Hédy Sellami présente
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Extraits à venir sur Eclairages

Extraits à venir sur Eclairages
Parmi les films dont nous mettrons des séquences en ligne prochainement :

Miss Mend, de Barnet et Ozep

Les mondes futurs, sur un scénario de HG Wells

Coeurs en lutte, de Fritz Lang

Le village du péché, d'Iwan Prawow et Olga Preobrashenskaja

Othello, d'Orson Welles

Le chevalier à la rose, de Robert Wiene

The dragon painter, avec Sessue Hayakawa






De La belle équipe à L'assassin habite au 21

De La belle équipe à L'assassin habite au 21


Eclairages vous propose une sélection de séances, avec aussi René Clair; Danse et cinéma; Rêves de chaque nuit; La divine; et The lodger en ciné-concerts; des classiques français avec Louis Jouvet; L'ange bleu; Le bossu; Mankiewicz; Max Ophüls; Fritz Lang; John Huston; Julien Duvivier; Jean Rouch; Ex-lady; Danielle Darrieux; un cycle Scénaristes et dialoguistes; ou encore Clouzot.

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Pour la diffusion de films muets à la télévision publique


Quoi qu'en disent certains, la connaissance et la publication des films muets restent faibles, fragmentaires.

C'est particulièrement le cas des films français.

Voici qui est tout de même stupéfiant : on ne peut trouver en DVD qu'une infime minorité des oeuvres les plus marquantes signées par les cinéastes les plus célèbres : Gance, Dulac, L'Herbier, Antoine, Epstein (1) ...

Il faut parfois chercher chez des éditeurs étrangers pour dénicher une oeuvre !

Et ne parlons pas des réalisateurs davantage négligés encore : les Roussel, les Kemm, les Lion, les Hervil, les Poirier ...

N'est-il pas pour le moins étrange que ces cinégraphistes soient littéralement interdits d'antenne dans leur propre pays ?

Pour ne citer que ce seul exemple, combien de films signés Baroncelli la télévision française a-t-elle diffusés depuis qu'elle existe ?

Il ne serait pas scandaleux qu'une chaîne publique projette, ne serait-ce qu'une fois par mois, un film français muet.

Cela n'apparaîtrait tout de même pas disproportionné par rapport au nombre de gens intéressés, certes faible.

France 5 diffusant déjà des documentaires, France 3 le Cinéma de minuit, France 2 (irrégulièrement et très tard) le Ciné-club, France 4 pourrait être tenue de respecter ce minimum que l'on serait en droit d'attendre du service public.


(Notre illustration : Monte-Cristo (1929) de Fescourt : le crime dans l'auberge).




(1) ajouté le 29 mai 2014 : Epstein fait maintenant l'objet d'une édition en dvd.


Grands journalistes ou grands ignares ?

Grands journalistes ou grands ignares ?


Madame La Très Grande Journaliste Anne Sinclair, Directrice Editoriale du Bluffington Post, commence l'un de Ses éditos par : "L'homme qui en savait trop est un mauvais film d'Alfred Hitchcock".

Que Sa Majesté permette à mon humble personne d'apporter quelques précisions. J'espère que Son Altesse La Dominante n'en voudra pas trop au dominé que je suis ...

Il existe deux versions de The man who knew too much, l'une réalisée vers 1934, l'autre réalisée vers 1956.

Sainte Anne l'ignorant, Elle n'a pas précisé à quelle version Elle se réfère.

L'opus de 1934 n'est pas si mauvais.

Certes, celui de 1956 n'est pas le meilleur Hitchcock, loin s'en faut ...

Mais, si j'osais prétendre apprendre quoi que ce soit à Sa Sainteté, je Lui signalerais que cette version de 1956 comporte l'une des scènes les plus formidables qu'ait signées le maître : le fameux concert au cours duquel le meurtre doit être commis (notre extrait).

Qu'importe, après tout ! Que cela n'empêche pas Sa Royauté d'expédier le film comme Elle le fait ...

Je m'excuse d'avoir été si outrecuidant envers Ma Supérieure.

D'autant qu'Elle n'est pas la seule vedette du journalisme à étaler Son ignorance avec une telle insouciance.

Un jour, à la radio, j'entendais Le Pape Jean-François Kahn. Il lâcha quelque chose du genre : "Le film Little Cesar, avec ce gangster joué par James Cagney".

Il aurait dû mieux préparer Son topo, ou mieux choisir Ses nègres. Little Cesar a pour acteur principal ... Edward G. Robinson, et non James Cagney.

J'espère que Son Excellence ne m'en voudra pas d'avoir osé relever Son erreur. Où va-t-on si les serviteurs tels que moi, ceux que Monsieur Kahn appellerait les boniches, se mettent à jouer les professeurs ?





277e filmographie

277e filmographie

Deux partitions pour une grève



Стачка (La grève, 1925) d'Eisenstein, peut être visionné en deux copies, avec deux musiques différentes.

L'une (ci-dessus) a été composée récemment par Pierre Jodlowski pour la cinémathèque de Toulouse. L'autre (ci-dessous) est constituée de morceaux signés Chostakovitch pour une restauration soviétique de 1969.

C'est l'occasion de constater à quel point l'accompagnement sonore d'un film muet en modifie la perception.






Pierre Fresnay (1897/1975)



Pierre Fresnay naît le 4 avril 1897 à Paris.

Il mènera de front ses carrières théâtrale et cinématographique. Parmi ses rôles les plus importants à l'écran : Marius chez Pagnol. Le capitaine Georges Carrère dans Mademoiselle Docteur, de Pabst. Boëldieu dans La grande illusion, de Renoir. Avec Clouzot, l'inspecteur Wens dans L'assassin habite au 21; puis le docteur Germain dans Le corbeau. Citons encore le peintre Roland Brissot dans La main du diable ou saint Vincent de Paul dans Monsieur Vincent.
Pierre Fresnay meurt le 9 janvier 1975.

Vous trouverez ci-dessous la liste des films de cinéma dans lesquels il est apparu. Nous n'avons pas mentionné les téléfilms.

Quand des noms apparaissent en bleu, ce sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer.

Cette filmographie a été enrichie :
le 29 septembre 2017 avec la fiche du film Fanny
le 5 septembre 2017 avec la fiche du film Marius
le 28 octobre 2013 avec deux extraits du Corbeau
le 1er juillet 2013 avec deux nouveaux extraits de L'assassin habite au 21
le 6 septembre 2009 avec un extrait du film Un grand patron
le 9 septembre 2007 avec le générique de L'homme qui en savait trop (version anglaise).






1915



Quand même, de Henri Fescourt et Henri Pouctal



France d'abord, de Henri Pouctal

Fresnay est un soldat




1920


L'essor, de Charles Burguet

Il s'agirait d'un film à épisodes




1922



La bâillonnée, de Charles Burguet

Il s'agirait d'un film à épisodes, où Fresnay serait Raymond Mégret



Les mystères de Paris, de Charles Burguet

Fresnay est François Germain, un clerc de notaire



Le diamant noir, d'André Hugon

Fresnay est Bouvier




1923


Le petit Jacques, de Georges Lannes et Georges Raulet



1924



Les premières armes de Rocambole, de Charles Maudru et Maurice de Marsan

Avec :
Mary Harald



1928


La vierge folle, de Luitz-Morat

Dernier film muet de Fresnay



1930


ça aussi, c'est Paris, d'Antoine Mourre

Premier film parlant pour Fresnay




Marius, d'après Marcel Pagnol
1931


Marius, d'Alexandre Korda

Pour le résumé, le générique et un extrait de Marius, cliquez ICI










1932



Fanny, de Marc Allégret


Pour le résumé, le générique et un extrait de Fanny, cliquez
ICI





1933




Ame de clown, de Marc Didier et Yvan Noé

Fresnay est le clown Jack




The man who knew too much : l'enfant que les espions enlèvent, est une fille, alors que, dans le remake américain, c'est un garçon
1934



The man who knew too much (L'homme qui en savait trop), d'Alfred Hitchcock


Gaumont British Picture Corpn. LTD
Presents (présente)
Leslie Banks and Edna Best (Leslie Banks et Edna Best)
'THE MAN WHO KNEW TOO MUCH' ('L'homme qui en savait trop')
by (sur une histoire de) Charles Bennett and (et) D.B. Wyndham Lewis
Directed by (Réalisé par) Alfred Hitchcock
Associate Producer (Producteur associé) : Ivor Montagu
Scenario : Edwin Greenwood and (et) A.R. Rawlinson
Additional Dialogue : Emlyn Williams
Photography (Directeur de la photographie) : Curt Courant
Art Direction (Direction artistique) : Alfred Junge
Editor (Monteur) : H. St. C. Stewart
Recordist (Enregistrement) : F. McNally
Unit Production Manager : Richard Beville
Music : Arthur Benjamin
Musical Director : Louis Levy
Controlled throughout United Kingdom & Eire by GENERAL FILM DISTRIBUTORS LTD. (Distribué (?) au Royaume-Uni et en Irlande (Eire) par General film distributors Ltd)
Cast (Distribution. A droite, les noms des actrices et acteurs. A gauche, les noms des personnages qu'ils interprètent) :
Lawrence ... Leslie Banks
Jill ... Edna Best
Abbott ... Peter Lorre
Ramon ... Frank Vosper
Clive ... Hugh Wakefield
Betty Lawrence ... Nova Pilbeam
Louis ... Pierre Fresnay
Nurse Agnes ... Cicely Oates
Binstead ... D.A. Clarke Smith
Gibson ... George Curzon

Après le film, apparaît : "THE MAN WHO KNEW TOO MUCH
THE END
A GAUMONT-BRITISH PICTURE (L'homme qui en savait trop
FIN
Un film de la Gaumont-British)"


Pierre Fresnay est Louis, le Français qui révèle aux touristes un secret d'espionnage
Peter Lorre est Abbott, l'un des espions qui enlèvent la fille des touristes
Leslie Banks est Bob Lawrence
Edna Best est Jill Lawrence
Nova Pilbeam est Betty Lawrence, la jeune fille enlevée par les espions


Le Français Louis Bernard fait la connaissance de touristes, les Lawrence, dans une station de ski. Un jour, il est tué, mais, avant de mourir, il leur communique un secret d'espionnage : un diplomate doit être assassiné lors d'un concert. Les organisateurs de ce complot enlèvent la fille de nos touristes : s'ils révèlent ce que Bernard leur a appris, leur enfant mourra.
Film dont Hitchcock fera un remake américain en 1956.




La dame aux camélias, de Fernand Rivers (supervisé par Abel Gance)

Fresnay est Armand Duval

Avec :
Yvonne Printemps : Marguerite Gautier, la dame aux camélias







1935



Koenigsmark, de Maurice Tourneur

Fresnay est Raoul Vignerte, dans ce remake d'un film dont Léonce Perret avait déjà tourné une version en 1924. Du remake de 1935, il existe une version française et une version anglaise, avec les mêmes interprètes.

Avec :
Elissa Landi : princesse Aurore
John Lodge : grand-duc Frédéric
Antonin Artaud : Cyrus Back
Jean-Max : commandant de Boose
Jean Debucourt : lieutenant de Hagen
André Dubosc : le roi
Cecil Humphreys : Jean de Marcais







Le roman d'un jeune homme pauvre, d'Abel Gance





1936



César, de Marcel Pagnol

Dernière partie de la trilogie Marius/Fanny/César. Panisse est mort. Césarion, qui est maintenant un jeune homme, organise les retrouvailles de sa mère Fanny avec son père naturel Marius.






Mademoiselle docteur (connu aussi sous le titre Salonique, nid d'espions), de Pabst

Fresnay est le capitaine Georges Carrère. Il vit une histoire d'amour avec une espionne du camp opposé.

Avec :
Dita Parlo : mademoiselle Docteur, l'espionne dont Georges Carrère tombe amoureux
Louis Jouvet : Simonis
Pierre Blanchar : Grégor Courdane
Charles Dullin : Mathésius
Viviane Romance : Gaby








Sous les yeux d'Occident (connu aussi sous le titre Razoumov), de Marc Allégret

Fresnay est Razoumov. Il dénonce un complot visant le tsar. Ceux qu'il a donnés, le tuent.
D'après un roman de Joseph Conrad.




La grande illusion : il paraît que Fresnay et Stroheim ne jouèrent pas leurs personnages comme l'espérait Renoir
1937


La grande illusion, de Jean Renoir

Fresnay est le capitaine de Boëldieu. Pendant la Première Guerre mondiale, il est emprisonné par les Allemands, en compagnie d'autres soldats français. Ils vont tenter de s'évader.

Scénario et dialogues : Jean Renoir et Charles Spaak
1er assistant réalisateur : Jacques Becker
Conseiller technique : Carl Koch
Montage : Marguerite Houlle-Renoir et Marthe Huguet
Directeur de la photographie : Christian Matras
Cadreur : Claude Renoir
Chef décorateur : Eugène Lourié
Assistant décorateur : Georges Wakhévitch
Musique : Joseph Kosma
Direction d'orchestre : Emile Vuillermoz
Ingénieur du son : Joseph de Bretagne
Avec :
Jean Gabin : le lieutenant Maréchal
Erich von Stroheim : Von Rauffenstein, officier qui commande la forteresse où sont emprisonnés les soldats français
Dita Parlo : Elsa, la fermière allemande qui recueille Maréchal et Rosenthal en fuite
Dalio : le lieutenant Rosenthal
Peters : Lotte, la fille d'Elsa
Carette : Cartier, l'un des prisonniers français
Jean Dasté : l'instituteur, également prisonnier
Gaston Modot : l'ingénieur au cadastre, également prisonnier


pour notre étude sur ce film, cliquez ICI





La bataille silencieuse, de Pierre Billon





Chéri-Bibi, de Léon Mathot

Fresnay est Francis, bagnard surnommé Chéri-Bibi

Avec :
Colette Darfeuil : Viviane
Jean-Pierre Aumont : Raoul Palas
René Navarre : Monsieur Charles
Georges Péclet : Duroc
Aimos : la ficelle
Dalio : le donneur









Le puritain, de Jeff Musso

Fresnay est le commissaire Lavan. Il affronte un jeune homme qui a tué une femme.

Avec :
Jean-Louis Barrault : Francis Ferriter, le puritain meurtrier
Viviane Romance : Molly







1938



Adrienne Lecouvreur, de Marcel L'Herbier

L'action se situe au 18e siècle. Fresnay est Maurice de Saxe, dont le film raconte les amours avec la comédienne Adrienne Lecouvreur.

Avec :
Yvonne Printemps : Adrienne Lecouvreur
Junie Astor : la duchesse de Bouillon
Madeleine Sologne : Flora
Jaque-Catelain : d'Argental







Alerte en Méditerranée, de Léo Joannon et T.H. Robert

Fresnay est le commandant Lestailleur








Trois valses, de Ludwig Berger

Fresnay incarne trois personnages : Octave de Chalencey, Philippe de Chalencey et Gérard de Chalencey

Avec :
Yvonne Printemps : Fanny, Yvette et Irène Grandpré
Henri Guisol : Brunner fils
Jean Périer : président Lebrun

L'action se déroule sur trois époques. La cantatrice Fanny Grandpré et Octave de Chalencey s'aiment mais ne peuvent se marier. A la génération suivante, Yvette, fille de Fanny et comédienne de théâtre, ne peut pas non plus épouser Philippe, le fils d'Octave. A la troisième génération, Irène, fille d'Yvette, et actrice, rencontre Gérard, fils de Philippe, qui tourne un film avec elle. Ils convolent en justes noces.








1939



La charrette fantôme, de Julien Duvivier

Fresnay est David Holm

Avec :
Louis Jouvet : Georges
Marie Bell : soeur Maria
Micheline Francey : soeur Édith
Robert Le Vigan : père Martin




Le dernier des six : première apparition de Fresnay dans la peau de l'inspecteur Wens
1941




Le dernier des six, de Georges Lacombe, achevé par un autre réalisateur

Fresnay est l'inspecteur Wens

Production : Continental Films
D'après Six hommes morts, roman policier de Steeman
Adaptation et dialogues : Henri-Georges Clouzot
Image : Robert Le Febvre
Son : William-Robert Sivel
Décors : André Andrejew
Musique : Jean Alfaro
Avec :
Michèle Alfa : Lolita
Suzy Delair : la compagne de Wens
André Luguet : Senterre, qui a créé un music-hall
Jean Tissier : Tignol
Jean Chevrier : Perlonjour
Lucien Nat : Gernicot
Georges Rollin : Gribbe
Raymond Ségard : Namotte

Des copains sans le sou décident de partir chacun dans une partie du monde afin d'y tenter leur chance. Ils doivent se retrouver quelques années plus tard; ils jurent qu'alors, ceux qui auront fait fortune partageront avec ceux qui auront échoué. Hélas, au moment des retrouvailles, ils sont tués les uns après les autres.







Mamouret ou le briseur de chaînes, de Jacques Daniel-Norman

Fresnay est Marcus

Avec :
Marcelle Géniat

Une dame veut marier son arrière-petite-fille à Marcus, contre l'avis de la famille






1942



Le journal tombe à cinq heures, de Georges Lacombe

Fresnay est le reporter Pierre Rabaud, dans ce film qui prétend montrer la vie d'un journal quotidien

Avec :
Pierre Renoir : François Marchal, le directeur
Marie Déa : Hélène Perrin
Gabrielle Dorziat : mademoiselle Lebeau
Pierre Larquey : Phalanpin
Bernard Blier : Bertod
René Génin : Bedu
Jean Brochard : Meulon
Pasquali : Fragonard




L'assassin habite au 21 : dans le roman de Steeman, Wens n'apparaît pas; et la vérité est découverte par l'un des pensionnaires du 21
L'assassin habite au 21, de Henri-Georges Clouzot


Fresnay est de nouveau l'inspecteur Wens. Il enquête sur une série de crimes signés Monsieur Durand. Un voyou l'oriente vers une pension de famille, dans laquelle se cacherait ce mystérieux Durand. Wens s'y introduit en pasteur. Il va devoir trouver qui, parmi les pensionnaires, est le terrible assassin.


Production : Continental Films
D'après le roman policier de Steeman
Adaptation : Clouzot et Stanislas-André Steeman
Scénario et Dialogues : Clouzot
Montage : Christian Gaudin
Chef-opérateur : Armand Thirard
Décors : André Andrejew
Musique : Maurice Yvain
Avec :
Pierre Larquey : Colin, l'un des pensionnaires du 21
Suzy Delair : la fiancée de Wens
Odette Talazac : madame Point, qui dirige la pension du 21
Maximilienne : mademoiselle Cuq, l'une des pensionnaires du 21
Jean Tissier : le professeur Lallah Poor, l'un des pensionnaires du 21
Noël Roquevert : le docteur Linz, l'un des pensionnaires du 21
Jean Despeaux : Kid Robert, boxeur devenu aveugle et pensionnaire du 21
Raymond Bussières : Turlot, le voyou qui oriente la police vers la piste du 21
Gustave Gallet : le directeur de la police judiciaire
Guy Sloux : le journaliste qui interviewe Lallah Poor



Pour le résumé, le générique et trois extraits de L'assassin habite au 21, cliquez ICI



La main du diable comporte certains passages qui rappellent un film muet de Maurice Tourneur, L'oiseau bleu
La main du diable, de Maurice Tourneur

Fresnay est Roland Brissot, peintre qui connaît le succès après être, en quelque sorte, tombé sous la coupe du diable.

Production : Continental
Scénario : Jean-Paul Le Chanois, qui aurait vaguement adapté La main enchantée, conte de Gérard de Nerval (1808/1855). A la vérité, hormis la main qui s'émancipe, il n'y a quasiment rien de commun entre le livre et le film
Directeur de la photographie : Armand Thirard
Avec :
Noël Roquevert : Mélisse
Pierre Larquey : Ange
Josseline Gael : Irène




Le corbeau : un film qui, après la deuxième guerre mondiale, fut considéré comme emblématique de la Collaboration avec l'occupant allemand
1943



Le corbeau, de Henri-Georges Clouzot


Pour le générique, le résumé et deux extraits du Corbeau, cliquez ICI








Je suis avec toi, de Henri Decoin

Fresnay est François

Avec :
Yvonne Printemps : Elizabeth et Irène

Une femme se fait passer pour son sosie. Sous cette identité, elle séduit son époux.









Le voyageur sans bagage, de Jean Anouilh

Fresnay est Gaston, grand blessé de guerre qui a perdu la mémoire. Plusieurs familles prétendent qu'il est des leurs.

Avec :
Blanchette Brunoy : Valentine
Marguerite Deval : duchesse Dupont-Dufort
Pierre Renoir : Georges Renaud
Sylvie : Madame Renaud
Jean Brochard : Marcel Berthier








L'escalier sans fin, de Georges Lacombe





Pierre Fresnay (1897/1975)
1945



La fille du diable, de Henri Decoin

Fresnay est Ludovic Mercier/Saget. Il tue un homme dont il usurpe l'identité.

Avec :
Andrée Clément : Isabelle
Fernand Ledoux : le docteur
Thérèse Dorny : tante Hortense
Paul Francoeur : l'aubergiste


1946



Le visiteur, de Jean Dréville

Fresnay est l'avocat/assassin Sauvain

Avec :
Simone Sylvestre : Simone
Jean Debucourt : le policier
Antoine Balpêtré : Louberger, le directeur du pensionnat
Michel Vitold : Oxner






1947



Monsieur Vincent, de Maurice Cloche

Fresnay est saint Vincent de Paul

Avec :
Lise Delamare : Françoise Marguerite de Silly, comtesse de Joigny
Aimé Clariond : Richelieu
Jean Debucourt : Philippe-Emmanuel de Gondi, comte de Joigny
Gabrielle Dorziat : la présidente Groussault
Pierre Dux : le chancelier Séguier
Michel Bouquet : le tuberculeux
Gabrielle Fontan : la sourde dans le presbytère
Jean Carmet : l'abbé Pontail







Les condamnés, de Georges Lacombe

Fresnay et Yvonne Printemps forment le couple Séverac. L'épouse s'entiche d'un jeunot. Or, le mari meurt, empoisonné à l'arsenic.







1948



Barry, de Richard Pottier

Fresnay est le père Théotime. L'action se situe pendant la campagne d'Italie de Bonaparte. Le moine Théotime et son chien Barry, un saint-Bernard, sauvent la fille d'une femme que Théotime a aimée naguère.

Avec :
Simone Valère : Angélina Cavazza
Jean Brochard : Philémon Cavazza
Marc Valbel : Jean-Marie Sondaz
Alexandre Mihalesco : l'aubergiste
Pauline Carton : madame Clouzal







Au grand balcon, de Henri Decoin

Fresnay est Carbot, aviateur à l'aéropostale

Scénario et dialogues : Joseph Kessel
Avec :
Georges Marchal : Jean Fabien
Robert Arnoux : Vuillemin
Paul Azaïs : Morel







Vient de paraître, de Jacques Houssin

Fresnay est l'éditeur Moscat. Il lance un nouvel écrivain.

D'après une pièce d'Edouard Bourdet.







La valse de Paris, de Marcel Achard

Fresnay est le compositeur Jacques Offenbach.

Avec :
Yvonne Printemps : Hortense Schneider
Pierre Dux : le général Danicheff
Robert Manuel : José Dupuis
Lucien Nat : Napoléon III
André Roussin : Henri Meilhac
Jacques Charon : Berthelier






Ce siècle a cinquante ans, de Denise Tual

Documentaire dont le commentaire en voix off est dit par Pierre Fresnay






1950




Dieu a besoin des hommes, de Jean Delannoy

Fresnay est Thomas Gourvennec. Il est amené à assumer les fonctions de prêtre sur une île qui en est dépourvue.

Scénario : Aurenche et Bost







Justice est faite, d'André Cayatte

Fresnay ne joue pas dans le film, mais, à la fin, sa voix dirait un commentaire





1951




Monsieur Fabre, de Henri Diamant-Berger

Fresnay est Jean-Henri Fabre, entomologiste du 19e siècle.





Un grand patron, d'Yves Ciampi

Fresnay est le chirurgien Louis Delage.

Avec :
Renée Devillers : Florence Delage, épouse de Louis
Claire Duhamel : Catherine Delage, nièce de Louis
Marcel André : Charles Tannard


Pour un extrait du film Un grand patron, cliquez ICI





Le voyage en Amérique, de Henri Lavorel

Fresnay est Gaston Fournier, directeur de banque. Lui et son épouse font un voyage en Amérique.

Musique : Francis Poulenc (1899/1963)
Avec :
Yvonne Printemps : Clotilde Fournier, la femme de Francis
Jean Brochard : le maire





1952



Il est minuit, docteur Schweitzer, d'André Haguet

Fresnay est le docteur Albert Schweitzer. A la veille de la guerre de 1914, il exerce au Gabon. Film tiré d'une pièce de Gilbert Cesbron.






1953



La route Napoléon, de Jean Delannoy

Fresnay est Edouard Martel. Cet homme d'affaires développe le tourisme dans une région en prétendant que Napoléon y est passé, jadis.





Le défroqué, de Léo Joannon

Fresnay est Maurice Morand, prêtre défroqué.

Avec :
Marcelle Géniat : madame Morand
Guy Decomble : père Mascle
René Blancard : Lacassagne
Abel Jacquin : le père supérieur
Léo Joannon : le chanoine Jousseaume





1954


Les évadés, de Jean-Paul Le Chanois

Fresnay est le lieutenant Pierre Keller

Avec :
François Périer : François
Michel André : Michel






1955



Les aristocrates, de Denys de la Patellière

Fresnay est le marquis de Maubrun






1956



L'homme aux clefs d'or, de Léo Joannon

Fresnay est Antoine Fournier, professeur qui surprend des élèves, dont un certain Rémy, à voler. Une amie de Rémy, Gisèle, accuse alors Fournier d'avoir tenté de la violer. Il est renvoyé. Il devient portier d'hôtel. Des années plus tard, débarquent à l'hôtel deux couples : Rémy et son épouse, Gisèle et son mari. L'heure de la vengeance a sonné pour l'ancien enseignant.

Avec :
Annie Girardot : Gisèle
Gil Vidal : Rémy
Jean Rigaux : Joseph Ansaldi






1957


Les oeufs de l'autruche, de Denys de la Patellière

Fresnay est Hippolyte Barjus, dans ce film tiré d'une comédie d'André Roussin. Monsieur Barjus a deux fils. L'un paraît plus ou moins homosexuel et désire faire carrière comme grand couturier.

Avec :
Simone Renant : Thérèse Barjus
Georges Poujouly : Roger Barjus
Mady Berry : Léonie






Les fanatiques, d'Alex Joffé

Fresnay est Luis Vargas, révolutionnaire qui est monté avec une bombe dans l'avion où a pris place aussi le dictateur Ribera.






1958



Et ta soeur, de Maurice Delbez

Fresnay est Bastien du Boccage, directeur d'un journal






Tant d'amour perdu, de Léo Joannon

Fresnay est Joseph Andrieu







1959



Les affreux, de Marc Allégret

Fresnay est César Dandieu






La millière fenêtre, de Robert Ménegoz

Fresnay est Arnaud (ou Armand ?) Vallin, retraité que des promoteurs immobiliers veulent chasser pour les besoins d'une grande cité.






1960




Les vieux de la vieille, de Gilles Grangier

Fresnay est Baptiste Talon. Avec deux autres vieux messieurs, il boit et fait des bêtises. Considéré par beaucoup comme l'un des films les plus nuls dans lesquels soit apparu Fresnay.

Avec :
Jean Gabin : Jean-Marie Péjat
Noël-Noël : Blaise Poulossière






Pierre Fresnay réalisateur

1939



Le duel, seul film réalisé par Fresnay

Fresnay est le père Daniel Maurey

Scénario et dialogues : Henri-Georges Clouzot et J. Villard d'après une pièce d'Henri Lavedan
Avec :
Yvonne Printemps : Thérèse Jaillon
Raimu : le père Bolène
Raymond Rouleau : le docteur Pierre Maurey, frère de Daniel Maurey
François Périer : François

Le prêtre Daniel Maurey tente d'empêcher le mariage de son frère Pierre avec une femme que lui, Daniel, aime aussi.





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Hédy Sellami

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Eclairages est, à notre connaissance, le seul support à répertorier un aussi grand nombre de sites consacrés au septième art, qui plus est classés par thèmes, continents, pays, ordre alphabétique.













La banque Nemo, un film d'une brûlante actualité



Réalisé vers 1934, l'opus de Marguerite Viel retrace l'ascension sociale d'un arriviste qui ne recule devant aucune manoeuvre pour parvenir au sommet.

Ce n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre, mais il est au moins une scène qu'il faut voir, aujourd'hui en 2013, tant elle paraît d'actualité : le conseil des ministres (notre extrait). A l'époque, cette scène, qui montre ces messieurs sous leur jour véritable, aurait d'ailleurs été censurée, coupée.

Certains prétendront que nous sommes dans la caricature : au contraire, il nous paraît que nous sommes encore au-dessous de la réalité, de notre réalité.

Toute ressemblance avec des personnages et des faits existant aujourd'hui constitue, sans doute, une coïncidence ...

Il n'empêche que l'on croirait entendre parler d'affaires actuelles, récentes, quand, par exemple, le président du Conseil rappelle au ministre des colonies qu'il a concédé des terrains à l'affairiste alors que ses subordonnés le lui avaient déconseillé; ou lorsque la question est posée de savoir comment le banquier véreux peut être en possession de documents qui auraient dû rester entre les mains du même ministre ...

Frappants échos encore avec la situation actuelle quand on rappelle au président du Conseil qu'il a plaidé pour le banquier il y a six mois ...

Aura-t-on la cruauté de remarquer aussi combien est ressemblant ce personnage d'imbécile qui tient à son poste parce qu'il est ministre pour la première fois, et depuis si peu de temps, alors qu'il était député depuis quinze ans ...

Oui, tout cela ressemble horriblement à ce qu'aujourd'hui, nous vivons en pire ...







Alfred sur les traces d'Agatha ?

Alfred sur les traces d'Agatha ?

Eclairages vous présente une nouvelle étude sur Hitchcock. Intéressons-nous plus particulièrement à ses rapports avec une Anglaise célèbre ... "la reine du crime" ... Agatha Christie. Nous allons voir que plusieurs films du cinéaste présentent d'étranges ressemblances avec certains livres de sa compatriote.





Quand Kurosawa fait appel à Ravel







Le récit de la femme violentée dans 羅生門 (Rashomon) est accompagné d'une partition inspirée du célèbre Boléro.

Démonstration en images et en musique avec l'extrait du film et le final de l'opus ravélien.













Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu


Un journaliste qui, dans un "grand" support de presse, prétend analyser l'oeuvre d'Ozu, alors qu'un élément prouve, de façon incontestable, qu'il n'a pas vu le film dont il parle ? Eh oui ! Malheureusement, c'est possible ! Démonstration, avec preuve à l'appui.


Afin que personne ne crie à la citation tronquée et pour que le lecteur puisse juger sur pièce, nous reproduisons intégralement, en annexe, un article daté du 21/7/2005 et inséré dans la rubrique Culture et spectacles du Figaro, sous le titre Ozu, la compassion contre le moralisme.

L'auteur, un certain Bertrand Dicale, écrit avec emphase : "Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis".






Un journaliste au-dessus de tout soupçon


A lire ce paragraphe, les âmes candides ne peuvent douter que notre éminent spécialiste ait vu les oeuvres d'Ozu, singulièrement celles qu'il cite. Le contraire serait totalement incompatible avec son article.

Et puis, tout de même, ce monsieur est titulaire de la carte de presse !
Il a également publié au moins un livre; pas sur le cinéma, certes, mais sur madame Juliette Gréco. Car il serait l'un des meilleurs connaisseurs de la chanson française, si l'on se fie à sa réputation officielle. C'est donc, en principe, un esprit brillant, qui peut s'appliquer à différents domaines. Pensez ! Spécialiste et d'Ozu et de Juliette Gréco et de la chanson variété.
Avec cela, critique exigeant, selon ce que clame le site internet de la SACEM (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique).
Enfin, pour ne rien gâcher, il serait rédacteur en chef adjoint des pages spectacles du Figaro, l'un des plus grands journaux dont puisse s'enorgueillir l'inattaquable grande presse française, dont l'unique souci est de suer sang et eau pour remplir son sacro-saint devoir d'information, en toute indépendance et en toute honnêteté.


Comment un tel homme, investi d'une telle mission, pourrait-il n'être qu'un charlatan, un bonimenteur de foire entortillant le badaud à coups de grandes phrases pompeuses, un tartufe qui, la main sur le coeur, prend allègrement pour des imbéciles les innocents qui ont l'honneur de lui prêter l'oreille ?





Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

L'impossible imposture


Bien sûr qu'il connaît les films d'Ozu, et tous ! La preuve : il accumule les adverbes de temps tels que : toujours, parfois. N'écrit-il pas : "Le cinéaste semble toujours dubitatif" ? Et ne mentionne-t-il pas alors trois oeuvres qui corroborent ce "toujours" ? C'est donc qu'il les a vues, ces trois oeuvres ! Et que les trois confirment le "toujours". La formulation même : "Que l'héroïne ... que le jeune professeur ... que le héros adultère ..., Ozu conserve une distance" etc, cette formulation implique nécessairement que pas un de ces films n'infirme la règle; règle que notre subtil exégète ne peut avoir dégagée qu'après avoir visionné les films eux-mêmes, et particulièrement ces trois-là, puisqu'il les a retenus comme emblématiques.

"Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance" etc : encore une fois, comment pourrait-il conclure cela, comment oserait-il user de ce "toujours", à partir des trois opus qu'il a choisi de citer, s'il ne les connaissait pas ? De telles phrases impliquent nécessairement que monsieur Dicale soit familiarisé avec les oeuvres qu'il évoque. S'il ne l'était pas, non seulement ces phrases n'auraient aucune valeur; mais elles relèveraient de l'imposture pure et simple.





La preuve du délit


Malheureusement pour monsieur Bertrand Dicale, l'héroïne d'Une femme de Tokyo ne se prostitue pas pour payer les études de son fiancé; elle finance les études de son frère. Et aucune des personnes qui ont vu cette bande, ne peut s'y méprendre : car, que les deux personnages soient frère et soeur, est répété maintes fois au cours du film; et toute l'histoire met clairement en scène cette parenté; laquelle, à aucun moment, ne peut être confondue avec une relation fiancée/fiancé. Donc, qui a vu le film, sait obligatoirement que le garçon est le frère; cela ne peut pas échapper au spectateur, qui ne peut pas non plus l'oublier.

Par contre, l'énorme erreur de monsieur Dicale s'élucide si l'on songe qu'elle figure dans les documents promotionnels qui accompagnent la sortie de l'oeuvre. Ainsi, par exemple, à l'entrée du Champo - salle qui programme Ozu - une feuille mise à disposition du public, annonce ceci : "Une jeune femme se prostitue pour payer les études de son fiancé". C'est presque exactement la phrase que l'on peut lire dans l'article de monsieur Dicale, où jeune femme est juste remplacé par héroïne ... Ce que c'est qu'un critique exigeant ...

Pas de veine, tout de même, ce monsieur Dicale. Il a trouvé le moyen d'étayer sa démonstration précisément avec le film qu'il ne fallait pas * ! On serait tenté d'accuser la maladresse, s'il ne fallait plutôt invoquer la malchance : car, pour être maladroit, il eût fallu que monsieur Dicale sût que les prospectus se trompaient dans leur résumé d' Une femme de Tokyo; et, pour le savoir, il eût fallu voir le film.

Au surplus, il n'est même pas certain que l'héroïne se prostitue, comme l'affirment les documents promotionnels et, à leur suite, monsieur Dicale. Certes, la demoiselle travaille dans un bar; certes, à un moment, elle monte dans une voiture avec un client du bar; mais, cela signifie-t-il vraiment qu'elle vende son corps ? On pourrait d'autant plus en douter que, selon les intertitres français, elle reproche à son frère de prendre trop au tragique le métier qu'elle exerce. Pourrait-elle considérer qu'un frère prenne trop au tragique la prostitution de sa soeur ? C'est peu vraisemblable. Le reproche qu'elle adresse à son frère, s'expliquerait mieux si elle n'était que vaguement hôtesse sans aller jusqu'à la prostitution.
Mais, ce sont là questions de détail que seul peut se poser un maniaque comme nous, qui poussons l'obsession jusqu'à aller voir les films avant d'en parler, et jusqu'à tenter de les comprendre. Un grand critique de la grande presse ne descend pas à de telles futilités : quand on a la science infuse, on connaît à fond son cinéaste, avec une certitude infaillible et comme innée qui dispense d'en fréquenter les oeuvres ...


* PS ajouté le 2/9/2008 : inutile de le préciser : rien ne prouve que monsieur Dicale connaisse davantage les autres films d'Ozu dont il parle.

Notre édito a été mis en ligne en 2005 à l'occasion d'un cycle Ozu au cinéma Le Champo, à Paris. Nous ignorons si le grand critique nommé Dicale est toujours au Figaro.







L'article de monsieur Dicale dans Le Figaro


Ozu, la compassion contre le moralisme
Bertrand Dicale
21 juillet 2005

Le Japon ? Il n'y a pas que ça dans les films d'Ozu. Avec ses intérieurs de bambou et de papier huilé, ses repas aux rites discrets mais inflexibles, ses gestes si facilement énigmatiques, on pourrait les regarder comme des documents bruts, comme une plongée objective dans une réalité sociale et culturelle. D'ailleurs, les personnages ne semblent parfois animés que par un surmoi impérieux, par des conventions et des sacrifices qui font s'effacer tout ce que nous appelons, dans notre Europe, le coeur et même l'âme.

Mais il y a autre chose que le Japon, sa morale et ses normes, même dans Il était un père, film des années 40 inédit en France et présenté pour la première fois cet été, autre chose encore dans chacun des 14 longs-métrages classiques de la rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui. Cet autre chose, c'est l'intimité, la familiarité de Yasujiro Ozu avec le drame. Sa génération de Japonais a connu des cataclysmes historiques (sa carrière sera interrompue par plusieurs années à l'armée, jusqu'en 1941, alors que son pays plonge dans une guerre suicidaire), mais ils apparaissent à peine dans ses films.

Ce qui l'intéresse, ce sont les plus intimes, les plus douces, les mieux intentionnées des injustices – celles de la famille, celles de la vertu. Il n'est qu'à observer le regard tendre mais un peu sec de son acteur fétiche, Chishu Ryu, lorsque, dans Il était un père, il refuse avec la plus vive énergie que son fils quitte son poste de professeur dans une petite ville de province pour venir vivre avec lui à Tokyo. Veuf, il est séparé de son fils unique depuis les années de collège de celui-ci, mais peu importe : chacun doit accomplir son devoir, à sa place et dans sa position, malgré l'amour, malgré le manque, malgré l'élan toujours sensible de la liberté. Il est écrit que ce père et ce fils doivent vivre loin de l'autre, avec seulement des souvenirs et des attentions lointaines, et il n'est pas question qu'ils échappent, l'un comme l'autre, à ce devoir-là.

Ce regard de Chishu Ryu dans cette scène d'Il était un père, droit mais sans colère, on le retrouve dans les remontrances finalement indulgentes du vieux père à ses très jeunes enfants dans Bonjour (1959), dans les réflexions du conservateur un peu perdu devant la jeunesse dans Eté précoce (1951)... Une colère éternellement d'un autre temps, mélange d'étonnement et de rigueur, de bienveillance et de moralisme. Les exégètes voient en Chishu Ryu plus qu'un porte-parole d'Ozu dans ses films : il est une manière de porte-âme, un double sans masque. Et c'est lui qui, à l'écran, apparaît à la fois comme un gardien de l'ordre et un coeur doux, comme un pater familias roide dans ses certitudes et un homme toujours un peu perdu devant la vie. Alcoolique infiniment digne dans Le Goût du saké (1962), homme mûr perdu dans les liens emmêlés de sa vie dans Crépuscule à Tokyo (1957), Chishu Ryu ressemble à Yasujiro Ozu, le fils jamais marié qui sera anéanti par la mort de sa mère.

La rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui traverse l'oeuvre d'Ozu à travers le prisme des conflits intérieurs, des cas de conscience, des hésitations morales. Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis. Beaucoup plus loin que le Japon, il montre l'humain.




26 de nos 311 extraits de films

Répertoire des films noirs américains



Eclairages met en ligne un répertoire des films noirs américains, classés par compagnie cinématographique et par ordre alphabétique.

Pour chaque film, le générique, le résumé, des photogrammes et un ou plusieurs extraits.

Le répertoire sera progressivement enrichi.









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