Hédy Sellami présente
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Extraits à venir sur Eclairages

Extraits à venir sur Eclairages
Parmi les films dont nous mettrons des séquences en ligne prochainement :

Miss Mend, de Barnet et Ozep

Les mondes futurs, sur un scénario de HG Wells

Coeurs en lutte, de Fritz Lang

Le village du péché, d'Iwan Prawow et Olga Preobrashenskaja

Othello, d'Orson Welles

Le chevalier à la rose, de Robert Wiene

The dragon painter, avec Sessue Hayakawa






De Pandora aux Dames du bois de Boulogne

De Pandora aux Dames du bois de Boulogne


Eclairages vous propose une sélection de séances, avec aussi le maghreb; En dirigeable sur les champs de bataille; et Nosferatu en ciné-concerts; Samuel Fuller; le mythe d'Orphée; un mini-cycle japonais; Le monde perdu; Géant; Claude Autant-Lara; des opus français des années 1930; Fassbinder; Maigret et l'affaire Saint-Fiacre; Robert Bresson; un festival chinois; ou encore Une certaine rencontre.

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Pour la diffusion de films muets à la télévision publique


Quoi qu'en disent certains, la connaissance et la publication des films muets restent faibles, fragmentaires.

C'est particulièrement le cas des films français.

Voici qui est tout de même stupéfiant : on ne peut trouver en DVD qu'une infime minorité des oeuvres les plus marquantes signées par les cinéastes les plus célèbres : Gance, Dulac, L'Herbier, Antoine, Epstein (1) ...

Il faut parfois chercher chez des éditeurs étrangers pour dénicher une oeuvre !

Et ne parlons pas des réalisateurs davantage négligés encore : les Roussel, les Kemm, les Lion, les Hervil, les Poirier ...

N'est-il pas pour le moins étrange que ces cinégraphistes soient littéralement interdits d'antenne dans leur propre pays ?

Pour ne citer que ce seul exemple, combien de films signés Baroncelli la télévision française a-t-elle diffusés depuis qu'elle existe ?

Il ne serait pas scandaleux qu'une chaîne publique projette, ne serait-ce qu'une fois par mois, un film français muet.

Cela n'apparaîtrait tout de même pas disproportionné par rapport au nombre de gens intéressés, certes faible.

France 5 diffusant déjà des documentaires, France 3 le Cinéma de minuit, France 2 (irrégulièrement et très tard) le Ciné-club, France 4 pourrait être tenue de respecter ce minimum que l'on serait en droit d'attendre du service public.


(Notre illustration : Monte-Cristo (1929) de Fescourt : le crime dans l'auberge).




(1) ajouté le 29 mai 2014 : Epstein fait maintenant l'objet d'une édition en dvd.


290e filmographie

290e filmographie

Deux partitions pour une grève



Стачка (La grève, 1925) d'Eisenstein, peut être visionné en deux copies, avec deux musiques différentes.

L'une (ci-dessus) a été composée récemment par Pierre Jodlowski pour la cinémathèque de Toulouse. L'autre (ci-dessous) est constituée de morceaux signés Chostakovitch pour une restauration soviétique de 1969.

C'est l'occasion de constater à quel point l'accompagnement sonore d'un film muet en modifie la perception.






Huguette Duflos : "Certaines musiques sembleraient conçues dans un esprit cinématique"




Le samedi 14 novembre 2009, le Théâtre musical du Châtelet, à Paris, projetait, en ciné-concert, Le Chevalier à la rose, de Robert Wiene.

Le film, muet, était accompagné en direct par l'Orchestre National d'Ile-de-France, qui interpréta la fameuse musique de Richard Strauss.

A cette occasion, Eclairages publia un entretien avec la comédienne Huguette Duflos, qui tient l'un des rôles principaux.




Où vous proposa-t-on de tourner Le Chevalier à la rose ?



A Vienne, la ville impériale où se consacrèrent pendant plus d'un siècle tous les génies de la musique, Vienne que j'avais longtemps entrevue comme un Paradis, dans le tourbillon de ses valses, la douceur de ses lieder ... J'acceptai avec enthousiasme. Et puis, je devais tourner avec Robert Wiene. Cela seul eût suffi, sans doute, à me tenter.







Que représentait-il pour vous ?



Je n'oublierai jamais l'impression que me fit son Cabinet du docteur Caligari, lorsque je le vis à Paris, peu après la guerre (1). Je venais de le comprendre, cette technique entièrement nouvelle, cette étonnante virtuosité dans le décor, cet éclairage enfin adapté à l'atmosphère, et, surtout, ce jeu purement cinématique des interprètes, de Werner Krauss et de Conrad Veidt qui se révélaient là d'admirables artistes, avaient tout d'un coup bouleversé le cinéma (2).
Le nom du metteur en scène avait cependant frappé peu de gens à l'époque. Pour ma part, et après un tel spectacle, je ne l'avais pas oublié. Puis on m'avait parlé de lui. Je savais qu'après sa dernière production, les Mains d'Orlac où se précisaient des qualités aussi éminemment visuelles (3), il préparait un grand film. Que pouvais-je souhaiter de mieux que d'y tourner sous sa direction ?






Huguette Duflos : "Certaines musiques sembleraient conçues dans un esprit cinématique"

Quel homme était-il ?



L'homme de son oeuvre. Je ne l'aurais pas imaginé autrement. Petit, chauve, les yeux d'un bleu très doux derrière les lunettes, les traits modelés, le teint vif. Notre première rencontre fut charmante. Il me brossa, en quelques mots, le tableau d'ensemble qu'il comptait tirer du Chevalier à la Rose, Der Rosenkavalier.
Il me demanda si j'aimais la musique, me vanta la grâce de celle qu'avait inspirée le poème d'Hugo von Hoffmenstal à Richard Strauss.
Les prises de vues durèrent six semaines. C'est dire que nous n'eûmes guère le temps de rire ... Robert Wiene était d'ailleurs intransigeant sur les horaires. Sous son exquise politesse se cachait un très strict souci d'autorité. Qui eût pu lui en tenir rigueur ?







Vous aviez déjà tourné en pays germanique, pour Koenigsmark. Vous me disiez avoir des souvenirs là-bas ...



Un très grand nombre de figurants avaient été engagés par Léonce Perret (4). Ils étaient tous de choix. A cette époque régnait en Bavière une affreuse misère. Il fallait vivre. C'est alors que nous vîmes venir la plupart des figurants de l'Opéra de Munich. Ils cédaient à la nécessité, cela se voyait bien à leurs tristes visages. Nous comprenions bien que, pour eux, un film entier ne valait pas la plus petite note des Maîtres Chanteurs ou de Tristan.
Nous y gagnâmes cependant d'inoubliables heures d'art. Je me souviens que, les jours de pluie, quand notre metteur en scène, la rage au coeur, nous accordait un congé forcé, ils se réunissaient dans l'immense hall de notre hôtel et qu'ils nous chantaient, intarissablement, du Wagner, leur maître, leur dieu ... Je dirai même que c'est grâce à eux que je connais parfaitement aujourd'hui l'admirable Tétralogie. Comment ne pas évoquer sans émotion ces choeurs, de deux ou trois cents exécutants, où s'élevaient, au gré de la partition, des voix d'une rare pureté, surtout le soir, quand l'ombre commençait de se répandre et que, par crainte de troubler une pareille harmonie, on évitait d'allumer les lampes ? Je leur dois, pour ma part, d'incomparables sensations esthétiques. C'était bien l'Allemagne que j'avais tant voulu connaître, où subsiste toujours une part de moyen-âge, de légende dorée ...




Je crois que vous avez vécu un moment rare à Munich ...



C'est à Munich que j'ai vu - je devrais dire, plutôt, entendu - Bruno Walter conduire la neuvième symphonie de Beethoven (5). Quand ce fut fini, que les dernières notes se furent envolées des instruments et des poitrines, je sentis soudain comme un grand vide devant moi. Mes yeux étaient pleins de larmes. C'était un monde nouveau qui venait de m'être révélé. Je crois que je n'avais jamais ressenti une émotion pareille. Je n'étais d'ailleurs pas la seule. Autour de moi, des gens ne cachaient pas qu'ils avaient pleuré ...









Selon vous, quels sont les rapports entre musique et cinéma ?



Je vais quelquefois au cinéma. Je veux parler de mes incursions officieuses dans les salles du boulevard. Je m'assieds, de préférence, entre un vieux monsieur et une jeune midinette. Ainsi puis-je connaître des impressions diverses.
Le vieux monsieur n'est jamais d'accord avec la jeune midinette. Il sourit quand elle pleure. Il grogne quand elle voudrait applaudir. Ils n'aiment, d'ailleurs, pas les mêmes parties du programme. Je ne les vois vraiment unis que sous le signe de la musique. Alors, ils s'attendrissent ou s'exaltent au même endroit. Leur âme se fond à la vibration d'une note, au prolongement d'un accord.

Il est, en effet, remarquable que, selon la valeur de son adaptation orchestrale, un film ébranle plus ou moins les nerfs et situe en de diverses atmosphères l'attention du spectateur. Le rythme conjugué de l'image et du son arrive à produire, s'il est d'un rigoureux synchronisme, des effets que ne pourraient atteindre, de leur propre mouvement, le cinéma et la musique. C'est dire qu'un film commande aujourd'hui sa partition, au même titre qu'un drame de la densité de l'Arlésienne exigeait la collaboration d'un Bizet.

Le public y est des plus sensibles, comme j'ai pu souvent le constater. Il ne se contenterait plus maintenant d'une valse de Strauss ou d'un refrain de Mayol, comme avant la guerre (6). Il est, avec le temps, devenu plus difficile. Un programme musical contient couramment des oeuvres de Chopin, de Grieg, de Wagner, de Debussy, de Ravel, qui n'appartenaient jusqu'ici qu'aux grands concerts ou aux récitals. Certaines d'entre elles sembleraient même avoir été conçues dans un esprit cinématique, comme cette Pavane pour une Infante défunte, qui souligne si douloureusement une scène de détresse morale, d'abandon ... (7)







(1) Le cabinet du docteur Caligari (1919), oeuvre emblématique de l'expressionnisme cinématographique : un jeune homme raconte une étrange histoire : celle d'un hypnotiste tenant en son pouvoir une sorte de somnambule auquel il faisait commettre des crimes ...

(2) Dans Le cabinet du docteur Caligari, Werner Krauss incarne l'hypnotiste Caligari. Le somnambule Cesare est interprété par Conrad Veidt.

(3) Les mains d'Orlac (1924) : le pianiste Orlac est victime d'un accident. Il perd ses mains. On lui greffe celles d'un individu qui ne serait rien d'autre qu'un assassin ... Dès lors, Orlac ressent d'étranges pulsions de meurtre, semblant venir des mains maudites ... Orlac est campé par Conrad Veidt.

(4) Léonce Perret, réalisateur de Koenigsmark (1923).

(5) Bruno Walter (1876/1962), chef d'orchestre allemand. La montée du nazisme l'obligera à quitter les pays germaniques pour les Etats-Unis. Il y dirigera notamment le Philharmonic de New-York.

(6) Ici, il ne s'agit pas de Richard Strauss, mais des Strauss qui ont composé maintes valses.

(7) Pavane pour une Infante défunte, musique toute simple, l'une des plus belles de celles qu'a composées Ravel.




Heures d'actrice, par Huguette Duflos, 1929. Collection Hédy Sellami


Entretien fictif rédigé à partir de passages d'un livre qu'a signé Huguette Duflos, Heures d'actrice (1929. Collection Hédy Sellami. Photo ci-dessus). Nous avons reproduit des extraits de cet ouvrage, avec les seules coupures nécessaires pour les présenter sous forme d'échange et la correction de telle coquille. Nous avons également ajouté les notes explicatives. Rappelons que la comédienne, née en 1887, a quitté ce monde en 1982.




Pour un bref aperçu sur la carrière de l'actrice, cliquez ICI







Hédy Sellami, eclairages.eu

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La banque Nemo, un film d'une brûlante actualité



Réalisé vers 1934, l'opus de Marguerite Viel retrace l'ascension sociale d'un arriviste qui ne recule devant aucune manoeuvre pour parvenir au sommet.

Ce n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre, mais il est au moins une scène qu'il faut voir, aujourd'hui en 2013, tant elle paraît d'actualité : le conseil des ministres (notre extrait). A l'époque, cette scène, qui montre ces messieurs sous leur jour véritable, aurait d'ailleurs été censurée, coupée.

Certains prétendront que nous sommes dans la caricature : au contraire, il nous paraît que nous sommes encore au-dessous de la réalité, de notre réalité.

Toute ressemblance avec des personnages et des faits existant aujourd'hui constitue, sans doute, une coïncidence ...

Il n'empêche que l'on croirait entendre parler d'affaires actuelles, récentes, quand, par exemple, le président du Conseil rappelle au ministre des colonies qu'il a concédé des terrains à l'affairiste alors que ses subordonnés le lui avaient déconseillé; ou lorsque la question est posée de savoir comment le banquier véreux peut être en possession de documents qui auraient dû rester entre les mains du même ministre ...

Frappants échos encore avec la situation actuelle quand on rappelle au président du Conseil qu'il a plaidé pour le banquier il y a six mois ...

Aura-t-on la cruauté de remarquer aussi combien est ressemblant ce personnage d'imbécile qui tient à son poste parce qu'il est ministre pour la première fois, et depuis si peu de temps, alors qu'il était député depuis quinze ans ...

Oui, tout cela ressemble horriblement à ce qu'aujourd'hui, nous vivons en pire ...







Alfred sur les traces d'Agatha ?

Alfred sur les traces d'Agatha ?

Eclairages vous présente une nouvelle étude sur Hitchcock. Intéressons-nous plus particulièrement à ses rapports avec une Anglaise célèbre ... "la reine du crime" ... Agatha Christie. Nous allons voir que plusieurs films du cinéaste présentent d'étranges ressemblances avec certains livres de sa compatriote.





Quand Kurosawa fait appel à Ravel







Le récit de la femme violentée dans 羅生門 (Rashomon) est accompagné d'une partition inspirée du célèbre Boléro.

Démonstration en images et en musique avec l'extrait du film et le final de l'opus ravélien.













25 de nos 339 extraits de films

Répertoire des films noirs américains



Eclairages met en ligne un répertoire des films noirs américains, classés par compagnie cinématographique et par ordre alphabétique.

Pour chaque film, le générique, le résumé, des photogrammes et un ou plusieurs extraits.

Le répertoire sera progressivement enrichi.









Paramount


RKO


Twentieth Century Fox


Universal