il était un père, droit mais sans colère, on le retrouve dans les remontrances finalement indulgentes du vieux père à ses très jeunes enfants dans Bonjour (1959), dans les réflexions du conservateur un peu perdu devant la jeunesse dans Eté précoce (1951)... Une colère éternellement d'un autre temps, mélange d'étonnement et de rigueur, de bienveillance et de moralisme. Les exégètes voient en Chishu Ryu plus qu'un porte-parole d'Ozu dans ses films : il est une manière de porte-âme, un double sans masque. Et c'est lui qui, à l'écran, apparaît à la fois comme un gardien de l'ordre et un coeur doux, comme un pater familias roide dans ses certitudes et un homme toujours un peu perdu devant la vie. Alcoolique infiniment digne dans Le Goût du saké (1962), homme mûr perdu dans les liens emmêlés de sa vie dans Crépuscule à Tokyo (1957), Chishu Ryu ressemble à Yasujiro Ozu, le fils jamais marié qui sera anéanti par la mort de sa mère.
La rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui traverse l'oeuvre d'Ozu à travers le prisme des conflits intérieurs, des cas de conscience, des hésitations morales. Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis. Beaucoup plus loin que le Japon, il montre l'humain.
Jean Grémillon à Lausanne
Du 6 octobre 2011 à mai 2012, la cinémathèque rend hommage au réalisateur français, qui nous a laissé
notamment Remorques (notre extrait); toujours avec Gabin, Gueule d'amour, tragique histoire d'un spahi amoureux d'une femme entretenue; L'étrange monsieur Victor, ou comment Raimu incarne un personnage double, honnête commerçant pour tous, trafiquant redoutable à ses propres complices; La petite Lise, encore des personnages soumis à un inexorable destin; Gardiens de phare, de la période muette; ou encore Maldone, autre film muet, qui, à bien des égards, fait écho à Remorques.
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