Hédy Sellami présente

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Extraits à venir sur Eclairages



Parmi les films dont nous mettrons des séquences en ligne prochainement :

L'éternel retour, de Cocteau et Delannoy

Les mondes futurs, sur un scénario de HG Wells

Coeurs en lutte, de Fritz Lang

Le village du péché, d'Iwan Prawow et Olga Preobrashenskaja

Othello, d'Orson Welles

Le chevalier à la rose, de Robert Wiene

The dragon painter, avec Sessue Hayakawa






De Rebecca aux Sept samouraïs

De Rebecca aux Sept samouraïs


Eclairages vous propose une sélection de séances, avec aussi Buster Keaton; et Alexandre Nevski en ciné-concerts; Une femme dont on parle; L'année 1917; Du silence et des ombres; Les grands espaces; Comrades; Pierre Fresnay; Le gouffre aux chimères; William Wyler; Kurosawa; le patrimoine français; ou encore des films soviétiques.

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Pour la diffusion de films muets à la télévision publique


Quoi qu'en disent certains, la connaissance et la publication des films muets restent faibles, fragmentaires.

C'est particulièrement le cas des films français.

Voici qui est tout de même stupéfiant : on ne peut trouver en DVD qu'une infime minorité des oeuvres les plus marquantes signées par les cinéastes les plus célèbres : Gance, Dulac, L'Herbier, Antoine, Epstein (1) ...

Il faut parfois chercher chez des éditeurs étrangers pour dénicher une oeuvre !

Et ne parlons pas des réalisateurs davantage négligés encore : les Roussel, les Kemm, les Lion, les Hervil, les Poirier ...

N'est-il pas pour le moins étrange que ces cinégraphistes soient littéralement interdits d'antenne dans leur propre pays ?

Pour ne citer que ce seul exemple, combien de films signés Baroncelli la télévision française a-t-elle diffusés depuis qu'elle existe ?

Il ne serait pas scandaleux qu'une chaîne publique projette, ne serait-ce qu'une fois par mois, un film français muet.

Cela n'apparaîtrait tout de même pas disproportionné par rapport au nombre de gens intéressés, certes faible.

France 5 diffusant déjà des documentaires, France 3 le Cinéma de minuit, France 2 (irrégulièrement et très tard) le Ciné-club, France 4 pourrait être tenue de respecter ce minimum que l'on serait en droit d'attendre du service public.


(Notre illustration : Monte-Cristo (1929) de Fescourt : le crime dans l'auberge).




(1) ajouté le 29 mai 2014 : Epstein fait maintenant l'objet d'une édition en dvd.


Grands journalistes ou grands ignares ?

Grands journalistes ou grands ignares ?


Madame La Très Grande Journaliste Anne Sinclair, Directrice Editoriale du Bluffington Post, commence l'un de Ses éditos par : "L'homme qui en savait trop est un mauvais film d'Alfred Hitchcock".

Que Sa Majesté permette à mon humble personne d'apporter quelques précisions. J'espère que Son Altesse La Dominante n'en voudra pas trop au dominé que je suis ...

Il existe deux versions de The man who knew too much, l'une réalisée vers 1934, l'autre réalisée vers 1956.

Sainte Anne l'ignorant, Elle n'a pas précisé à quelle version Elle se réfère.

L'opus de 1934 n'est pas si mauvais.

Certes, celui de 1956 n'est pas le meilleur Hitchcock, loin s'en faut ...

Mais, si j'osais prétendre apprendre quoi que ce soit à Sa Sainteté, je Lui signalerais que cette version de 1956 comporte l'une des scènes les plus formidables qu'ait signées le maître : le fameux concert au cours duquel le meurtre doit être commis (notre extrait).

Qu'importe, après tout ! Que cela n'empêche pas Sa Royauté d'expédier le film comme Elle le fait ...

Je m'excuse d'avoir été si outrecuidant envers Ma Supérieure.

D'autant qu'Elle n'est pas la seule vedette du journalisme à étaler Son ignorance avec une telle insouciance.

Un jour, à la radio, j'entendais Le Pape Jean-François Kahn. Il lâcha quelque chose du genre : "Le film Little Cesar, avec ce gangster joué par James Cagney".

Il aurait dû mieux préparer Son topo, ou mieux choisir Ses nègres. Little Cesar a pour acteur principal ... Edward G. Robinson, et non James Cagney.

J'espère que Son Excellence ne m'en voudra pas d'avoir osé relever Son erreur. Où va-t-on si les serviteurs tels que moi, ceux que Monsieur Kahn appellerait les boniches, se mettent à jouer les professeurs ?





261e filmographie

261e filmographie

Deux partitions pour une grève



Стачка (La grève, 1925) d'Eisenstein, peut être visionné en deux copies, avec deux musiques différentes.

L'une (ci-dessus) a été composée récemment par Pierre Jodlowski pour la cinémathèque de Toulouse. L'autre (ci-dessous) est constituée de morceaux signés Chostakovitch pour une restauration soviétique de 1969.

C'est l'occasion de constater à quel point l'accompagnement sonore d'un film muet en modifie la perception.






De Rebecca aux Sept samouraïs




Eclairages vous propose une sélection de séances : Une femme dont on parle; William Wyler; Freaks; Rebecca; Pierre Fresnay; L'année 1917; Les grands espaces; Kurosawa; Comrades; des ciné-concerts etc

N'oubliez pas de consulter aussi les programmes dans les instituts culturels, les musées et les cinémathèques, que vous trouverez dans nos liens.

Notre grille de programmes est régulièrement enrichie. En plus de la mise à jour complète du mercredi. Les films que nous retenons sont, en principe, projetés en version originale sous-titrée en français; lorsqu'ils sont montrés en version doublée française, nous le signalons.

Lorsque des noms apparaissent en bleu, ce sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer. Nous vous rappelons, du reste, que notre liste de liens a été considérablement enrichie : vous y trouverez, notamment, maints sites d'acteurs et d'actrices.




Pour aller vite



La cinémathèque française présente une exposition en lien avec le cinéma japonais, jusqu'en juin 2017. Cliquez ICI

Jusqu'au 27 février 2017, la cinémathèque française présente une rétrospective Frank Capra. Cliquez ICI




Dans le cadre du cinéma en famille, le musée d'Orsay projette des films d'animation des années 1910/1920. Cliquer ICI



Le Champo ressort Pandora, d'Albert Lewin, au moins jusqu'au mardi 28 février 2017. Cliquez ICI




Le Desperado (ex-Action Ecoles, 23 rue des écoles, 75005 Paris), ressort notamment des films avec Pierre Fresnay (La main du diable, Le dernier des six ou encore L'assassin habite au 21).



Encore à Paris, la Filmothèque ressort notamment des films de John Cassavetes et de Martin Scorsese. Cliquez ICI



Le Limonaire, à Paris, projette des films muets en ciné-concerts. Cliquez ICI



Le club du cinéma russe de Bordeaux projette des films russes et soviétiques connus ou beaucoup moins connus, dont certains rarement ou jamais vus en France. Cliquez ICI







William Wyler détective


Le Christine 21, 4 rue Christine, 75006 Paris, ressort notamment certains des meilleurs films de William Wyler, au moins jusqu'au mardi 28 février 2017

A voir notamment :

mercredi 22 février 2017 à 15h40

Histoire de détective
USA. 1951. 1h45. Avec Kirk Douglas et Eleanor Parker

Un policier veut le peau d'un médecin avorteur auquel sa femme a eu affaire ... Les dernières heures de la vie d'un détective tourmenté. L'un des meilleurs rôles confiés à Kirk Douglas.


A voir aussi, entre autres : Le gouffre aux chimères, de Billy Wilder, avec Kirk Douglas.







Eisenstein, Nevski et Prokofiev à Paris

De Rebecca aux Sept samouraïs

Vendredi 3 mars 2017 à 20h30, la Philharmonie de Paris (Cité de la musique) projette, en ciné-concert :

Alexandre Nevski, d'Eisenstein
URSS. 1938. 2 heures.

La victoire d'Alexandre Nevski sur les chevaliers teutoniques.

Le film sera accompagné par la musique de Prokofiev, jouée par un orchestre symphonique et plusieurs chœurs.


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Freaks à Paris

De Rebecca aux Sept samouraïs

Le Grand Action, à Paris, passe le fameux film de Tod Browning, mardi 28 février 2017 à 17h45 :

Freaks
USA. 1932. 1h30. Avec Olga Baclanova et Wallace Ford.

Dans un cirque, vivent des personnes qualifiées de freaks (monstres) : femme à barbe, homme-tronc, siamoises etc. Un nain de la troupe est amoureux d'une femme physiquement normale. Elle se joue de lui. Les freaks lui infligeront un horrible châtiment ... A noter que le film possède deux fins; on montre généralement la fin horrible.

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Femme dont on parle au quartier latin

De Rebecca aux Sept samouraïs

A Paris, la Filmothèque du quartier latin ressort notamment, au moins jusqu'au mardi 28 février 2017 :

Une femme dont on parle, de Kenji Mizoguchi
Japon. 1954. 1h30. Avec Kinuyo Tanaka.

La fille d'une femme qui dirige une maison de geishas, devient la rivale de sa mère, car elle tombe amoureuse du même homme ... Par le réalisateur des Contes de la lune vague après la pluie et de La cigogne en papier.


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Sélection de programmes à la télévision française



Le Cinéma de minuit, sur France 3, propose des films anciens.

cycle en cours : Patrimoine français :

nuit du dimanche 26 au lundi 27 février 2017 vers 0h20 sur France 3

ça va barder, de John Berry
France/Italie. 1955. 1h35. Avec Eddie Constantine.

Des gangsters sont mêlés à un trafic d'armes. Pauvre John Berry, obligé de tourner des navets après avoir été mis sur la liste noire du maccarthysme. Quand on pense que c'est le même John Berry qui a signé Menace dans la nuit ...


A noter que, selon certaines rumeurs, le Cinéma de minuit de France 3 serait bientôt supprimé, même si France-Télévision a annoncé la poursuite de l'émission pendant encore quelques mois.

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dimanche 26 février 2017 à 20h45 et mardi 14 mars 2017 à 13h30 sur Arte

Rebecca, d'Alfred Hitchcock, d'après le livre de Daphné du Maurier
USA. 2h10. Avec Judith Anderson, Joan Fontaine et Laurence Olivier

Une jeune femme d'origine modeste épouse un homme riche. Ils emménagent à Manderley, la somptueuse propriété du mari. Là, la nouvelle épouse s'aperçoit que le fantôme de l'épouse précédente, Rebecca, hante toujours les esprits ... L'un des meilleurs Hitchcock, dont la fin est constituée d'une série de révélations qui sont autant de rebondissements. Dans le rôle de la gouvernante folle, une inoubliable Judith Anderson.


Le 26 février, Rebecca sera suivi d'un documentaire sur Daphné du Maurier (de 22h50 à 23h55.)


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mardi 28 février 2017 à 13h35 sur Arte

Les grands espaces, de William Wyler
USA. 1958. 2h45. Avec Gregory Peck, Charlton Heston, Jean Simmons, Burl Ives et Carroll Baker

Western. Deux familles sont en guerre pour l'appropriation d'une terre. Le fiancé de l'une des protagonistes du drame, tente de mettre fin aux violences, contrecarré en cela par un contremaître auquel l'oppose par ailleurs une rivalité amoureuse ... Par le réalisateur des Plus belles années de notre vie, de L'héritière, de Rue sans issue et de La vipère.


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nuit du jeudi 2 au vendredi 3 mars 2017 à 1h35 sur Arte

Comrades, de Bill Douglas
GB. 1986. 3 heures. Avec Vanessa Redgrave

Vers 1830, en Angleterre, des ouvriers agricoles forment une sorte de syndicat pour se défendre contre un grand propriétaire terrien. D'après l'histoire vraie des martyrs de Tolpuddle.


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Quand une femme monte à Paris

De Rebecca aux Sept samouraïs
A Paris, le Reflet Médicis ressort un film japonais de Naruse, mardi 28 février 2017 à 11h30 du matin :

Quand une femme monte l'escalier
Japon. 1960. 2 heures. Avec Hideko Takamine

Une hôtesse de bar croit avoir trouvé l'amour en la personne d'un de ses clients. Avec l'interprète de L'oie sauvage.


Autre film de Naruse au programme : Le grondement de la montagne, lundi 27 février 2017 à 11h30 du matin.


Le Reflet ressort aussi un film de Mulligan, Du silence et des ombres (1962), avec Gregory Peck, au moins jusqu'au mardi 28 février : un avocat Blanc défend un Noir accusé de viol.


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Balzac Keaton



dimanche 26 mars 2017 à 11 heures du matin, le Balzac, à Paris, projette, en ciné-concert, des films comiques américains muets avec le burlesque Buster Keaton.

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Paris en 1917



La cinémathèque française poursuite son cycle sur l'année 1917. jusqu'au 30 avril 2017.

A voir notamment :

dimanche 9 avril 2017 à 20 heures

Le devoir, de Léonce Perret
France. Muet. 1916. 50 minutes. Avec Emile Keppens.

Un médecin qui délaisse son épouse, s'aperçoit qu'elle est courtisée par un jeune homme ... Par le réalisateur de L'enfant de Paris.


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Kurosawa à Toulouse et Paris

De Rebecca aux Sept samouraïs

Du 27 janvier au 15 mars 2017, la cinémathèque de Toulouse rend hommage au réalisateur japonais Akira Kurosawa, avec notamment plusieurs de ses films en versions restaurées.

A voir notamment :

Les sept samouraïs
Japon. 1954. 3h30. Avec Toshiro Mifune

Au temps des samouraïs, au Japon, des samouraïs déclassés viennent en aide à des paysans que des bandits rançonnent et attaquent régulièrement. La fin d'un monde représenté par certaines valeurs, et l'émergence d'un monde où ces valeurs n'ont plus leur place ...


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Kurosawa est également à l'affiche au Champo, à Paris, au moins jusqu'au mardi 28 février 2017 : cliquez ICI







Pionniers du western à Paris



Du 8 au 28 février 2017, la Fondation Seydoux-Pathé, à Paris, propose un cycle de films muets en ciné-concerts sous le titre A la conquête de l'Ouest. Au programme, les pionniers du western.


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Annoncé pour bientôt

Pour sa saison 2016/2017, la cinémathèque de Toulouse annonce notamment Ginette Leclerc. Cliquez ICI
















Plan du métro et du RER à Paris

De Rebecca aux Sept samouraïs
Pour consulter un plan du métro et du RER à Paris afin de vous rendre dans les salles, cliquez
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Hédy Sellami, eclairages.eu

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Plus de 1 400 liens cinéma !

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Eclairages est, à notre connaissance, le seul support à répertorier un aussi grand nombre de sites consacrés au septième art, qui plus est classés par thèmes, continents, pays, ordre alphabétique.













La banque Nemo, un film d'une brûlante actualité



Réalisé vers 1934, l'opus de Marguerite Viel retrace l'ascension sociale d'un arriviste qui ne recule devant aucune manoeuvre pour parvenir au sommet.

Ce n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre, mais il est au moins une scène qu'il faut voir, aujourd'hui en 2013, tant elle paraît d'actualité : le conseil des ministres (notre extrait). A l'époque, cette scène, qui montre ces messieurs sous leur jour véritable, aurait d'ailleurs été censurée, coupée.

Certains prétendront que nous sommes dans la caricature : au contraire, il nous paraît que nous sommes encore au-dessous de la réalité, de notre réalité.

Toute ressemblance avec des personnages et des faits existant aujourd'hui constitue, sans doute, une coïncidence ...

Il n'empêche que l'on croirait entendre parler d'affaires actuelles, récentes, quand, par exemple, le président du Conseil rappelle au ministre des colonies qu'il a concédé des terrains à l'affairiste alors que ses subordonnés le lui avaient déconseillé; ou lorsque la question est posée de savoir comment le banquier véreux peut être en possession de documents qui auraient dû rester entre les mains du même ministre ...

Frappants échos encore avec la situation actuelle quand on rappelle au président du Conseil qu'il a plaidé pour le banquier il y a six mois ...

Aura-t-on la cruauté de remarquer aussi combien est ressemblant ce personnage d'imbécile qui tient à son poste parce qu'il est ministre pour la première fois, et depuis si peu de temps, alors qu'il était député depuis quinze ans ...

Oui, tout cela ressemble horriblement à ce qu'aujourd'hui, nous vivons en pire ...







Alfred sur les traces d'Agatha ?

Alfred sur les traces d'Agatha ?

Eclairages vous présente une nouvelle étude sur Hitchcock. Intéressons-nous plus particulièrement à ses rapports avec une Anglaise célèbre ... "la reine du crime" ... Agatha Christie. Nous allons voir que plusieurs films du cinéaste présentent d'étranges ressemblances avec certains livres de sa compatriote.





Quand Kurosawa fait appel à Ravel







Le récit de la femme violentée dans 羅生門 (Rashomon) est accompagné d'une partition inspirée du célèbre Boléro.

Démonstration en images et en musique avec l'extrait du film et le final de l'opus ravélien.











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Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu


Un journaliste qui, dans un "grand" support de presse, prétend analyser l'oeuvre d'Ozu, alors qu'un élément prouve, de façon incontestable, qu'il n'a pas vu le film dont il parle ? Eh oui ! Malheureusement, c'est possible ! Démonstration, avec preuve à l'appui.


Afin que personne ne crie à la citation tronquée et pour que le lecteur puisse juger sur pièce, nous reproduisons intégralement, en annexe, un article daté du 21/7/2005 et inséré dans la rubrique Culture et spectacles du Figaro, sous le titre Ozu, la compassion contre le moralisme.

L'auteur, un certain Bertrand Dicale, écrit avec emphase : "Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis".






Un journaliste au-dessus de tout soupçon


A lire ce paragraphe, les âmes candides ne peuvent douter que notre éminent spécialiste ait vu les oeuvres d'Ozu, singulièrement celles qu'il cite. Le contraire serait totalement incompatible avec son article.

Et puis, tout de même, ce monsieur est titulaire de la carte de presse !
Il a également publié au moins un livre; pas sur le cinéma, certes, mais sur madame Juliette Gréco. Car il serait l'un des meilleurs connaisseurs de la chanson française, si l'on se fie à sa réputation officielle. C'est donc, en principe, un esprit brillant, qui peut s'appliquer à différents domaines. Pensez ! Spécialiste et d'Ozu et de Juliette Gréco et de la chanson variété.
Avec cela, critique exigeant, selon ce que clame le site internet de la SACEM (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique).
Enfin, pour ne rien gâcher, il serait rédacteur en chef adjoint des pages spectacles du Figaro, l'un des plus grands journaux dont puisse s'enorgueillir l'inattaquable grande presse française, dont l'unique souci est de suer sang et eau pour remplir son sacro-saint devoir d'information, en toute indépendance et en toute honnêteté.


Comment un tel homme, investi d'une telle mission, pourrait-il n'être qu'un charlatan, un bonimenteur de foire entortillant le badaud à coups de grandes phrases pompeuses, un tartufe qui, la main sur le coeur, prend allègrement pour des imbéciles les innocents qui ont l'honneur de lui prêter l'oreille ?





Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

L'impossible imposture


Bien sûr qu'il connaît les films d'Ozu, et tous ! La preuve : il accumule les adverbes de temps tels que : toujours, parfois. N'écrit-il pas : "Le cinéaste semble toujours dubitatif" ? Et ne mentionne-t-il pas alors trois oeuvres qui corroborent ce "toujours" ? C'est donc qu'il les a vues, ces trois oeuvres ! Et que les trois confirment le "toujours". La formulation même : "Que l'héroïne ... que le jeune professeur ... que le héros adultère ..., Ozu conserve une distance" etc, cette formulation implique nécessairement que pas un de ces films n'infirme la règle; règle que notre subtil exégète ne peut avoir dégagée qu'après avoir visionné les films eux-mêmes, et particulièrement ces trois-là, puisqu'il les a retenus comme emblématiques.

"Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance" etc : encore une fois, comment pourrait-il conclure cela, comment oserait-il user de ce "toujours", à partir des trois opus qu'il a choisi de citer, s'il ne les connaissait pas ? De telles phrases impliquent nécessairement que monsieur Dicale soit familiarisé avec les oeuvres qu'il évoque. S'il ne l'était pas, non seulement ces phrases n'auraient aucune valeur; mais elles relèveraient de l'imposture pure et simple.





La preuve du délit


Malheureusement pour monsieur Bertrand Dicale, l'héroïne d'Une femme de Tokyo ne se prostitue pas pour payer les études de son fiancé; elle finance les études de son frère. Et aucune des personnes qui ont vu cette bande, ne peut s'y méprendre : car, que les deux personnages soient frère et soeur, est répété maintes fois au cours du film; et toute l'histoire met clairement en scène cette parenté; laquelle, à aucun moment, ne peut être confondue avec une relation fiancée/fiancé. Donc, qui a vu le film, sait obligatoirement que le garçon est le frère; cela ne peut pas échapper au spectateur, qui ne peut pas non plus l'oublier.

Par contre, l'énorme erreur de monsieur Dicale s'élucide si l'on songe qu'elle figure dans les documents promotionnels qui accompagnent la sortie de l'oeuvre. Ainsi, par exemple, à l'entrée du Champo - salle qui programme Ozu - une feuille mise à disposition du public, annonce ceci : "Une jeune femme se prostitue pour payer les études de son fiancé". C'est presque exactement la phrase que l'on peut lire dans l'article de monsieur Dicale, où jeune femme est juste remplacé par héroïne ... Ce que c'est qu'un critique exigeant ...

Pas de veine, tout de même, ce monsieur Dicale. Il a trouvé le moyen d'étayer sa démonstration précisément avec le film qu'il ne fallait pas * ! On serait tenté d'accuser la maladresse, s'il ne fallait plutôt invoquer la malchance : car, pour être maladroit, il eût fallu que monsieur Dicale sût que les prospectus se trompaient dans leur résumé d' Une femme de Tokyo; et, pour le savoir, il eût fallu voir le film.

Au surplus, il n'est même pas certain que l'héroïne se prostitue, comme l'affirment les documents promotionnels et, à leur suite, monsieur Dicale. Certes, la demoiselle travaille dans un bar; certes, à un moment, elle monte dans une voiture avec un client du bar; mais, cela signifie-t-il vraiment qu'elle vende son corps ? On pourrait d'autant plus en douter que, selon les intertitres français, elle reproche à son frère de prendre trop au tragique le métier qu'elle exerce. Pourrait-elle considérer qu'un frère prenne trop au tragique la prostitution de sa soeur ? C'est peu vraisemblable. Le reproche qu'elle adresse à son frère, s'expliquerait mieux si elle n'était que vaguement hôtesse sans aller jusqu'à la prostitution.
Mais, ce sont là questions de détail que seul peut se poser un maniaque comme nous, qui poussons l'obsession jusqu'à aller voir les films avant d'en parler, et jusqu'à tenter de les comprendre. Un grand critique de la grande presse ne descend pas à de telles futilités : quand on a la science infuse, on connaît à fond son cinéaste, avec une certitude infaillible et comme innée qui dispense d'en fréquenter les oeuvres ...


* PS ajouté le 2/9/2008 : inutile de le préciser : rien ne prouve que monsieur Dicale connaisse davantage les autres films d'Ozu dont il parle.

Notre édito a été mis en ligne en 2005 à l'occasion d'un cycle Ozu au cinéma Le Champo, à Paris. Nous ignorons si le grand critique nommé Dicale est toujours au Figaro.







L'article de monsieur Dicale dans Le Figaro


Ozu, la compassion contre le moralisme
Bertrand Dicale
21 juillet 2005

Le Japon ? Il n'y a pas que ça dans les films d'Ozu. Avec ses intérieurs de bambou et de papier huilé, ses repas aux rites discrets mais inflexibles, ses gestes si facilement énigmatiques, on pourrait les regarder comme des documents bruts, comme une plongée objective dans une réalité sociale et culturelle. D'ailleurs, les personnages ne semblent parfois animés que par un surmoi impérieux, par des conventions et des sacrifices qui font s'effacer tout ce que nous appelons, dans notre Europe, le coeur et même l'âme.

Mais il y a autre chose que le Japon, sa morale et ses normes, même dans Il était un père, film des années 40 inédit en France et présenté pour la première fois cet été, autre chose encore dans chacun des 14 longs-métrages classiques de la rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui. Cet autre chose, c'est l'intimité, la familiarité de Yasujiro Ozu avec le drame. Sa génération de Japonais a connu des cataclysmes historiques (sa carrière sera interrompue par plusieurs années à l'armée, jusqu'en 1941, alors que son pays plonge dans une guerre suicidaire), mais ils apparaissent à peine dans ses films.

Ce qui l'intéresse, ce sont les plus intimes, les plus douces, les mieux intentionnées des injustices – celles de la famille, celles de la vertu. Il n'est qu'à observer le regard tendre mais un peu sec de son acteur fétiche, Chishu Ryu, lorsque, dans Il était un père, il refuse avec la plus vive énergie que son fils quitte son poste de professeur dans une petite ville de province pour venir vivre avec lui à Tokyo. Veuf, il est séparé de son fils unique depuis les années de collège de celui-ci, mais peu importe : chacun doit accomplir son devoir, à sa place et dans sa position, malgré l'amour, malgré le manque, malgré l'élan toujours sensible de la liberté. Il est écrit que ce père et ce fils doivent vivre loin de l'autre, avec seulement des souvenirs et des attentions lointaines, et il n'est pas question qu'ils échappent, l'un comme l'autre, à ce devoir-là.

Ce regard de Chishu Ryu dans cette scène d'Il était un père, droit mais sans colère, on le retrouve dans les remontrances finalement indulgentes du vieux père à ses très jeunes enfants dans Bonjour (1959), dans les réflexions du conservateur un peu perdu devant la jeunesse dans Eté précoce (1951)... Une colère éternellement d'un autre temps, mélange d'étonnement et de rigueur, de bienveillance et de moralisme. Les exégètes voient en Chishu Ryu plus qu'un porte-parole d'Ozu dans ses films : il est une manière de porte-âme, un double sans masque. Et c'est lui qui, à l'écran, apparaît à la fois comme un gardien de l'ordre et un coeur doux, comme un pater familias roide dans ses certitudes et un homme toujours un peu perdu devant la vie. Alcoolique infiniment digne dans Le Goût du saké (1962), homme mûr perdu dans les liens emmêlés de sa vie dans Crépuscule à Tokyo (1957), Chishu Ryu ressemble à Yasujiro Ozu, le fils jamais marié qui sera anéanti par la mort de sa mère.

La rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui traverse l'oeuvre d'Ozu à travers le prisme des conflits intérieurs, des cas de conscience, des hésitations morales. Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis. Beaucoup plus loin que le Japon, il montre l'humain.




20 de nos 265 extraits de films

Répertoire des films noirs américains



Eclairages met en ligne un répertoire des films noirs américains, classés par compagnie cinématographique et par ordre alphabétique.

Pour chaque film, le générique, le résumé, des photogrammes et un ou plusieurs extraits.

Le répertoire sera progressivement enrichi.









Paramount


RKO


Twentieth Century Fox


Universal