Hédy Sellami présente
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Extraits à venir sur Eclairages

Extraits à venir sur Eclairages
Parmi les films dont nous mettrons des séquences en ligne prochainement :

Miss Mend, de Barnet et Ozep

Les mondes futurs, sur un scénario de HG Wells

Coeurs en lutte, de Fritz Lang

Le village du péché, d'Iwan Prawow et Olga Preobrashenskaja

Othello, d'Orson Welles

Le chevalier à la rose, de Robert Wiene

The dragon painter, avec Sessue Hayakawa






De La belle équipe à L'assassin habite au 21

De La belle équipe à L'assassin habite au 21


Eclairages vous propose une sélection de séances, avec aussi René Clair; Danse et cinéma; Rêves de chaque nuit; La divine; et The lodger en ciné-concerts; des classiques français avec Louis Jouvet; L'ange bleu; Le bossu; Mankiewicz; Max Ophüls; Fritz Lang; John Huston; Julien Duvivier; Jean Rouch; Ex-lady; Danielle Darrieux; un cycle Scénaristes et dialoguistes; ou encore Clouzot.

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Pour la diffusion de films muets à la télévision publique


Quoi qu'en disent certains, la connaissance et la publication des films muets restent faibles, fragmentaires.

C'est particulièrement le cas des films français.

Voici qui est tout de même stupéfiant : on ne peut trouver en DVD qu'une infime minorité des oeuvres les plus marquantes signées par les cinéastes les plus célèbres : Gance, Dulac, L'Herbier, Antoine, Epstein (1) ...

Il faut parfois chercher chez des éditeurs étrangers pour dénicher une oeuvre !

Et ne parlons pas des réalisateurs davantage négligés encore : les Roussel, les Kemm, les Lion, les Hervil, les Poirier ...

N'est-il pas pour le moins étrange que ces cinégraphistes soient littéralement interdits d'antenne dans leur propre pays ?

Pour ne citer que ce seul exemple, combien de films signés Baroncelli la télévision française a-t-elle diffusés depuis qu'elle existe ?

Il ne serait pas scandaleux qu'une chaîne publique projette, ne serait-ce qu'une fois par mois, un film français muet.

Cela n'apparaîtrait tout de même pas disproportionné par rapport au nombre de gens intéressés, certes faible.

France 5 diffusant déjà des documentaires, France 3 le Cinéma de minuit, France 2 (irrégulièrement et très tard) le Ciné-club, France 4 pourrait être tenue de respecter ce minimum que l'on serait en droit d'attendre du service public.


(Notre illustration : Monte-Cristo (1929) de Fescourt : le crime dans l'auberge).




(1) ajouté le 29 mai 2014 : Epstein fait maintenant l'objet d'une édition en dvd.


Grands journalistes ou grands ignares ?

Grands journalistes ou grands ignares ?


Madame La Très Grande Journaliste Anne Sinclair, Directrice Editoriale du Bluffington Post, commence l'un de Ses éditos par : "L'homme qui en savait trop est un mauvais film d'Alfred Hitchcock".

Que Sa Majesté permette à mon humble personne d'apporter quelques précisions. J'espère que Son Altesse La Dominante n'en voudra pas trop au dominé que je suis ...

Il existe deux versions de The man who knew too much, l'une réalisée vers 1934, l'autre réalisée vers 1956.

Sainte Anne l'ignorant, Elle n'a pas précisé à quelle version Elle se réfère.

L'opus de 1934 n'est pas si mauvais.

Certes, celui de 1956 n'est pas le meilleur Hitchcock, loin s'en faut ...

Mais, si j'osais prétendre apprendre quoi que ce soit à Sa Sainteté, je Lui signalerais que cette version de 1956 comporte l'une des scènes les plus formidables qu'ait signées le maître : le fameux concert au cours duquel le meurtre doit être commis (notre extrait).

Qu'importe, après tout ! Que cela n'empêche pas Sa Royauté d'expédier le film comme Elle le fait ...

Je m'excuse d'avoir été si outrecuidant envers Ma Supérieure.

D'autant qu'Elle n'est pas la seule vedette du journalisme à étaler Son ignorance avec une telle insouciance.

Un jour, à la radio, j'entendais Le Pape Jean-François Kahn. Il lâcha quelque chose du genre : "Le film Little Cesar, avec ce gangster joué par James Cagney".

Il aurait dû mieux préparer Son topo, ou mieux choisir Ses nègres. Little Cesar a pour acteur principal ... Edward G. Robinson, et non James Cagney.

J'espère que Son Excellence ne m'en voudra pas d'avoir osé relever Son erreur. Où va-t-on si les serviteurs tels que moi, ceux que Monsieur Kahn appellerait les boniches, se mettent à jouer les professeurs ?





277e filmographie

277e filmographie

Deux partitions pour une grève



Стачка (La grève, 1925) d'Eisenstein, peut être visionné en deux copies, avec deux musiques différentes.

L'une (ci-dessus) a été composée récemment par Pierre Jodlowski pour la cinémathèque de Toulouse. L'autre (ci-dessous) est constituée de morceaux signés Chostakovitch pour une restauration soviétique de 1969.

C'est l'occasion de constater à quel point l'accompagnement sonore d'un film muet en modifie la perception.






Jean Grémillon (1901-1959)




Jean Grémillon voulait être violoniste.

A l'âge de 19 ans, il monte de sa province à Paris, où il fait la Scola Cantorum, célèbre école de musique. Il y rencontre Charles Dullin, l'homme de théâtre, que, plus tard, il utilisera comme acteur.

Sa bifurcation vers le cinéma va s'opérer par le biais du piano : il est engagé comme pianiste accompagnateur au Max Linder, petite salle parisienne.

Finalement, c'est comme réalisateur qu'il se fera connaître.
De 1923 à 1926, il réalise une quinzaine de bandes, documentaires et films techniques.
En 1928, c'est son premier long métrage de fiction, Maldone, avec Dullin dans le rôle principal.

C'est surtout dans les années 30 que Jean Grémillon s'impose comme l'un des réalisateurs français les plus importants. Son nom reste attaché à des films tels que La petite Lise, Gueule d'amour, L'étrange monsieur Victor, Remorques.
Pour autant, il n'a jamais abandonné le court métrage documentaire. C'est d'ailleurs à ce genre qu'appartiennent ses derniers opus.

Il n'a jamais abandonné non plus la musique. A preuve, c'est lui, par exemple, qui a composé la musique de son film Le 6 juin à l'aube; lui, encore, qui a écrit le thème musical du film de René Clair, 14 Juillet.

Parallèlement, Grémillon a occupé des fonctions non strictement créatrices. En 1936, il va à Berlin (dont il reviendra deux ans plus tard) pour s'occuper des "co-productions" avec la firme allemande UFA. 1944 : il est nommé président de la cinémathèque. Enfin, en 1954, avec sa femme, il fonde les Films du Dauphin.

Il s'éteint le 29 novembre 1959.


Cette filmographie a été enrichie le 5 septembre 2013 avec un extrait de Lumière d'été; le 3 décembre 2012 avec un document d'époque sur Le printemps de la liberté; et le 25 octobre 2012 avec un document d'époque sur Lumière d'été.
Elle a été enrichie le 17 juillet 2009 avec le générique, des photogrammes et un extrait de Remorques.
Elle avait également été enrichie le 26 juin 2007 avec le générique de Lumière d'été, tel qu'il apparaît au début du film.





De 1923 à 1926 : les courts métrages

Jean Grémillon


On retiendra notamment :



1923



L'électrification de la ligne Paris-Vierzon




Chartres

documentaire sur la cathédrale de Chartres, restauré en 1988, dans une copie teintée de 12 minutes.






1923-1925




L'éducation professionnelle des conducteurs de tramway




Le revêtement des routes




Photogénie mécanique (documentaire)





1926




La vie des travailleurs italiens en France (documentaire)




La croisière de l'Atalante (documentaire)




Tour au large (documentaire)






1928 : le premier long métrage de fiction

Maldone
1928



Maldone

La société des Films Charles Dullin
Scénario : Alexandre Arnoux
Prises de vues : Georges Périnal
Décors : André Barsacq
Assistant : Georges Lacombe
Régisseur général : Georges Gallois
Régisseur technique : Jean Mamy
Sélection musicale réalisée par Jacques Brillouin et Marcel Delannoy. Thèmes originaux de Jacques Brillouin et Jean Grémillon. Et extraits d'oeuvres de Debussy, Maurice Jaubert, Erik Satie, Darius Milhaud, Arthur Honegger

Film distribué en France par P. J. de Venloo

Avec :

Charles Dullin : l'homme épris de liberté
Annabella : sa femme
Genica Athanassiou


Un homme a soif d'évasion. Il s'ennuie avec sa femme et dans son milieu.
Ce personnage présente des analogies avec, par exemple, le capitaine qu'incarne Gabin dans Remorques. A cette différence que le protagoniste de Maldone, lui, ne pourra pas se résigner à sa petite vie et préférera aller jusqu'au bout de ses aspirations ...







1929




Gardiens de phare

D'après un scénario de Jacques Feyder.

Avec :
Génica Athanassiou


Un homme s'installe avec son fils dans un phare dont ils sont les gardiens. Le second a été mordu par un chien et a la rage. Son état empire et il veut supprimer son père.





Son premier film parlant : La petite Lise

Affiche du film La petite Lise


1930



La petite Lise


Pathé-Natan présente
Alcover dans ...
La petite Lise
Production Natan filmée dans les studios Pathé-Natan
Scénario de Charles Spaak
Réalisé par Jean Grémillon
Opérateurs : Bachelet et Colas
Enregistreur de son : Archimbaud
Décorateur : Guy de Gastyne
Direction musicale : Roland Manuel
Assistant technique : Jacques Brillouin
Enregistré par procédé R.C.A. Photophone

Distribution :

Alcover : Berthier, le père bagnard
Nadia Sibirskaïa : la fille du bagnard, Lise Berthier
Bertheau : André
Mihalesco : l'usurier


Premier film parlant de Grémillon.

Un bagnard, qui avait tué sa femme, est libéré. Il pense pouvoir vivre enfin avec sa fille. Malheureusement, celle-ci et son fiancé ont été amenés à supprimer un usurier ...

L'un des films les plus intéressants de Grémillon.





1931-1935

Affiche du film Dainah la métisse


1931



Dainah la métisse

Gaumont.

Avec Habib Benglia et Charles Vanel.


Sur un paquebot, un couple, dont une métisse. Celle-ci semble habitée par une sorte de nostalgie et l'envie du grand large. Cela la mènera à la mort.
Dainah est encore l'un de ces personnages dont font partie aussi le Gabin de Remorques ou le Dullin de Maldone.


Le film aurait été mutilé et ne correspondrait pas du tout à ce qu'aurait voulu Grémillon.





1932



Pour un sou d'amour


Deux copains, dont l'un, riche et célèbre, voudrait se faire aimer pour lui-même et non pour son argent. Il tombe amoureux d'une jeune fille. Il teste ses sentiments en cachant sa véritable identité.




Le petit babouin (court-métrage)




1933



Gonzague ou l'accordeur (moyen métrage de 35 minutes environ)

Avec Carette.





1934



La dolorosa


Le moins que l'on puisse dire est qu'il ne s'agit pas de la meilleure oeuvre de Grémillon. Il faut supporter, pendant de longues minutes qui paraissent des heures, la même chanson sur des images elles-mêmes peu passionnantes. Une épreuve difficile.




1935



Centinella alerta

Le film n'a pas été achevé par Grémillon. Luis Buñuel fut le directeur de production et a collaboré au scénario.




Valse royale

Avec Renée Saint-Cyr, Mila Parély, Henri Garat.

Extrait à venir.





1936



Pattes de mouche

D'après une pièce de Roger Vitrac.

Avec Renée Saint-Cyr et Mila Parély.







1937 : Gueule d'amour

Affiche du film Gueule d'amour


bGueule d'amour

La société Sirius Films
Scénario et dialogues : Charles Spaak
D'après le roman d'André Beucler
Découpage : Jean Grémillon
Photographie : G. Rittau
Musique : L. Bruhne
Assistants du metteur en scène : Louis Daquin et Roger Blanc

Une production Raoul Ploquin de l'ACE
Enregistrée sur Klangfilm, copie sonore Eclair tirage

Avec :

[Jean Gabin
: Gueule d'amour
Mireille Balin : la femme entretenue dont Gueule d'amour s'entiche
René Lefèvre : l'ami de Gueule d'amour
Jane Marken : la patronne du bistrot

Un spahi (sorte de militaire) rencontre, par hasard, une femme dont il tombe amoureux. Mais elle est entretenue par un riche individu. Pour elle, le spahi ne compte pas. Et elle croit qu'il peut accepter de la partager avec le monsieur riche.

L'un des meilleurs films d'avant-guerre.


Résumé détaillé et extrait à venir.






1937 : L'étrange monsieur Victor



L'étrange monsieur Victor

Assistant : Louis Daquin

Avec :

Raimu : monsieur Victor
Madeleine Renaud : la femme de monsieur Victor
Pierre Blanchar : le cordonnier injustement accusé de meurtre
Andrex : un malfaiteur
Viviane Romance : la femme du cordonnier

Un commerçant respecté mène une double vie : en secret, il est aussi le chef d'une bande de malfaiteurs. Un jour, il tue l'un de ses complices. Et il laisse accuser un innocent à sa place ...

L'une des oeuvres les plus importantes de l'avant-guerre.
Avec un Raimu auquel Grémillon a confié là l'un de ses plus grands rôles.




Remorques

Affiche du film Remorques

1939-1941



Remorques


D'après le roman de Roger Vercel
Adaptation cinématographique : André Cayatte
Scénario et dialogues : Jacques Prévert
Assistant : Louis Daquin
Prise de vues : A. Thirard et L. Née
Montage : Yvonne Martin
Son : de Bretagne
Tourné dans les studios "Paris-Studios-Cinéma" à Billancourt
Musique : Roland Manuel; jouée sous la direction de Roger Désormières
Ce film a été réalisé avec le concours de la Maîtrise Artisanale de l'Industrie Cinématographique
MAIC
Union des Artisans Français

Avec :

Jean Gabin : le capitaine du remorqueur
Madeleine Renaud : la femme du capitaine
Michèle Morgan : la maîtresse du capitaine

Un capitaine de remorqueur, marié, fait la connaissance d'une jeune femme, dont il tombe amoureux.

Dans cette oeuvre, Gabin incarne un personnage dont les ancêtres sont le mari dans Maldone ou Dainah la métisse : il est habité par la soif de l'ailleurs ou de l'autre chose.

Le tournage du film fut interrompu, et repris pendant la guerre, en 1941.


Pour le générique, des photogrammes et un extrait de Remorques, cliquez ICI




1943 : Lumière d'été

Madeleine Robinson et Georges Marchal dans Lumière d'été (photogramme Hédy Sellami)


Lumière d'été


André Paulvé présente
Madeleine Renaud
Pierre Brasseur
Madeleine Robinson
et Paul Bernard dans
Lumière d'été
par Jean Grémillon
Scénario et dialogues de Jacques Prévert et Pierre Laroche
avec Georges Marchal
Léonce Corne
Charles Blavette
Jeanne Marken
Henri Pons
Gérard Lecomte
Marcel Levesque
et Aimos
Photographie de Louis Page
Opérateur : Roger Arrignon
Assistant-Réalisateur : Serge Vallin
Régie : Lucien Lippens
Montage : Louisette Hautecoeur
Son : Jean Monchablon et Paul Duvergé
Directeur technique : Fred Orain
Décors de Max Douy et Barsacq
Musique de Roland-Manuel
Orchestre sous la direction de Roger Désormière
Administrateur de la Production : Louis Wipf
Une Production André Paulvé
Tournée aux Studios de la Victorine à Nice
Enregistrement Western-Electric
Laboratoire Eclair
Distribuée par Discina Paris
Bordeaux-Lille-Lyon
Marseille-Toulouse


Pour ce film, Grémillon aurait, paraît-il, souhaité Michèle Morgan. Celle-ci étant indisponible, le rôle échut à Madeleine Robinson.


Madeleine Renaud est Cricri
Madeleine Robinson est Michèle
Pierre Brasseur est Roland
Paul Bernard est Patrice
Georges Marchal est Julien
Jeanne Marken est Louise Martinet (à noter que, dans d'autres génériques, madame Marken a pour prénom Jane, orthographié donc différemment)
Blavette est Vincent
Marcel Lévesque est monsieur Louis



Pour le résumé et un extrait de Lumière d'été : cliquez
ICI


Pour voir un document d'époque sur Lumière d'été : un Filmagazine de 1942 : cliquez ICI




1944 : Le ciel est à vous

Charles Vanel et Madeleine Renaud dans Le ciel est à vous


Le ciel est à vous


Films Raoul Ploquin

d'après un scénario d'Albert Valentin
adaptation et dialogue : Charles Spaak
images : Louis Page
opérateur : Roger Arrignon
décors : Max Douy, Colasson, Allan, André
ingénieur du son : Jean Putel
assistant du réalisateur : Serge Vallin
montage : Louisette Hautecoeur
photographie : Raymond Voinquel
musique : Roland Manuel
orchestre dirigé par Roger Désormière

Distribué par Consortium du Film
Une production Raoul Ploquin

Avec :

Madeleine Renaud : la femme qui va tenter un exploit aéronautique
Charles Vanel : le mari de l'aviatrice
Jean Debucourt : le professeur de piano

Un couple ordinaire bascule dans une véritable passion pour l'aviation. Ils tentent la grande aventure : le mari prépare un appareil avec lequel l'épouse va essayer de battre un record de traversée.


1946-1948



1946


Le 6 juin à l'aube

Documentaire d'une heure environ, consacré au débarquement en Normandie

La musique est de Jean Grémillon lui-même



1947-48


Le printemps de la liberté (inachevé)

Ce documentaire avait été commandé par le ministère de l'Education Nationale en prévision du centenaire de la Révolution de 1848. Alors que Grémillon travaillait sur ce projet depuis plus d'un an, le ministère décommanda, ayant décidé, finalement, de célébrer la mort de Chateaubriand (l'écrivain était décédé en 1848). Cependant, ce travail n'aurait pas été totalement perdu : une pièce de théâtre en a été tirée, ainsi qu'une pièce radiophonique.



Pour un document d'époque sur Le printemps de la liberté, cliquez ICI





1948 : Pattes blanches

Affiche du film Pattes blanches


Pattes blanches

Avec :
Paul Bernard : Pattes blanches
Suzy Delair : la garce
Michel Bouquet : le garçon qui est fou de la garce
Fernand Ledoux : le mari de la garce


Un homme détesté vit seul dans un château. On le surnomme Pattes blanches. Un jour, un habitant de la ville amène sa jeune femme, une créature qui n'est intéressée que par l'argent. Elle se met en tête de séduire le châtelain.



Les dix dernières années

Affiche du film L'amour d'une femme


1949


Les charmes de l'existence

documentaire de 12 minutes environ, consacré aux salons de peinture de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e. Aurait été réalisé en collaboration avec Pierre Kast



1951


Les désastres de la guerre

documentaire de 20 minutes environ, que Grémillon n'a pas réalisé (le réalisateur est Pierre Kast), mais dont il a signé le scénario et le texte


L'étrange madame X

Filmsonor
Un film Claude Dolbert
D'après le scénario original de Marcel Maurette
Adaptation : Albert Valentin
Dialogues : Pierre Laroche
Musique : Vincent Scotto
Directeur de la photographie : Louis Page
Décors : Raymond Druart, assisté de Henri Schmitt
Assistant réalisateur : Pierre Chevalier
Cameraman : Jean M. Maillols
Montage : Louisette Hautecoeur
Directeur de production : Jean-M. Loutrel
Réalisé à Franstudio, Joinville-St. Maurice, enregistrement RCA, Laboratoires LTC ST-Cloud, truquages LAX
Ingénieur du son : Antoine Archaimbaud
Une production CODO Cinéma, Société générale de gestion cinématographique

Avec :

Michèle Morgan (habillée par Pierre Balmain) : la femme riche
Henri Vidal
Arlette Thomas
Louise Conte
Robert Vattier
Paul Barge
Maurice Escande

Un thème que Grémillon a traité plusieurs fois : la relation impossible entre deux êtres de milieux sociaux différents.

Un film raté. Même l'interprétation laisse à désirer : il suffit de constater de quelle atroce manière Michèle Morgan prononce qu'elle ne mettra plus jamais la robe offerte par son mari.


1952


Alchimie

documentaire de 7 minutes environ, faisant partie d'une Encyclopédie filmée à laquelle ont participé plusieurs réalisateurs


Astrologie ou le miroir de la vie

documentaire de 12 minutes environ faisant partie de l'Encyclopédie filmée précitée



1954


L'amour d'une femme

Scénario : Jean Grémillon
Musique : Henri Dutilleux
Prises de vues : Louis Page

Avec Micheline Presles, Gaby Morlay, Carette

Grémillon apparaîtrait dans le film : ce serait lui qui doublerait le curé disant un sermon

Le film n'aurait pas bénéficié de véritable sortie commerciale. Il ne serait sorti que dans de petites salles



Au coeur de l'Ile-de-France (documentaire)



1955


La maison aux images

documentaire de 20 minutes environ, consacré aux graveurs de Montmartre



1956


Haute lisse

documentaire de 15 minutes environ sur la manufacture des Gobelins



1959


André Masson et les quatre éléments

documentaire de 12 minutes environ sur le peintre André Masson



Hédy Sellami, eclairages.com.fr

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La banque Nemo, un film d'une brûlante actualité



Réalisé vers 1934, l'opus de Marguerite Viel retrace l'ascension sociale d'un arriviste qui ne recule devant aucune manoeuvre pour parvenir au sommet.

Ce n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre, mais il est au moins une scène qu'il faut voir, aujourd'hui en 2013, tant elle paraît d'actualité : le conseil des ministres (notre extrait). A l'époque, cette scène, qui montre ces messieurs sous leur jour véritable, aurait d'ailleurs été censurée, coupée.

Certains prétendront que nous sommes dans la caricature : au contraire, il nous paraît que nous sommes encore au-dessous de la réalité, de notre réalité.

Toute ressemblance avec des personnages et des faits existant aujourd'hui constitue, sans doute, une coïncidence ...

Il n'empêche que l'on croirait entendre parler d'affaires actuelles, récentes, quand, par exemple, le président du Conseil rappelle au ministre des colonies qu'il a concédé des terrains à l'affairiste alors que ses subordonnés le lui avaient déconseillé; ou lorsque la question est posée de savoir comment le banquier véreux peut être en possession de documents qui auraient dû rester entre les mains du même ministre ...

Frappants échos encore avec la situation actuelle quand on rappelle au président du Conseil qu'il a plaidé pour le banquier il y a six mois ...

Aura-t-on la cruauté de remarquer aussi combien est ressemblant ce personnage d'imbécile qui tient à son poste parce qu'il est ministre pour la première fois, et depuis si peu de temps, alors qu'il était député depuis quinze ans ...

Oui, tout cela ressemble horriblement à ce qu'aujourd'hui, nous vivons en pire ...







Alfred sur les traces d'Agatha ?

Alfred sur les traces d'Agatha ?

Eclairages vous présente une nouvelle étude sur Hitchcock. Intéressons-nous plus particulièrement à ses rapports avec une Anglaise célèbre ... "la reine du crime" ... Agatha Christie. Nous allons voir que plusieurs films du cinéaste présentent d'étranges ressemblances avec certains livres de sa compatriote.





Quand Kurosawa fait appel à Ravel







Le récit de la femme violentée dans 羅生門 (Rashomon) est accompagné d'une partition inspirée du célèbre Boléro.

Démonstration en images et en musique avec l'extrait du film et le final de l'opus ravélien.













Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu


Un journaliste qui, dans un "grand" support de presse, prétend analyser l'oeuvre d'Ozu, alors qu'un élément prouve, de façon incontestable, qu'il n'a pas vu le film dont il parle ? Eh oui ! Malheureusement, c'est possible ! Démonstration, avec preuve à l'appui.


Afin que personne ne crie à la citation tronquée et pour que le lecteur puisse juger sur pièce, nous reproduisons intégralement, en annexe, un article daté du 21/7/2005 et inséré dans la rubrique Culture et spectacles du Figaro, sous le titre Ozu, la compassion contre le moralisme.

L'auteur, un certain Bertrand Dicale, écrit avec emphase : "Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis".






Un journaliste au-dessus de tout soupçon


A lire ce paragraphe, les âmes candides ne peuvent douter que notre éminent spécialiste ait vu les oeuvres d'Ozu, singulièrement celles qu'il cite. Le contraire serait totalement incompatible avec son article.

Et puis, tout de même, ce monsieur est titulaire de la carte de presse !
Il a également publié au moins un livre; pas sur le cinéma, certes, mais sur madame Juliette Gréco. Car il serait l'un des meilleurs connaisseurs de la chanson française, si l'on se fie à sa réputation officielle. C'est donc, en principe, un esprit brillant, qui peut s'appliquer à différents domaines. Pensez ! Spécialiste et d'Ozu et de Juliette Gréco et de la chanson variété.
Avec cela, critique exigeant, selon ce que clame le site internet de la SACEM (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique).
Enfin, pour ne rien gâcher, il serait rédacteur en chef adjoint des pages spectacles du Figaro, l'un des plus grands journaux dont puisse s'enorgueillir l'inattaquable grande presse française, dont l'unique souci est de suer sang et eau pour remplir son sacro-saint devoir d'information, en toute indépendance et en toute honnêteté.


Comment un tel homme, investi d'une telle mission, pourrait-il n'être qu'un charlatan, un bonimenteur de foire entortillant le badaud à coups de grandes phrases pompeuses, un tartufe qui, la main sur le coeur, prend allègrement pour des imbéciles les innocents qui ont l'honneur de lui prêter l'oreille ?





Quand un critique parle d'un film qu'il n'a pas vu

L'impossible imposture


Bien sûr qu'il connaît les films d'Ozu, et tous ! La preuve : il accumule les adverbes de temps tels que : toujours, parfois. N'écrit-il pas : "Le cinéaste semble toujours dubitatif" ? Et ne mentionne-t-il pas alors trois oeuvres qui corroborent ce "toujours" ? C'est donc qu'il les a vues, ces trois oeuvres ! Et que les trois confirment le "toujours". La formulation même : "Que l'héroïne ... que le jeune professeur ... que le héros adultère ..., Ozu conserve une distance" etc, cette formulation implique nécessairement que pas un de ces films n'infirme la règle; règle que notre subtil exégète ne peut avoir dégagée qu'après avoir visionné les films eux-mêmes, et particulièrement ces trois-là, puisqu'il les a retenus comme emblématiques.

"Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance" etc : encore une fois, comment pourrait-il conclure cela, comment oserait-il user de ce "toujours", à partir des trois opus qu'il a choisi de citer, s'il ne les connaissait pas ? De telles phrases impliquent nécessairement que monsieur Dicale soit familiarisé avec les oeuvres qu'il évoque. S'il ne l'était pas, non seulement ces phrases n'auraient aucune valeur; mais elles relèveraient de l'imposture pure et simple.





La preuve du délit


Malheureusement pour monsieur Bertrand Dicale, l'héroïne d'Une femme de Tokyo ne se prostitue pas pour payer les études de son fiancé; elle finance les études de son frère. Et aucune des personnes qui ont vu cette bande, ne peut s'y méprendre : car, que les deux personnages soient frère et soeur, est répété maintes fois au cours du film; et toute l'histoire met clairement en scène cette parenté; laquelle, à aucun moment, ne peut être confondue avec une relation fiancée/fiancé. Donc, qui a vu le film, sait obligatoirement que le garçon est le frère; cela ne peut pas échapper au spectateur, qui ne peut pas non plus l'oublier.

Par contre, l'énorme erreur de monsieur Dicale s'élucide si l'on songe qu'elle figure dans les documents promotionnels qui accompagnent la sortie de l'oeuvre. Ainsi, par exemple, à l'entrée du Champo - salle qui programme Ozu - une feuille mise à disposition du public, annonce ceci : "Une jeune femme se prostitue pour payer les études de son fiancé". C'est presque exactement la phrase que l'on peut lire dans l'article de monsieur Dicale, où jeune femme est juste remplacé par héroïne ... Ce que c'est qu'un critique exigeant ...

Pas de veine, tout de même, ce monsieur Dicale. Il a trouvé le moyen d'étayer sa démonstration précisément avec le film qu'il ne fallait pas * ! On serait tenté d'accuser la maladresse, s'il ne fallait plutôt invoquer la malchance : car, pour être maladroit, il eût fallu que monsieur Dicale sût que les prospectus se trompaient dans leur résumé d' Une femme de Tokyo; et, pour le savoir, il eût fallu voir le film.

Au surplus, il n'est même pas certain que l'héroïne se prostitue, comme l'affirment les documents promotionnels et, à leur suite, monsieur Dicale. Certes, la demoiselle travaille dans un bar; certes, à un moment, elle monte dans une voiture avec un client du bar; mais, cela signifie-t-il vraiment qu'elle vende son corps ? On pourrait d'autant plus en douter que, selon les intertitres français, elle reproche à son frère de prendre trop au tragique le métier qu'elle exerce. Pourrait-elle considérer qu'un frère prenne trop au tragique la prostitution de sa soeur ? C'est peu vraisemblable. Le reproche qu'elle adresse à son frère, s'expliquerait mieux si elle n'était que vaguement hôtesse sans aller jusqu'à la prostitution.
Mais, ce sont là questions de détail que seul peut se poser un maniaque comme nous, qui poussons l'obsession jusqu'à aller voir les films avant d'en parler, et jusqu'à tenter de les comprendre. Un grand critique de la grande presse ne descend pas à de telles futilités : quand on a la science infuse, on connaît à fond son cinéaste, avec une certitude infaillible et comme innée qui dispense d'en fréquenter les oeuvres ...


* PS ajouté le 2/9/2008 : inutile de le préciser : rien ne prouve que monsieur Dicale connaisse davantage les autres films d'Ozu dont il parle.

Notre édito a été mis en ligne en 2005 à l'occasion d'un cycle Ozu au cinéma Le Champo, à Paris. Nous ignorons si le grand critique nommé Dicale est toujours au Figaro.







L'article de monsieur Dicale dans Le Figaro


Ozu, la compassion contre le moralisme
Bertrand Dicale
21 juillet 2005

Le Japon ? Il n'y a pas que ça dans les films d'Ozu. Avec ses intérieurs de bambou et de papier huilé, ses repas aux rites discrets mais inflexibles, ses gestes si facilement énigmatiques, on pourrait les regarder comme des documents bruts, comme une plongée objective dans une réalité sociale et culturelle. D'ailleurs, les personnages ne semblent parfois animés que par un surmoi impérieux, par des conventions et des sacrifices qui font s'effacer tout ce que nous appelons, dans notre Europe, le coeur et même l'âme.

Mais il y a autre chose que le Japon, sa morale et ses normes, même dans Il était un père, film des années 40 inédit en France et présenté pour la première fois cet été, autre chose encore dans chacun des 14 longs-métrages classiques de la rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui. Cet autre chose, c'est l'intimité, la familiarité de Yasujiro Ozu avec le drame. Sa génération de Japonais a connu des cataclysmes historiques (sa carrière sera interrompue par plusieurs années à l'armée, jusqu'en 1941, alors que son pays plonge dans une guerre suicidaire), mais ils apparaissent à peine dans ses films.

Ce qui l'intéresse, ce sont les plus intimes, les plus douces, les mieux intentionnées des injustices – celles de la famille, celles de la vertu. Il n'est qu'à observer le regard tendre mais un peu sec de son acteur fétiche, Chishu Ryu, lorsque, dans Il était un père, il refuse avec la plus vive énergie que son fils quitte son poste de professeur dans une petite ville de province pour venir vivre avec lui à Tokyo. Veuf, il est séparé de son fils unique depuis les années de collège de celui-ci, mais peu importe : chacun doit accomplir son devoir, à sa place et dans sa position, malgré l'amour, malgré le manque, malgré l'élan toujours sensible de la liberté. Il est écrit que ce père et ce fils doivent vivre loin de l'autre, avec seulement des souvenirs et des attentions lointaines, et il n'est pas question qu'ils échappent, l'un comme l'autre, à ce devoir-là.

Ce regard de Chishu Ryu dans cette scène d'Il était un père, droit mais sans colère, on le retrouve dans les remontrances finalement indulgentes du vieux père à ses très jeunes enfants dans Bonjour (1959), dans les réflexions du conservateur un peu perdu devant la jeunesse dans Eté précoce (1951)... Une colère éternellement d'un autre temps, mélange d'étonnement et de rigueur, de bienveillance et de moralisme. Les exégètes voient en Chishu Ryu plus qu'un porte-parole d'Ozu dans ses films : il est une manière de porte-âme, un double sans masque. Et c'est lui qui, à l'écran, apparaît à la fois comme un gardien de l'ordre et un coeur doux, comme un pater familias roide dans ses certitudes et un homme toujours un peu perdu devant la vie. Alcoolique infiniment digne dans Le Goût du saké (1962), homme mûr perdu dans les liens emmêlés de sa vie dans Crépuscule à Tokyo (1957), Chishu Ryu ressemble à Yasujiro Ozu, le fils jamais marié qui sera anéanti par la mort de sa mère.

La rétrospective présentée à partir d'aujourd'hui traverse l'oeuvre d'Ozu à travers le prisme des conflits intérieurs, des cas de conscience, des hésitations morales. Et, si les personnages tranchent parfois avec sévérité, ou avec la satisfaction des évidences, ou avec les apparences de la raison, le cinéaste semble toujours dubitatif. Que l'héroïne d'Une femme de Tokyo (1932, muet) se prostitue pour payer les études de son fiancé, que le jeune professeur d'Il était un père (1942) accomplisse avec docilité le désir posthume de son père, que le héros adultère de Printemps précoce (1956) retourne aux voies sages du mariage, Ozu conserve une distance, un doute, une compassion qui détourne de toute intention fabuliste. Il n'y a pas de morale à ses films, mais toujours une connaissance et un amour de l'homme également infinis. Beaucoup plus loin que le Japon, il montre l'humain.




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Répertoire des films noirs américains



Eclairages met en ligne un répertoire des films noirs américains, classés par compagnie cinématographique et par ordre alphabétique.

Pour chaque film, le générique, le résumé, des photogrammes et un ou plusieurs extraits.

Le répertoire sera progressivement enrichi.









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