Hédy Sellami présente
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Extraits à venir sur Eclairages

Extraits à venir sur Eclairages
Parmi les films dont nous mettrons des séquences en ligne prochainement :

Miss Mend, de Barnet et Ozep

Les mondes futurs, sur un scénario de HG Wells

Coeurs en lutte, de Fritz Lang

Le village du péché, d'Iwan Prawow et Olga Preobrashenskaja

Othello, d'Orson Welles

Le chevalier à la rose, de Robert Wiene

The dragon painter, avec Sessue Hayakawa






De Quai des brumes à Une place au soleil

De Quai des brumes à Une place au soleil


Eclairages vous propose une sélection de séances, avec aussi Maurice Tourneur en ciné-concerts; un festival japonais; des films italiens; Jacques Prévert; William Wyler; Dreyer; Elia Kazan; Le livre de la jungle; ou encore Le Roi des rois.

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Pour la diffusion de films muets à la télévision publique


Quoi qu'en disent certains, la connaissance et la publication des films muets restent faibles, fragmentaires.

C'est particulièrement le cas des films français.

Voici qui est tout de même stupéfiant : on ne peut trouver en DVD qu'une infime minorité des oeuvres les plus marquantes signées par les cinéastes les plus célèbres : Gance, Dulac, L'Herbier, Antoine, Epstein (1) ...

Il faut parfois chercher chez des éditeurs étrangers pour dénicher une oeuvre !

Et ne parlons pas des réalisateurs davantage négligés encore : les Roussel, les Kemm, les Lion, les Hervil, les Poirier ...

N'est-il pas pour le moins étrange que ces cinégraphistes soient littéralement interdits d'antenne dans leur propre pays ?

Pour ne citer que ce seul exemple, combien de films signés Baroncelli la télévision française a-t-elle diffusés depuis qu'elle existe ?

Il ne serait pas scandaleux qu'une chaîne publique projette, ne serait-ce qu'une fois par mois, un film français muet.

Cela n'apparaîtrait tout de même pas disproportionné par rapport au nombre de gens intéressés, certes faible.

France 5 diffusant déjà des documentaires, France 3 le Cinéma de minuit, France 2 (irrégulièrement et très tard) le Ciné-club, France 4 pourrait être tenue de respecter ce minimum que l'on serait en droit d'attendre du service public.


(Notre illustration : Monte-Cristo (1929) de Fescourt : le crime dans l'auberge).




(1) ajouté le 29 mai 2014 : Epstein fait maintenant l'objet d'une édition en dvd.


288e filmographie

288e filmographie

Deux partitions pour une grève



Стачка (La grève, 1925) d'Eisenstein, peut être visionné en deux copies, avec deux musiques différentes.

L'une (ci-dessus) a été composée récemment par Pierre Jodlowski pour la cinémathèque de Toulouse. L'autre (ci-dessous) est constituée de morceaux signés Chostakovitch pour une restauration soviétique de 1969.

C'est l'occasion de constater à quel point l'accompagnement sonore d'un film muet en modifie la perception.






De Fred Astaire à Orson Welles



Etude bientôt illustrée par des extraits de films et des photogrammes.


Fred Astaire et Ginger Rogers danseront-ils ensemble ? Se marieront-ils ? Tel est l'enjeu explicite de L'entreprenant monsieur Petrov. Un enjeu apparemment anodin qui pourrait bien en trahir un autre, bien plus grave.



La dame de Shanghaï

Affiche de L'entreprenant monsieur Petrov


L'entreprenant mr Petrov (Shall we dance), de Mark Sandrich, est l'une des nombreuses comédies musicales du couple Fred Astaire/Ginger Rogers. Astaire/Petrov fait la cour à Ginger Rogers. Celle-ci manifeste peu d'enthousiasme. Dès lors, tout le scénario est bâti sur une sorte de suspense (ou faux suspense) : les deux danseurs finiront-ils par s'unir ?











Vers un mariage annoncé

La dame de Shanghaï


A plusieurs reprises, le film nous montre des journaux dont les titres évoquent cette éventuelle union au moyen d'un terme privilégié : "to merge".En anglais, "to merge" signifie : "fusionner; amalgamer; s'amalgamer; se rencontrer; se mêler". Il s'agit de savoir si deux formes de danse vont se mélanger : la danse classique, représentée par Astaire/Petrov, qui, rappelons-le, est maître des Ballets russes; la danse de music-hall, incarnée par l'américaine spécialiste des claquettes que joue Ginger Rogers.
Ce mixage doit se traduire par un mariage. C'est ce que révèle très bien le mot "merge", qui appelle "marriage", "mariage" en anglais.










Du marital au martial

La dame de Shanghaï


Au-delà du couple Astaire/Rogers, cet appel au mariage pourrait bien constituer une offre d'alliance présentée par l'Amérique à la Russie (l'URSS), face à la montée de l'Allemagne nazie.
Ce n'est certes pas un hasard si Fred Astaire campe un danseur russe.
Shall we dance date de 1937, quatre ans après l'arrivée d'Hitler au pouvoir. A cette date, Hollywood a déjà produit plusieurs oeuvres qui, a priori détachées du contexte historique, en sont, en réalité, imprégnées. Par exemple, plusieurs films de pirates, dont l'action se situe dans les siècles passés, parlent, en fait, de la menace hitlérienne et d'une guerre éventuelle entre les USA et l'Allemagne.
Shall we dance, lui, comporte une séquence qui semblerait étrange, voire déplacée, si elle ne s'expliquait par cette signification. Les personnages effectuent une croisière maritime. Ginger Rogers décide de quitter le navire. Elle le fait par avion, assise à l'arrière d'un biplace. Nous l'y voyons installée, en tenue d'aviateur, casquée, puis nous assistons au décollage de l'appareil à partir du paquebot. Comme si ce dernier était un porte-avions ! C'est qu'à ce moment-là, il l'est effectivement : avec cette scène, nous sommes dans le registre guerrier, registre sous-jacent d'une comédie musicale et maritale à enjeu martial.


Du mariage au marya

Affiche de La dame de Shanghaï

Nous avons souligné que le mot "merge", plusieurs fois rappelé expressément par le film, appelle "marriage", mariage. Or, même si la question n'est pas tranchée, certains linguistes estimeraient que "mari", "mariage", pourraient descendre du sanscrit "marya" (1. Qu'est-ce que ce marya ? Selon Georges Dumézil, c'est un personnage mi-érotique mi-guerrier (2. Une définition qui s'appliquerait parfaitement à L'entreprenant mr Petrov, où l'érotique renvoie au guerrier : le mariage entre Astaire/Petrov et Ginger Rogers doit sceller une alliance entre Russie et USA contre Allemagne nazie.







Des claquettes au pistolet



Cet amalgame entre l'enjeu marital et l'enjeu martial trouve un prolongement troublant lié à la dernière scène du film. Astaire/Petrov danse un ballet auquel ne participe d'abord pas Ginger Rogers. Privé de celle-ci et souhaitant exprimer à quel point elle lui manque, Petrov s'est entouré de partenaires qui, toutes, portent un masque reproduisant le visage de Ginger. Pafois, elles le soulèvent un instant; nous avons alors un plan plus prolongé sur l'une de ces demoiselles, dont le visage, le vrai, ressemble à celui de Ginger. Celle-ci rejoint, incognito, le numéro et, masquée aussi, se mêle aux autres filles. Elle appelle Petrov, qui, reconnaissant sa voix, doit deviner quelle est la vraie Ginger. Il la trouve après avoir démasqué plusieurs danseuses. Ces dernières sont installées dans des espèces de boxes. Lesquels ressemblent à des miroirs qui refléteraient, en la multipliant, l'icône Ginger Rogers. D'autant que cette chorégraphie se déploie sur une scène où tout brille, étincelle.
A la fin, Astaire/Petrov et Ginger Rogers dansent ensemble : leur union est consacrée.
A priori, rien de bien guerrier dans tout cela. Pourtant, ce ballet inoffensif aura une descendance bien moins pacifique. Aussi surprenant que cela paraisse, on en trouvera un écho, quelques années plus tard, dans la scène - ô combien fameuse ! -qui clôt ... La dame de Shanghaï, d'Orson Welles. Le parallélisme ne laisse pas d'intriguer :

Petrov est entouré de fausses Ginger - que le film qualifie expressément d'"images" de celle-ci - et il ignore où se dissimule la vraie.
Dans une galerie des glaces, Welles et Rita Hayworth sont cernés par leurs propres reflets, leurs images.
Surgit alors le mari de Rita, armé d'un pistolet et lui-même comme reproduit en de multiples reflets, si bien qu'on ne sait pas où il se trouve réellement.

Ginger parle pour faire comprendre à Astaire qu'elle s'est glissée parmi les girls. Elle le met en quelque sorte au défi de la trouver.
Le mari de Hayworth déclare expressément - et ironiquement - que son épouse aura du mal à l'atteindre puisqu'elle ne pourra faire la différence entre la personne réelle de son époux et les reflets qui le reproduisent. En somme, il la met au défi de l'atteindre.

Petrov retire les masques jusqu'à ce qu'il trouve sa bien-aimée; alors, il la touche physiquement.
C'est précisément dans la scène finale du film de Welles que tombent les masques et que la vérité se fait totalement jour. Au bout du compte, Rita Hayworth et son mari échangent des coups de feu, tirant sur les glaces jusqu'à ce qu'ils se touchent mutuellement, à mort.

Les deux passages se répondent presque point à point : si ce n'est que Petrov et Ginger Rogers se réconcilient, quand Hayworth et son mari s'entretuent (3
Tout se passe comme si Welles avait développé le potentiel guerrier recelé par Shall we dance.





De la Seconde Guerre mondiale à la guerre d'Espagne



D'autres éléments montrent qu'il existe entre Shall we dance et La dame de Shanghaï des liens inattendus, liens qui rattachent encore le film de Sandrich au motif de la guerre via l'oeuvre de Welles.

On remarque tout d'abord que l'action des deux oeuvres se passe en grande partie sur un navire. Puisque, si les personnages de L'entreprenant mr Petrov effectuent une croisière en paquebot, ceux de Welles en font une en yacht.

Nous avons souligné que Rogers quitte le bateau par avion. Et qu'elle apparaît alors en tenue d'aviateur. Ajoutons qu'elle est casquée. Or, à un moment, Rita Hayworth arbore, quant à elle, une tenue de marin : c'est la fameuse image où on la voit avec la veste noire et ... une casquette blanche, casquette qui fait écho au casque de Rogers.
Qui plus est, dans ces deux passages, les personnages sont disposés de façon similaire : dans le biplace, Rogers est assise à l'arrière, c'est-à-dire derrière le pilote, derrière celui qui conduit l'appareil et qui lui tourne le dos. A l'inverse, Rita Hayworth saisit le gouvernail et, pendant quelques secondes, fait comme si elle conduisait le bateau, tournant le dos à Welles, qui se tient juste derrière elle.


Dans la scène finale de La dame de Shanghaï, alors que Rita et son mari déchargent leurs pistolets, ils atteignent les glaces, lesquelles se brisent en morceaux qui tombent. Il est passionnant de noter comment ce motif a pu naître en partie d'un numéro de danse dans Petrov : car, dans ce film aussi, il y a des glaces. Plus exactement, de la glace : lorsque Rogers et Astaire font du patin à glace, précisément, et entament une chorégraphie. Cette chorégraphie se conclut par une chute : les deux danseurs, emportés par leur élan, atterrisent dans un fourré. Peut-être est-ce l'inconscient de Welles qui a fonctionné. Toujours est-il qu'au motif des danseurs sur glace tombant par terre, correspond le schéma des glaces qui, dans la dernière scène du film de Welles, tombent en morceaux (4.

En définitive, i[La dame de Shanghaï] nous invite expressément à opérer un rapprochement avec la guerre. Il ne s'agit pas - explicitement du moins - de la seconde guerre mondiale et de l'Allemagne nazie. Mais nous n'en sommes pas loin : le personnage incarné par Welles nous apprend, dès le début du film, qu'il a tué un homme. Plus tard, il précisera que ce fut un franquiste, dans le cadre de la guerre d'Espagne, opérant ainsi un rapprochement entre meurtre privé et meurtre collectif (guerrier).


Un dernier point : dans L'entreprenant monsieur Petrov, Ginger Rogers se nomme Keene ... ce qui ne peut pas ne pas faire penser à Kane (5. Je ne crois pas que cela soit pur hasard. Lorsque l'occasion se présentera, nous reviendrons sur ce point.




Hédy Sellami, eclairages.com.fr

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La banque Nemo, un film d'une brûlante actualité



Réalisé vers 1934, l'opus de Marguerite Viel retrace l'ascension sociale d'un arriviste qui ne recule devant aucune manoeuvre pour parvenir au sommet.

Ce n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre, mais il est au moins une scène qu'il faut voir, aujourd'hui en 2013, tant elle paraît d'actualité : le conseil des ministres (notre extrait). A l'époque, cette scène, qui montre ces messieurs sous leur jour véritable, aurait d'ailleurs été censurée, coupée.

Certains prétendront que nous sommes dans la caricature : au contraire, il nous paraît que nous sommes encore au-dessous de la réalité, de notre réalité.

Toute ressemblance avec des personnages et des faits existant aujourd'hui constitue, sans doute, une coïncidence ...

Il n'empêche que l'on croirait entendre parler d'affaires actuelles, récentes, quand, par exemple, le président du Conseil rappelle au ministre des colonies qu'il a concédé des terrains à l'affairiste alors que ses subordonnés le lui avaient déconseillé; ou lorsque la question est posée de savoir comment le banquier véreux peut être en possession de documents qui auraient dû rester entre les mains du même ministre ...

Frappants échos encore avec la situation actuelle quand on rappelle au président du Conseil qu'il a plaidé pour le banquier il y a six mois ...

Aura-t-on la cruauté de remarquer aussi combien est ressemblant ce personnage d'imbécile qui tient à son poste parce qu'il est ministre pour la première fois, et depuis si peu de temps, alors qu'il était député depuis quinze ans ...

Oui, tout cela ressemble horriblement à ce qu'aujourd'hui, nous vivons en pire ...







Alfred sur les traces d'Agatha ?

Alfred sur les traces d'Agatha ?

Eclairages vous présente une nouvelle étude sur Hitchcock. Intéressons-nous plus particulièrement à ses rapports avec une Anglaise célèbre ... "la reine du crime" ... Agatha Christie. Nous allons voir que plusieurs films du cinéaste présentent d'étranges ressemblances avec certains livres de sa compatriote.





Quand Kurosawa fait appel à Ravel







Le récit de la femme violentée dans 羅生門 (Rashomon) est accompagné d'une partition inspirée du célèbre Boléro.

Démonstration en images et en musique avec l'extrait du film et le final de l'opus ravélien.













21 de nos 330 extraits de films

Répertoire des films noirs américains



Eclairages met en ligne un répertoire des films noirs américains, classés par compagnie cinématographique et par ordre alphabétique.

Pour chaque film, le générique, le résumé, des photogrammes et un ou plusieurs extraits.

Le répertoire sera progressivement enrichi.









Paramount


RKO


Twentieth Century Fox


Universal